M. Benjamin Huin-Morales

Une énergie haut-rhinoise.

 

Chers Lecteurs, 

À la suite des élections sénatoriales que nous avons connues, continuons ensemble la découverte d’un nouvel élu sur le blogue. Vous savez ma volonté de découverte et de liberté de parole envers la jeunesse qui est la mienne. Laissez-moi vous emmener à la découverte des premiers pas d’un des benjamins nouvellement élu au sein de la Haute Assemblée.

 

Je vous laisse découvrir le portrait de M. Benjamin Huin-Morales, sénateur du Haut-Rhin.

M. Benjamin Huin-Morales, sénateur du Haut-Rhin – © droits réservés

 

La réalisation de ce portrait a été réalisé dans un café parisien le 12 octobre 2026. 

  

Bonne Lecture ! 

@romainbgb – 28/10/26 

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Biographie Express de M. Benjamin Huin-Morales :

 

*1992 : naissance à Colmar (Haut-Rhin). 

*2010 : Titulaire du Baccalauréat série Économique et Social Mention Bien au Lycée Saint-André de Colmar (Haut-Rhin). 

*2010-2012 : Hypokhâgne-Khâgne AL au Lycée Fustel de Coulanges à Strasbourg. 

*2012-2017 : Master de Philosophie à l’ENS Lyon. 

*2012-2017 : Master d’affaires publiques à SciencesPo Paris. 

*sept.2016-juin 2017 : échange à l’University of California de Berkeley (Etats-Unis) 

*janv.2019-oct.2020 : ENA – Promotion Hannah Arendt. 

*janv.2019-mai2019 : stagiaire ENA à l’Ambassade de France en Russie. 

*mai.2019-oct.2019 : stagiaire ENA à la Préfecture de Mayotte. 

*oct.2019-déc.2019 : stagiaire ENA à la LFP. 

*mars.2020-juin 2020 : renfort ENA Covid-19 à la Préfecture du Haut-Rhin. 

*oct.2020-avril 2023 : Juge administratif au Tribunal Administratif de Paris. 

*avril 2023-mai2026 :  Inspecteur des finances à l’Inspection Générale des Finances. 

*juin.2020-août 2021 : adjoint au Maire de Zimmerbach (Haut-Rhin). 

*depuis août 2021 : Maire de Zimmerbach (Haut-Rhin). 

*depuis mars 2026 : vice-président chargé du Tourisme de Colmar Agglomération. 

*sept. 2026 : élu sénateur du Haut-Rhin. 

-vice-président de la Commission des Lois et de la délégation des collectivités. 

-porte-parole du Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants. 

 

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À quoi rêvait le petit Benjamin lorsqu’il était enfant ? 

« Le petit Benjamin rêvait d’être joueur de football professionnel au Racing Club de Strasbourg, mon club de cœur, ou au FC Barcelone, qui est mon autre club de cœur. Je suis Alsacien mais j’ai aussi des origines Catalanes. Puis également en Équipe de France, bien évidemment. Mon rêve c’était de marqué le but vainqueur en phase finale d’une Coupe du Monde. Mais aussi le but vainqueur pour le Racing Club de Strasbourg gagne un titre. De même pour le Barça. C’était le rêve du passionné de foot. 

« Pour le rêve du passionné de littérature, c’était de publier un bon roman qui remporte le Prix Goncourt, ou d’être publié en Pléiade. [Rires] 

« Mais le rêve du Benjamin aujourd’hui est loin de cela, parce que je me rends compte que pour être joueur de football professionnelle c’est un peu tard, et je ne pense pas être un si bon écrivain. » 

 

Comment est née votre rencontre avec la politique ? 

« Je ne serais pas vous dire … 

« Il y a des faits d’actualités qui m’ont marqué. Le 11 septembre 2001, j’avais 9 ans. Comme beaucoup de ma génération, je me souviens où, comment, ce que cela a provoqué en moi ! 

« Les émeutes dans les Banlieues en 2005 m’ont beaucoup marqué parce que j’étais en sport-études football dans un lycée classé ZEP et je jouais au RC Colmar, qui est le grand club de chez moi. J’avais autour de moi des jeunes qui étaient issues des Villages, des quartiers. 

