L’engagement, version InDIXpensable.
Chers Lecteurs,
Je vous propose un nouvel entretien en allant à la rencontre d’un élu de terrain au cœur d’un arrondissement parisien.
EDHEC Business School. C’est sur les bancs de cette école que notre interviewé étudie et obtient son diplôme en fréquentant le Master en Entrepreneuriat.
Stratégie et management. Dans la continuité de ses études, notre personnalité débute sa carrière professionnelle dans des cabinets de conseil qui l’amènent notamment chez Accenture.
Municipales 2020. Fort de son engagement politique local, notre interviewé se lance dans l’arène électorale en devenant tête-de-liste de la liste Changer Paris dans l’arrondissement dans lequel il habite, le 10e arrondissement.
Conseiller municipal. L’expérience de la campagne électorale offre à notre interviewé une nouvelle expérience. Un poste de conseiller municipal d’opposition commence en lui donnant la possibilité de s’ancrer pour les 6 prochaines années.
Horizons. Dans la continuité de son engagement politique et personnel, notre personnalité continue son expérience en s’engageant au sein du parti d’Édouard Philippe. Ce qui lui permet d’évoluer et d’être nommé délégué municipal pour le 10e arrondissement de Paris.
L’InDixpensable. Nouvelle corde à son arc professionnel avec la création de ce journal local du 10e arrondissement. Notre personnalité nous permet ainsi de découvrir et mettre en valeur l’arrondissement qui lui tient à cœur.
Tous InDIXpensables. Une nouvelle étape dans son engagement politique avec la création d’un mouvement local, citoyen et indépendant, visant à renouveler la manière de faire de la politique dans le 10ᵉ arrondissement, en partant du terrain et en associant véritablement les habitants. Une démarche qui trouvera un écho lors des municipales de 2026 avec l’obtention d’un nouveau mandat, une véritable percée face aux appareils politiques parisiens et la confirmation qu’une autre façon de faire de la politique locale à Paris est possible.
Je vous laisse découvrir le portrait de M. Bertil Fort, conseiller municipal du 10e arrondissement de Paris.

La réalisation de ce portrait a été réalisé dans un café parisien le 9 avril 2026.
Bonne lecture !
@romainbgb – 13/05/26
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Biographie express de M. Bertil Fort :
*1990 : Naissance à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne).
*2008 : Titulaire du Baccalauréat scientifique, mention Très Bien.
*2016 : Diplômé de l’EDHEC Business School.
*2016 – 2023 : Consultant en stratégie et transformation, notamment chez Accenture.
*2020 : Tête de liste dans le 10ᵉ arrondissement aux élections municipales et élu conseiller d’arrondissement
*2020 – 2026 : Élu conseiller municipal du 10ᵉ arrondissement.
*2022 – 2025 : Délégué Horizons Paris 10, création, structuration et animation du comité local dans le 10e arrondissement de Paris
*2023 : Lancement du journal local trimestriel L’inDIXpensable (diffusé à 55 000 exemplaires chacun dans tout l’arrondissement)
*2023 : Cofondateur de BenevUp, réseau social dédié aux associations et aux bénévoles
*2025 : Création du mouvement local Tous inDIXpensables dans le 10ᵉ arrondissement de Paris.
*2026 : Tête de liste indépendante sous l’étiquette Tous inDIXpensables (divers centre) aux élections municipales dans le 10ᵉ arrondissement de Paris.
*Mars 2026 : Réélu conseiller municipal du 10ᵉ arrondissement.
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À quoi rêvait le petit Bertil lorsqu’il était enfant ?
« Comme beaucoup d’enfants, j’ai rêvé de mille choses : être sportif de haut niveau, astronaute ou encore pompier.
« Au Collège, les choses deviennent un peu plus concrètes. J’étais plutôt bon élève, travailleur, avec un intérêt marqué pour les matières scientifiques. J’ai donc commencé à me projeter dans la médecine, avec cette envie d’être utile et d’aider les autres.
« Puis, au Lycée, mes centres d’intérêt ont évolué. Je me suis passionné pour l’Histoire, la Géopolitique et la Finance, ce qui m’a progressivement ouvert à d’autres perspectives. J’ai poursuivi avec des classes préparatoires à Paris, puis une grande école de commerce, où j’ai développé un goût pour la création, l’innovation et le digital.
