21 avril

À l’approche de la présidentielle 2012, la date du 21 avril, sonne toujours comme un certain aveu de faiblesse, surtout dans la classe politique française. En effet, coïncidence ou pas, certains évènements majeurs de la vie politique ont eut lieu un 21 avril.

Tout débute avec le 21 avril de l’an 753 avant JC, une date mémorable dans l’Histoire de l’Occident. En effet c’est ce jour là que, selon la légende, la ville de Rome fut fondée. Elle fut reprise et embellie par les écrivains Tite-Live et Virgile.

Enée, héros troyen fils d’Anchise et de Vénus se réfugia sur les bords du Tibre après la chute de sa ville. Son fils fonda la ville d’Albe la Longue, capitale du Latium. Numitor, descendant d’Ascagne et roi d’Albe, eut une fille qui devint vestale et dut faire serment de chasteté. Elle n’en donna pas moins le jour à des jumeaux : Rémus et Romulus, qu’elle dit avoir été conçus par le dieu de la guerre Mars en personne ! Un oracle ayant prédit au frère et rival de Numitor, que les jumeaux ne lui amèneraient que des malheurs, celui-ci ordonna de les tuer. L’homme chargé du meurtre se contenta de les abandonner en un lieu désert. Ils furent recueillis par une louve et survécurent grâce à ses bons soins avant d’être enfin adoptés par l’intendant des troupeaux du roi.

Devenus adultes, les deux frères chassèrent Amulius qui avait renversé Numitor. Puis, ils décidèrent de fonder une ville à l’endroit où ils avaient été sauvés par la louve, à 25 kilomètres au nord-ouest d’Albe. Pour savoir lequel règnerait sur la ville, ils demandèrent un signe aux dieux: Rémus, du haut de l’Aventin, vit six vautours, mais Romulus, du haut du Palatin, en vit, lui, douze ! Romulus traça aussitôt à la charrue le périmètre de la future cité, réputé sacré et inviolable. Mais il ne put empêcher son frère de sauter par-dessus le sillon par bravade. Romulus, alors, tua son frère jumeau… Ainsi, c’est sous le signe des dieux et de la violence que naquit la Ville éternelle, empruntant son nom à son fondateur.

L’histoire se poursuit avec le 21 avril 1944, en France cette fois-ci, avec une avancée considérable en matière politique. La notion de suffrage universel direct prend tout son sens avec le droit de vote accordée aux femmes ! Chaque homme est donc désormais égaux face à la loi et les femmes commencent leur long chemin vers l’émancipation. Mai 1968, les féministes et le droit d’avorter (pour ne citer qu’eux) apporteront aux femmes une place et un avenir dans la société française plus important que celui qu’elles avaient auparavant.

Autre tournant de la vie politique française : le 21 avril 1997. Pour mieux le comprendre il faut revenir deux ans auparavant : le 07 mai 1995. La France met fin aux quatorze ans de règne de François Mitterrand et du Parti Socialiste en élisant Jacques Chirac à la Présidence de la République française. Alain Juppé est nommé Premier ministre et des réformes sociales sont mises en place par le Gouvernement. Mais la crise se fait très vite sentir, l’hiver 1995 sera rude, les tensions montent entre syndicat, patronat et Gouvernement. « Le meilleur d’entre nous tous » se retrouve vite prit dans une spirale infernal où malgré une majorité à l’Assemblée Nationale et au Sénat, rien ne se concrétise.

C’est alors que sort de l’ombre, un homme et une fonction qui en principe sont voués à le rester. Dominique Galouzeau de Villepin, Secrétaire général de l’Elysée, prend un nouvel envol en ce mois d’avril 1997. Certains en gardent encore un mauvais souvenir, mais c’est dit on sur son avis, que le Président Chirac aurait pris sa décision du 21 avril.

Par une intervention télévisé en direct du Palais de l’Elysée, le chef de l’Etat annonce sa décision : « J’ai décidé de dissoudre l’Assemblé Nationale ». Contre toute attente, cela entrainera la chute de la majorité présidentielle, et emmènera les Socialistes au pouvoir à nouveau, avec Lionel Jospin comme Premier ministre (1997-2002).

La continuité sera là : un 21 avril peut en cacher un autre. Après cette première cohabitation Droite / Gauche, la plus longue de la Ve République, un nouvel événement va surgir avec la huitième élection présidentielle au suffrage universel direct. Le quinquennat remplaçant le septennat, les français étaient appelés aux urnes. Mais coup de tonnerre : tous les candidats de Gauche ne passent pas le Premier tour de l’élection présidentielle. Le Président Chirac se retrouve au second tour face au candidat du Front National : Jean Marie Le Pen. Nous sommes le 21 avril 2002.

Bien que toujours appuyé par la majorité parlementaire de la gauche plurielle, le gouvernement Jospin démissionna le lendemain en raison du coup de tonnerre provoqué par la présence au deuxième tour du Front national, étant remplacé par le gouvernement Jean-Pierre Raffarin, nommé par Jacques Chirac, président sortant réélu.

Si je ne m’abuse, et après que l’on ait déjà tirer la sonnette d’alarme une première fois lors de la présidentielle de 2007, je crains que l’on doit la tirer à nouveau. Rien n’est joué, certes. Mais l’homme du 21 avril 1997, Dominique de Villepin n’a pas dit son dernier mot comme on a pu le voir récemment avec son « Projet pour la France ».

Mais il n’est pas le seul responsable. D’ailleurs cela se ressent encore aujourd’hui au sein du Parti Socialiste. La leçon du 21 avril 2002 a été retenu mais l’unité totale du Parti derrière un candidat unique peine à se trouver. Ce qui d’ailleurs commence aussi a titiller l’UMP, où des députés ont pris la plume dans la Presse, pour demander un primaire au sein du Parti présidentiel.

Je l’ai toujours dit et je le répète : 2012 ne se prépare pas en trois coups de crayon sur un bureau dans un ministère. Il faut rester vigilant, toujours !

À vous d’écrire la suite : Réagissez !

@romainbgb – 21 avril 2011

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