« Tout en étant scandalisé par la violence de certains casseurs au milieu de cela, j’ai toujours déploré le manque de place fait à l’égalité des chances dont je suis un grand défendeur. Je pense que le but de la politique est de permettre à chaque enfant de France, d’où qu’il vient, de partir de la même ligne de départ. Ensuite, ce sont les vertus et les talents de chacun qui permettent de se distinguer. Tout en déplorant les violences très graves qui ont été commises dans ces émeutes, comme dans les émeutes de 2023, je comprends aussi certaines revendications. 

« C’est comme aujourd’hui le mouvement dans les lycées. Il y a des aspirations parfaitement légitimes des jeunes. Celle d’avoir une voix écoutée, d’avoir des Bâtiments en bon état, d’avoir des professeurs bien payés devant eux et remplacés lorsqu’ils ne sont pas là, d’avoir des perspectives sur leurs avenirs, pour prendre leurs principales revendications. Tout en déplorant les violences qu’il peut y avoir, commises par certains, d’ailleurs. 

« Mon rapport à la politique, c’est en réalité une passion dont je ne saurais pas expliquer d’où elle vient. Le Président de ma jeunesse, c’est Jacques Chirac, dont j’admire d’ailleurs le dialogue avec les cultures qu’il a su instaurer, notamment avec le musée du Quai Branly. Mais aussi son refus du racisme et de l’antisémitisme. 

« Il y a plusieurs faits successifs. Il y a le 11 septembre 2001, où j’ai senti que l’on était attaqué, que notre modèle de vie était attaqué. Ce qui me fait sortir de l’insouciance de l’enfance. Il y a les émeutes dans les Banlieues de 2005. Il y a les fermetures dans les usines de papeteries, à Turckheim, à côté de chez moi. Je voyais les pères de certains amis être licenciés. 

« En 2002, tout ce que je rejette prend place dans le contour de l’élection présidentielle. À 11 ans, je ne le sais pas. Ce n’est pas le sujet. En réalité, pour moi, Jean-Marie Le Pen c’était un peu la figure du méchant en politique, sans que je mette des mots là-dessus. Aujourd’hui, Marine Le Pen, Jordan Bardella, Éric Zemmour, Sarah Knafo, ce sont les figures des adversaires politiques et d’idées radicalement différentes des miennes. Ce sont les figures d’idées dangereuses pour la France, qui appauvriraient le pays et diviseraient les Français. Je pense la même chose, même si cela est différent, de la France Insoumise. 

« Puis, il y a une passion, que je ne saurai expliquer, pour la France, pour les affaires publiques, pour m’engager pour mon pays, pour ma Région, l’Alsace, et pour mon Village de Zimmerbach. J’ai toujours eu cela en moi. Je ne me suis pas engagé politiquement avant d’être élu. Je n’étais pas membre d’un parti. Je ne participais pas à des manifestations. Je n’étais pas membre d’une association étudiante. 

« J’ai toujours eu en moi ces trois passions que sont le football, la littérature et la politique. Ce qui a toujours jalonné les différentes étapes de ma vie. J’ai la chance aujourd’hui de pouvoir faire les 3. 

« Familialement, mon père était Adjoint au maire à Zimmerbach. Il est passionné par la politique. On en parle. Mais tout ceci n’était pas présent lorsque l’on était petit. Il n’était pas membre d’un parti. Il aimait bien en parler et nous raconter les histoires de sa jeunesse autour des Présidents Giscard d’Estaing, Mitterrand, Chirac et de Georges Marchais. 

« Ce n’était pas un sujet lors des discussions à table. On en parlait assez peu. J’en parlais en tête-à-tête avec mon père. Ce ne sont pas mes parents qui ont fait que je m’y intéresse. En revanche, mes parents ont toujours tout fait pour soutenir mes 2 autres passions que sont les livres et le football. » 

 

Que retenez-vous de vos années d’études au lycée Saint-André et au lycée Fustel de Coulanges ? 

« Mes études au lycée, je les ai bien vécues. J’étais un jeune garçon provincial, fan de football, qui aimait être avec ses copains au Village. D’ailleurs, j’ai toujours les mêmes amis depuis que j’ai 5 ou 6 ans. Ils n’ont pas changé. Ce sont des amis du Village et du football. Il y en a d’autres qui sont arrivé avec les études mais eux sont toujours là. 