« C’est ce cheminement qui m’a finalement orienté vers l’entrepreneuriat.
Comment est née votre rencontre avec la politique ?
« Elle s’est faite progressivement.
« Le premier choc, pour moi, c’est le 11 septembre 2001. Je rentre de l’École, j’allume la télé avec mon frère, et je vois les tours s’effondrer. Je ne comprends pas tout, mais je sens que quelque chose de grave est en train de se passer. On en parle en famille le soir, à l’école le lendemain… c’est ma première vraie prise de conscience du monde.
Ensuite, comme beaucoup, l’élection présidentielle de 2002 m’a marqué. Petit à petit, je commence à m’intéresser davantage à l’actualité, à essayer de la comprendre.
« Au Lycée, je me mets à suivre les débats politiques à la télévision, les campagnes, les confrontations d’idées. En 2007, il y a un déclic avec la campagne présidentielle. Au-delà des idées, c’est surtout le style de Nicolas Sarkozy qui me frappe : une façon de faire de la politique très directe, très terrain, avec une parole plus libre, plus accessible. Une fois élu, il constitue un gouvernement d’ouverture, avec des personnalités venues d’horizons différents. À l’époque, je trouve ça avant-gardiste et innovant par rapport aux pratiques politiques traditionnelles. C’était une manière de bousculer les codes, de dépasser les clivages, et c’est quelque chose qui m’a marqué.
« À partir de là, l’intérêt ne fait que grandir…jusqu’à avoir envie, en 2019, de m’engager moi-même dans l’arrondissement où j’habite. »

Que retenez-vous de vos années d’étudiant à l’EDHEC Business School ?
« C’est une période marquante, parce qu’on passe d’un cadre très théorique en classes préparatoires à quelque chose de beaucoup plus concret. En école, on nous pousse vraiment à appliquer ce qu’on apprend : à travers des projets associatifs, des stages et de nombreuses opportunités qu’il faut savoir saisir.
« J’ai essayé d’en profiter au maximum. Dès la première année, j’ai participé à un programme d’échange en Argentine, à Buenos Aires. C’était une vraie ouverture : découvrir un autre pays, une autre culture, et aussi s’engager sur place avec une fondation qui distribuait des livres à des enfants de quartiers défavorisés. C’est le genre d’expérience qui remet les choses en perspective.
« À Lille, je me suis aussi engagé dans une association étudiante qui organisait un concours de Management entre étudiants d’Écoles et d’Universités. Cela m’a permis de travailler avec des amis sur un projet important, nécessitant organisation, recherche de partenaires, financement, etc.
« Et puis il y a eu l’association EDHEC Nations Unies, avec laquelle j’ai participé à des simulations diplomatiques internationales, notamment à Cambridge et à New York. Nous représentions un pays, nous négociions, nous construisions des positions communes… c’est très formateur en termes de prise de parole, de négociation et de compréhension des équilibres.
« En parallèle, pendant mon année de césure, j’ai fait des choix assez contrastés. J’ai commencé par un stage en salle de marché, intéressant, mais je me souviens avoir été surpris par le côté très répétitif et finalement assez peu opérationnel. J’ai donc voulu vivre quelque chose de totalement différent pour mon second semestre.
« Je suis alors parti travailler dans un entrepôt frigorifique en région parisienne. Là, j’étais véritablement sur le terrain : en chambre froide à -18 degrés, à préparer des commandes, charger des palettes dans les camions, travailler sur des cadences soutenues avec les équipes. En parallèle, j’intervenais aussi sur le pilotage du site et l’amélioration des process logistiques.
« Avec le recul, ces années m’ont appris à m’adapter, à tester, à sortir de ma zone de confort et à passer à l’action. Elles m’ont préparé très concrètement à la suite : le conseil, puis surtout l’entrepreneuriat et la politique. »
Quelle expérience retenez-vous de votre passage en cabinet de conseil en stratégie et management ?
« Le Conseil a été une vraie école en début de carrière. J’ai travaillé dans deux cabinets, dont Accenture, sur des missions de stratégie et de transformation, principalement dans le secteur bancaire.
« Ce que j’en retiens surtout, c’est le rythme et l’exigence. On enchaîne les missions, on change régulièrement d’environnement, on découvre des entreprises très différentes, avec leurs cultures, leurs contraintes, leurs enjeux. Ça oblige à s’adapter vite et à être efficace.