« C’est la découverte des fêtes, des copines, des soirées. Ce sont des années où les études étaient assez peu présentes. J’ai vraiment commencé à m’intéresser aux études qu’à partir du Supérieur, qu’à partir de la prépa. En Terminale, j’étais bon élève mais je n’avais pas des notes aussi excellentes que mes camarades de la prépa, de l’ENS, qui eux avaient tous mention Très Bien avec 18 ou 19 de moyenne générale. J’ai eu mention Bien avec 14 de moyenne au contrôle continu. 

« Je travaillais très peu, ce qui faisait enrager ma mère. Je regardais la Coupe du Monde 2010 au lieu de réviser mon Bac. Ce qui est un très mauvais souvenir en plus, avec le fameux Bus. Je me souviens très bien que cela occupait bien plus mon esprit. Je savais que j’allais avoir mon Bac. 

« Mes 2 années, lorsque j’étais en prépa à Fustel de Coulanges, c’était les 2 plus belles années de mon parcours scolaire. 

« C’était la découverte puisque c’était la première fois que l’enfant du Village vivait seul dans une Ville, à savoir Strasbourg. C’était la découverte de l’autonomie. C’était la découverte des gens puisque cela me sortait de mon double milieu initial : le milieu villageois et le milieu du football. Cela me faisait découvrir un milieu urbain, citadin, avec des gens littéraires issues des grandes familles Strasbourgeoises. 

« Ensuite, de découverte intellectuelle. J’ai lu énormément. J’ai découvert des auteurs, des artistes. Je passais mon temps à la librairie, à la bibliothèque, dans les musées etc… J’en retiens plein de découvertes humaines, intellectuelles et personnelles. Tout ceci peut paraitre ridicule mais lorsque vous êtes un enfant qui a grandi toute sa vie avec ses parents dans un petit Village… » 

 

Que retenez-vous de vos études à l’ENS Lyon ? 

« Cela était magnifique. C’était une liberté totale. La liberté de prendre les cours que vous voulez. La liberté de lire ce que vous voulez. Vous avez une liberté financière aussi puisqu’en tant que normalien vous avez la chance d’avoir un petit salaire. Ce sont 3 années de liberté, de rencontres humaines formidables, de découverte intellectuelle. J’ai pu aussi commencer à voyager un peu plus loin avec l’argent que je touchais. Du fait que les étés précédents, je devais travailler. Lorsque j’étais en prépa, j’ai fait caissier, ouvrier agricole, brancardier. Là, c’était fini. Comme je gagnais ma vie, je pouvais faire ce que je voulais. 

« Cela coïncidait avec un autre moment important dans ma vie. Celui où j’ai créé le Club de Football de Zimmerbach avec mes amis d’enfance du Village. J’avais rassemblé mes cours à l’ENS, le lundi, mardi, mercredi, afin d’être le jeudi, vendredi, samedi, dimanche en Alsace. J’avais déjà cette dualité-là dans ma vie. Cette « double vie » si je puis dire. Ma vie étudiante à l’ENS et une vie au Village, avec le Club de Football. J’ai toujours eu cette vie étudiante – professionnelle à Paris et ma vie Zimmerbachoise, Alsacienne au Village. Là, en tant que sénateur également, j’ai cette vie-là. » 

 

Comment avez-vous vécu votre Master d’affaires publiques à SciencesPo Paris ? 

« C’est peut-être le seul endroit où je n’ai pas pu profiter pleinement. J’étais beaucoup en Alsace. Je n’étais pas trop intéressé par la vie du Master. J’y allais vraiment pour préparer l’ENA. Je regrette de ne pas m’être davantage investi dans la vie de SciencesPo, dans la vie parisienne de l’époque. Comme je rentrais en Alsace, je n’ai pas beaucoup profité de Lyon et de Paris, en tant qu’étudiant. La même chose pour Strasbourg, en tant qu’étudiant, puisqu’en prépa vous travaillez d’arrache-pied. C’est peut-être un de mes seuls regrets.  

« Les années SciencesPo, ce sont peut-être celles où j’ai fait le moins de découverte parce qu’elles étaient totalement orientées vers le Concours de l’ENA. » 

 

Comment s’est passé votre passage à l’ENA ? 

« J’ai toujours été passionné par l’Histoire russe, par la politique russe, par la littérature russe, par la société et la culture russe. Le bonheur de faire mon stage ENA au sein de l’Ambassade de France en Russie. Tout cela auprès d’une Ambassadrice exceptionnelle, Sylvie Bermann, dont c’était la dernière année avant la retraite. Elle est, à mes yeux, l’une des plus grandes diplomates de ces 40 dernières années. Tout ceci, l’année de l’élection de Volodymyr Zelensky. C’est tout de même assez exceptionnel de vivre cela. 

« Ensuite, j’étais à Mayotte, à la Préfecture. Un territoire dont je suis tombé amoureux avec sa culture, ses paysages. Je reste très attaché à Mayotte. Je suis très triste des difficultés d’ordre sécuritaires, migratoires, environnementales, de l’eau, des déchets, des transports, de l’école que connait l’Île. Mais c’est un territoire qui a un potentiel exceptionnel. Le fait d’être positionné au cœur du Canal du Mozambique, dans l’Océan Indien, au carrefour de l’Afrique et du Sous-Continent Indien. La jeunesse y ait à la fois un défi mais aussi une chance. 

« Puis, le passionné de football a eu un stage génial auprès de la Ligue de football professionnel auprès de Nathalie Boy de la Tour. 

« J’ai eu la chance de vivre une scolarité à l’ENA très chanceuse et assez exceptionnelle. J’ai eu la chance d’avoir une Ambassadrice, deux préfets à Mayotte et une présidente à la LFP, qui m’ont accordé et donné toutes leurs confiances et une responsabilité sur des dossiers très importants. J’ai eu énormément de chance. 

« Je prends l’exemple à Mayotte, où pendant l’été, j’ai pu faire l’intérim du sous-préfet à la lutte contre l’immigration clandestine. Pouvoir vivre des expériences comme celle-là, à 26 ans, c’est tout de même assez exceptionnel. 

« On rentre à Strasbourg. Confinement dans le cadre de la Covid-19.  

« Je me mets à disposition du préfet du Haut-Rhin, Laurent Touvet. Vous le savez que le Haut-Rhin est aussi le Département de France le plus touché par la Covid-19. C’est aussi une expérience vraiment très dure, assez dramatique, à bien des égards. À Colmar et à Mulhouse, l’on n’entendait plus que le bruit des hélicoptères et des sirènes. C’était assez marquant. 

« Il y avait des problèmes de stocks de housses mortuaires, de blouses pour les soignants. À un moment donné, on a failli avoir une pénurie de cercueils. Il n’y avait plus de place à la morgue de Mulhouse. On a vu des choses très dures. Et encore, je le dis avec beaucoup de modestie. Ceux qui ont dû vraiment gérer la crise ce sont les infirmières, aides-soignants, les médecins, les personnels dans les EPAD etc… 

« Mon père, qui est notamment directeur d’un EPAD, souffrait de voir ses résidents esseulés par le drame des familles qui ne pouvaient pas venir rendre visite. Le fait de voir les enterrements limités à 4 personnes. C’était très dur. » 

 

Comment avez-vous vécu votre expérience de juge administratif ? 

« J’ai beaucoup aimé ce métier puisqu’à la sortie de l’ENA, c’est l’un des seuls métiers que ma grand-mère comprenait. Vous voyez ce que je veux dire ?! [Rires] 

« Être juge, c’est l’une des fonctions les plus essentiels dans une République. J’étais très fier d’être juge. Le fait de pouvoir trancher des cas concrets, des problèmes de fonctionnaires en désaccords avec leurs employeurs, des problèmes de titres de séjours des étrangers, des problèmes entre des personnes et l’administration fiscale face aux montants dus à l’impôt qu’ils doivent. J’étais très content de pouvoir faire cela. Le juge doit trancher. 

« J’étais très content aussi d’apprendre beaucoup de chose en terme juridique avec du droit fiscal, droit des étrangers et de l’asile, droit de la fonction publique, droit économique, droit de l’urbanisme etc…  

« J’ai beaucoup aimé ces deux années passées en tant que juge administratif. En même temps, je suis devenu maire de Zimmerbach. On va sans doute en reparler après. » 

 

Comment avez-vous perçu votre rôle d’Inspecteur des finances ? 

« C’est un métier formidable parce que vous conseillez le Gouvernement, en toute indépendance, avec une indépendance de plume. Ceci, tout en travaillant sur les sujets dont le Gouvernement vous demande de travailler. 