« On apprend aussi des méthodes très concrètes : structurer une réflexion, analyser rapidement une situation, piloter un projet, accompagner des décisions parfois importantes.
« C’est une expérience très formatrice, qui m’a donné des bases solides — et qui me sert encore aujourd’hui, y compris dans mon engagement public.
« Au bout de quelques années, j’ai eu envie de passer à une autre étape. En 2023, j’ai fait le choix de me lancer en indépendant. L’objectif était de mieux organiser mon temps pour pouvoir m’engager davantage en politique, tout en continuant à exercer des missions de conseil et en développant mes projets entrepreneuriaux. »
Comment êtes-vous devenu tête de liste et comment avez-vous vécu la campagne municipale de 2020 ?
« En 2019, je travaillais entre Paris et Londres, et j’ai été frappé par le contraste entre certains quartiers parisiens – notamment autour de la Gare du Nord – et des zones comme St Pancras, à Londres, qui avaient été profondément transformées. Cela m’a donné envie de comprendre et d’agir concrètement à l’échelle de mon arrondissement et de ma ville.
« J’ai alors lancé “Team Paris”, une plateforme pour identifier des idées qui fonctionnent dans d’autres grandes villes et réfléchir à la manière de les adapter à Paris. C’est dans ce cadre que j’ai rencontré Rachida Dati qui m’a désigné tête-de-liste dans le 10e arrondissement. Son projet, alors centré sur des priorités concrètes du quotidien, me semblait pertinent.
« J’avais un profil plutôt centriste, issu de la société civile et sans véritable structure politique locale derrière moi. J’ai donc été directement plongé dans le bain, en étant d’ailleurs l’une des plus jeunes têtes de liste à Paris. Dans un arrondissement comme le 10ᵉ, historiquement ancré à gauche, le défi était réel.
« La campagne a été très intense et très formatrice. Dès le départ, j’ai voulu faire les choses à ma manière : beaucoup de terrain, de proximité, d’échanges directs. Et puis tout s’est arrêté brutalement, dès le lendemain du premier tour, avec la Covid.
« On a dû s’adapter. Pendant cette période, j’ai lancé la plateforme “Mes in10pensables”, une carte interactive pour aider les habitants à s’y retrouver, notamment sur les commerces ouverts et les services de proximité dans leur quartier.
« La campagne a repris en juin, dans un contexte totalement inédit. Pour le second tour, j’ai tenté le tout pour le tout pour marquer ma différence. J’ai été élu au conseil d’arrondissement, mais j’ai manqué de peu un siège au Conseil de Paris. »


Comment s’est passé votre premier mandat de conseiller municipal du 10ème arrondissement ?
« Dès le début de mon mandat, j’ai voulu imprimer ma marque, ma façon de faire de la politique : très concrète, ancrée dans le terrain, au contact direct des habitants, des familles, des commerçants et des associations.
« Je ne voulais pas partir avec des idées toutes faites ou des postures idéologiques. Au contraire, j’ai essayé d’aborder les sujets sans préjugés, d’apprendre, de comprendre, en étant capable de me remettre en question, pour traiter les problèmes et les enjeux de l’arrondissement de façon pragmatique.
« J’ai ainsi mené plusieurs combats importants : la défense de nos Écoles, avec notamment la mobilisation contre les fermetures de classes et celle de l’École Paradis ; des interventions régulières sur les enjeux de propreté, de sécurité et de nuisances ; le soutien aux commerces de proximité, ainsi qu’à la rénovation et à la revitalisation du Marché Saint-Martin ; ou encore des actions pour la protection de l’enfance dans nos Écoles et l’amélioration de la prise en charge des publics les plus précaires.
« Je me suis aussi engagé pour des projets emblématiques, comme le sauvetage du Musée de l’Éventail, pour lequel j’ai réussi à mobiliser près de 80 000 euros.
« En parallèle, j’ai voulu proposer une autre manière de faire de la politique locale. En 2023, j’ai lancé L’inDIXpensable*, un journal papier local pour valoriser le 10ᵉ arrondissement, donner la parole aux habitants, mettre en lumière les initiatives locales et réfléchir ensemble à comment améliorer le cadre de vie.