« Vous avez à la fois cette préparation de la décision politique mais de façon indépendante. Comme l’Inspection Générale des Finances travaille sur tout un tas de sujets environnementaux, agricoles, transports, budgétaires, internationaux… 

« Vous voyez toutes les politiques publiques. Vous pouvez vraiment acquérir des compétences sur toutes les politiques publiques, avec des méthodes de travail qui vous servent toute votre vie. Ma grande chance en tant que juge et en tant qu’Inspecteur des finances cela a été d’acquérir des méthodes de travail. Ceci y compris en tant qu’élève de l’ENA. J’ai pu y acquérir cela. C’est devenu très précieux. En l’occurrence, la rigueur juridique au Tribunal Administratif, la rigueur des chiffres à l’Inspection Générale des Finances. Une méthode d’objectivation qui m’est très précieuse. Une réelle rigueur et une honnêteté intellectuelle dans le travail, qui sont un peu la marque de fabrique du juge et de l’Inspecteur des finances. » 

 

Comment avez-vous vécu votre rôle d’Adjoint au Maire de Zimmerbach ? 

« J’ai été premier-Adjoint au Maire mais en fait, dès le début, le maire, Jacques Muller, m’a tout délégué. Six mois après, il annonçait qu’il avait une tumeur au cerveau. Ce qui fait que je n’ai pas vraiment ressentit ce que c’était que d’être Adjoint. 

« Très vite, je suis devenu maire par intérim. Je ne serai même pas vous dire, en fait, ce que cela fait que d’être Adjoint au Maire. »

 

M. Benjamin Huin-Morales – © droits réservés

 

Vous en êtes devenu Maire en 2021. Comment se passe votre expérience de premier édile de Zimmerbach ? 

« Je dois dire, qu’à ce stade, qu’être maire, c’est la plus belle expérience de ma vie professionnelle et élective. Ceci pour plusieurs raisons. 

« La première c’est que lorsque vous aimez passionnément votre Village, vous êtes très heureux de le servir au plus haut niveau. 

« La deuxième, c’est que lorsque vous êtes comme moi, que vous adorez le contact humain, les échanges avec les gens… Cela est formidable ! Parce que vous êtes en contact permanent avec les gens. 

« La troisième, c’est que vous prenez des décisions concrètes qui changent votre Village. Le fait de faire une route, faire le périscolaire, faire une crèche, faire une aire de jeux, faire des cours gratuits de gymnastique pour les séniors etc…  

« La quatrième, c’est que maire, c’est le seul mandat local où vous avez toutes les compétences. C’est-à-dire que dans une journée vous pouvez faire de l’agriculture, du Cimetière, de la jeunesse, de la question des personnes âgées, de l’école, du sport, de la culture, des naissances, des mariages, des décès, de l’urbanisme, des travaux, les impôts, la forêt, tout ! Ce qui est tout de même géniale ! 

« Lorsque vous avez une vision pour votre Commune, maire, cela vous permet d’activer tous les leviers pour le faire. C’est pour ces 4 raisons-là que j’ai adoré et que j’adore être maire. Il me reste encore quelques semaines à pouvoir profiter du mandat. 

« J’ai de la fierté à me promener dans le Village et de voir des choses qui ont changé, qui ne sont plus les mêmes, avant 2020 et aujourd’hui. Comme cette route qui a été refaite et réouverte à la circulation, une maison d’assistante maternelle que l’on est en train de créer, une aire de jeux que l’on a refaite. 

« Doubler la capacité d’accueil du périscolaire à la cantine, ce n’est pas neutre. Cela veut dire qu’il y a plus d’égalité entre les Femmes et les Hommes. Il y a plus d’activité économique, rendu possible par le fait que l’on offre un mode de garde. Lorsqu’il a fait très chaud, ou lorsqu’il pleut, je suis très heureux de voir les enfants sous le préau que l’on a fait. 

« Vous voyez, dimanche soir quand j’ai quitté Zimmerbach pour aller prendre mon train pour être à Paris, cela m’a rendu profondément heureux de voir des jeunes jouer sur l’aire de jeux que je viens de faire, en fait. C’est formidable. »

 

M. Benjamin Huin-Morales – © droits réservés

 

Comment se passe votre expérience de vice-président en charge du Tourisme à Colmar Agglomération ? 

« Le tourisme est l’un des éléments principaux, voir fondamentaux, dans le Territoire de Colmar. C’est vraiment passionnant de travailler avec chacun des acteurs : les vignerons, les guides touristiques, les agences de voyages, les entreprises, les commerçants, les artisans, les influenceurs… Tous ceux qui font le tourisme au quotidien. Le fait de travailler avec eux afin que derrière l’on puisse élaborer une stratégie tourisme qui, à mes yeux, à Colmar et dans son Territoire, doit reposer sur 4 piliers. 

« Le 1er, c’est de développer LES tourismes. Il ne faut pas que le Territoire Colmarien se résume à la magie de Noël. Il faut que l’on développe le tourisme d’affaire, l’œnotourisme, le tourisme gastronomique, le tourisme naturel, le tourisme sportif, le tourisme culturel, le tourisme patrimonial, le tourisme de mémoire. 

« Le 2ème, c’est de mieux répartir les touristes sur le Territoire. Il ne faut pas qu’ils ne soient qu’à Colmar, ou dans quelques Villages très emblématiques. Le but étant de les faire rester plus de temps au sein de Colmar, ou au sein d’un Village, afin qu’ils puissent davantage consommer. 

« Le 3ème, c’est de préserver l’authenticité de ce que l’on propose aux touristes, de l’offre touristique. Ceci y compris les petits magasins de souvenirs afin que ce ne soit pas des chinoiseries. 

« Enfin, si l’on arrive à 1/ développer LES tourismes, 2/ mieux les répartir et 3/ garder l’authenticité, 4/ cela voudra dire que l’on réconciliera le Territoire avec le tourisme. 

« Puisqu’aujourd’hui il y a une sorte de mécontentement des commerçants, hors hôtellerie / restauration, envers le surtourisme. Je ne pense pas qu’il y ait de surtourisme. Il faut juste réorienter le tourisme de telle sorte à ce que tout le Territoire en bénéficie. »

 

M. Benjamin Huin-Morales au sein de l »exécutif de Colmar Agglomération – © droits réservés

 

Vous êtes élu sénateur du Haut-Rhin en septembre dernier. Comment avez-vous vécu ce moment ? 

« C’est beaucoup de fierté de représenter son Département, sa terre. Je suis né dans le Haut-Rhin. J’ai grandi dans le Haut-Rhin. Je m’y suis engagé publiquement. Le fait de représenter sa terre au Sénat, au Parlement de la République, j’en suis très fier. Cela amène par conséquent des responsabilités. 

« Cette journée a été très stressante. Puis arrive le moment des résultats où vous avez une délivrance, une joie. Tous mes proches, familiaux et politiques, étaient là. On a pu célébrer cela ensemble. 

« Ce qui m’a fait plaisir aussi c’est de rassembler mes amis d’enfance, mes proches humains, qui sont loin de la politique, et mes proches politiques. 

« Que ce soient les conseillers municipaux de Zimmerbach, les colistiers, Brigitte Klinkert, qui a été ministre, des adjoints au maire de Mulhouse et d’autres Communes, des maires qui me sont proches. Mais aussi des chefs d’entreprises colmariens qui m’aident. C’était chouette ! » 

 

M. Benjamin Huin-Morales, sénateur du Haut-Rhin, lors de la séance inaugurale du Sénat – © droits réservés

 

Quel regard portez-vous sur votre mandat de sénateur du Haut-Rhin ? 

« La première chose, c’est de défendre les Communes haut-rhinoises, les Communes de la Collectivité européenne d’Alsace et les Intercommunalités du Haut-Rhin. Le Sénat est la Chambre qui représente les Territoires et les Collectivités. Cela est fondamental ! Quoi de mieux qu’un maire, co-président de l’Association des maires ruraux, et par ailleurs, vice-président de la 2ème Agglomération du Haut-Rhin, pour comprendre toutes les Collectivités. Je comprends à la fois les grandes Agglomérations urbaines et les petits Villages ruraux. 

« Le deuxième rôle, c’est de défendre les grands dossiers haut-rhinois et le Haut-Rhin. J’y vois : 1/ Une offre de santé et d’éducation de proximité et d’excellence. 

« 2/ Notre excellence agricole et viticole d’une part et industrielle, artisanale et commerciale d’autre part. C’est fondamental ! 