« Puis en 2025, j’ai créé le mouvement Tous inDIXpensables, un mouvement local, indépendant et citoyen, entièrement dédié au 10ᵉ arrondissement, avec un objectif clair : préparer les municipales de 2026 autrement.
« Ma méthode était simple : repartir du terrain, écouter et co-construire. Concrètement, cela s’est traduit, en vue des municipales, par plus de 130 actions locales, plus de 3’000 contributions d’habitants et un programme de 120 propositions directement opérationnelles.
« Ce mandat a été une étape clé : il m’a permis de m’ancrer durablement et de construire une démarche collective pour transformer concrètement le 10ᵉ arrondissement. »
* Lire les numéros de L’inDIXpensable en version digitale : Journal L’inDIXpensable



Pourquoi avoir lancé le magazine local L’inDIXpensable ?
« J’ai lancé L’inDIXpensable en 2023 avec une idée simple : proposer une information locale de qualité, utile et indépendante, à la hauteur de ce que les habitants du 10ᵉ arrondissement méritent.
« C’est un journal papier, tiré à 55’000 exemplaires et distribué dans toutes les boîtes aux lettres de l’arrondissement. Depuis son lancement, 8 numéros ont été publiés – dont les deux derniers dans le cadre de la campagne municipale, avec un focus plus affirmé sur nos propositions et nos engagements.
« Au-delà de l’information, ce projet a été un véritable outil d’implantation locale. Les centaines d’heures passées à préparer chaque numéro – rencontres, interviews, travail de terrain – m’ont permis d’acquérir une connaissance très fine des quartiers, des acteurs et des enjeux.
« C’est aussi ce qui fait la différence avec certains candidats qui arrivent sans ancrage réel : moi, j’ai construit cette présence sur le terrain, au contact direct des habitants.
« Le journal m’a permis de rencontrer des personnes que je n’aurais jamais croisées autrement, de m’intéresser en profondeur à chaque micro-quartier, et de constituer une équipe issue de la société civile, engagée et attachée à l’arrondissement. Plusieurs de ces personnes m’ont d’ailleurs accompagné lors des municipales de 2026 et figuraient sur ma liste. L’inDIXpensable, ce n’est donc pas seulement un journal. C’est un outil de terrain, de crédibilité et de construction collective. »
**Les numéros sont accessibles en version digitale sur : Journal L’inDIXpensable




Vous avez été à Horizons entre 2022 et 2025. Quel rôle y avez-vous joué ?
« J’ai rejoint Horizons en 2022, au moment de sa création, dans un contexte assez naturel pour moi. J’apprécie la personnalité d’Édouard Philippe : sa lucidité, sa capacité à dire les choses telles qu’elles sont, et sa volonté de porter une politique à la fois exigeante, pragmatique et équilibrée.
« Dans le 10e arrondissement, j’ai alors été désigné délégué local, avec un objectif simple : tout construire. J’ai mené un travail d’implantation très concret, en prenant le temps de rencontrer personnellement chaque nouvel adhérent – souvent autour d’un café ou d’un verre – pour comprendre leurs attentes et créer une dynamique collective.
« En parallèle, nous avons organisé des réunions publiques régulières sur des sujets locaux et nationaux pour faire vivre le débat et ancrer le mouvement dans l’arrondissement. J’ai aussi structuré une équipe locale avec des rôles identifiés (mobilisation, communication, jeunes etc.), tout en faisant le lien avec le national pour permettre à certains de s’impliquer dans des groupes de travail.
« Ce travail a permis de créer une vraie dynamique, avec des profils variés, majoritairement issus de la société civile.
« À l’approche des municipales de 2026, j’ai défendu une ligne claire avec d’autres : le rassemblement dès le premier tour, l’ouverture à la société civile et le dépassement des clivages. Mais très vite, j’ai compris que la réalité parisienne restait dominée par des logiques d’appareil, avec des blocs politiques figés et peu d’envie de se réinventer.
« En parallèle, avec Tous inDIXpensables, nous poursuivions dans le 10e arrondissement un travail de terrain très concret depuis plus d’un an : rencontres hebdomadaires, échanges avec les habitants, construction d’un projet local. C’était, en réalité, à des kilomètres des jeux politiques parisiens, souvent centrés sur les équilibres internes et les positions de principe. C’est dans ce contexte qu’on m’a demandé de me mettre en retrait de mes fonctions de délégué d’Horizons en décembre.