« 3/ Il ne faut jamais oublier qu’un député, comme un sénateur, ils sont des élus de la Nation. On doit voter des Lois qui sont bonnes pour la France, qui projettent la France dans le XXIème siècle.  

« Il est important de voter des lois qui permettent de faire en sorte que l’on vive mieux en France demain qu’aujourd’hui. C’est-à-dire des Lois qui soient bonnes pour notre jeunesse et notre éducation, bonnes pour notre santé, bonnes pour notre protection et notre sécurité, bonnes pour l’environnement, bonnes pour l’innovation et la recherche, bonnes pour la protection de la France dans l’Europe et enfin bonnes pour le pouvoir d’achat des Français. Tout ceci, sans dégrader les comptes publics. Il faut absolument redresser les comptes publics sinon l’on va droit dans le mur. Cela me parait essentiel. » 

 

En mai prochain la France aura un nouveau Chef d’État. Comment vivez-vous cette campagne électorale présidentielle qui fera date ? 

« Vous savez, n’est-ce pas, quel est mon rôle lors de la campagne présidentielle ? 

« J’ai la chance et l’honneur d’avoir la confiance de Gabriel Attal. Je l’en remercie d’ailleurs. Gabriel Attal m’a fait l’honneur de me proposer de coordonner, aux côtés notamment de Grégory Guillaume, son programme. 

« Je soutiens Gabriel Attal, que j’ai rencontré quand il s’est déplacé sur le terrain en Alsace, car il est celui qui rassemble le plus de qualités d’homme d’Etat : la vision pour la France et l’Europe, la proximité avec les Français, la capacité à proposer un programme radical, solide et optimiste. »  

« Présentement, je déplore que la campagne présidentielle se concentre plus sur la tambouille politique et pas assez sur les propositions. Je déplore que dans cette campagne on ne parle pas assez des propositions de fond, notamment via des débats entre les candidats. Cela me frustre parce que Gabriel Attal, et d’autres candidats, font des propositions fortes et les médias, la Presse, les personnes sur les réseaux sociaux, ne relaient que les petites polémiques, les commentaires, la tambouille politique… Je pense que la situation est trop grave pour que l’on ne parle pas du fond. 

« La seule question qui devrait nous animer toute et tous c’est : « quelles sont les voies, quelles sont les mesures qui permettraient à la France de redevenir la 1ère puissance d’Europe dans 10 ans ? Quelles sont les mesures qui permettront à nos enfants et nos petits-enfants de vivre mieux que nous ? » C’est cela le but de la politique. C’est cela autour de quoi tout le débat public devrait être orienter et s’orienter. » 

 

Quel rapport avez-vous avec les réseaux sociaux ? 

« Celui de quelqu’un qui sait que communiquer aujourd’hui, c’est aussi par les réseaux sociaux.  

« Sur les réseaux sociaux, je regarde très peu ce que les autres publient. Ou, ce qui est publié, ne me passionne pas beaucoup. 

« En revanche, je publie comme un maire, un sénateur, qui rend compte de ses actions auprès de ses citoyens en utilisant les réseaux sociaux. De même que j’utilise des courriers papiers pour informer les habitants. Je privilégie surtout le contact humain. C’est pour cela que tous les week-ends je suis à côté des habitants, des maires, des adjoints, des conseiller/ères municipaux du Haut-Rhin. 

« Ma première communication c’est avant tout le contact humain, l’échange les yeux dans les yeux et la poignée de main. Évidemment qu’il faut aussi toucher nos concitoyens à travers les réseaux sociaux. 

« Je vois les réseaux sociaux comme un moyen de communiquer et de diffuser notre action. Cela permet d’expliquer et de valoriser ce que l’on fait, de débattre. Je pense que j’en ai un rapport assez sain. Mes amis me reprochent souvent de ne pas voir leurs publications. Je poste et je pars. » 

 

*** 

Merci à Mme MAMPRIN pour son aide précieuse dans l’élaboration du portrait. 

Merci à M. HUIN-MORALES pour sa participation à cet entretien-portrait. 

 

Publié par RomainBGB

Franco-sicilien né en Helvetie. Co-auteur de l'ouvrage "Dans l'ombre des Présidents" paru en mars 2016 aux éditions Fayard.

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