« En janvier, après beaucoup de réflexion, j’ai fait un choix : me présenter à la tête d’une liste indépendante, locale et citoyenne, uniquement dans le 10ᵉ arrondissement de Paris. Cela signifiait ne me rattacher à aucun candidat parisien et renoncer, de fait, à briguer une place au Conseil de Paris.
« C’était une décision difficile, mais c’était la seule façon de rester fidèle à moi-même : à mon engagement d’élu de terrain, à ce que je pensais juste pour la capitale, à ma manière de travailler – ouverte, pragmatique – et surtout aux personnes qui m’avaient fait confiance en rejoignant Tous inDIXpensables. »
« Quand vous avez autour de vous des femmes et des hommes de sensibilités différentes, issus de la société civile, qui s’engagent sincèrement pour leur quartier, vous ne pouvez pas les décevoir. Beaucoup découvraient la politique et ont vu à quel point certaines logiques de partis et certains accords d’arrière-boutique peuvent être contre-productifs pour un territoire, voire décourageants.
« Ce choix, c’était donc une façon de refuser de cautionner des jeux d’appareil qui oublient l’intérêt des Parisiens, et de prouver qu’une autre manière de faire de la politique locale à Paris est possible.


Comment avez-vous vécu la campagne municipale parisienne de mars 2026 ?
« Honnêtement, ça a été une aventure hors norme.
« La décision de partir a été tout sauf évidente. Comme je le disais juste avant, en janvier, j’ai dû trancher : soit rentrer dans une logique d’appareil, soit aller au bout d’une démarche locale, indépendante. Tous les “spécialistes” de la politique parisienne me disaient la même chose : “tu feras 2 ou 3 % maximum”.
« J’ai quand même décidé d’y aller. Et dès ce moment-là, mon équipe a répondu présente. Je leur dois énormément.
« En réalité, nous avons pu nous activer très vite, parce que nous étions déjà en campagne. Depuis janvier 2025, avec mon mouvement Tous inDIXpensables, nous menions plusieurs actions par semaine sur le terrain. Nous avions déjà une équipe structurée, une dynamique engagée, et même commencé à lever des financements.
« Pendant un an, nous avons passé des centaines d’heures sur le terrain : rencontres, débats, travail de fond, construction d’un projet quartier par quartier. Rien n’a été improvisé.
« Nous avons aussi réussi à structurer une vraie campagne : sortir deux nouveaux numéros du journal L’inDIXpensable entre janvier et mars 2026, créer un site internet avec l’ensemble de nos propositions — avec des visuels très concrets, “avant/après”, pour montrer ce que nous voulions transformer dans l’arrondissement.
« Nous étions partout : sur le terrain, dans les réunions publiques, sur les réseaux. Avec une équipe soudée, compétente, et une liste qui reflétait réellement la diversité du 10ᵉ arrondissement. Beaucoup de personnes qui nous découvraient étaient convaincues par notre démarche, par notre équipe — la seule à véritablement représenter cette diversité — et surtout par notre projet, sans doute le plus travaillé et le plus concret pour répondre aux problématiques des habitants.
« Et puis il y a eu le soir du premier tour. Nous voyons les premières remontées des bureaux de votes arriver… et là, les premières tendances se confirment. Non seulement nous dépassons les 5 % – donc le seuil de remboursement – mais nous passons aussi les 10 %, donc qualification pour le second tour.
« Et surtout, nous arrivons devant toutes les autres listes du centre et de la droite, pourtant soutenues par des partis nationaux et des candidats parisiens !
« Nous avons compris à ce moment-là que nous avions réussi quelque chose de fort : convaincre autour d’un projet local, porté par une équipe ancrée et à l’image du 10ᵉ arrondissement. Ce soir-là, nous avons aussi envoyé un message clair : le travail de fond, la sincérité et l’implantation locale peuvent faire la différence face aux logiques d’appareil et aux parachutages.
« Je me souviens aussi de l’émotion collective : nous nous sommes pris dans les bras, nous avons savouré cette “petite victoire”… avant de repartir, dès le lendemain, sur le terrain pour le second tour.
« Le dimanche suivant, même si je m’attendais à un meilleur report de voix, nous avons quand même réussi à confirmer cette dynamique. Nous sommes la seule liste de centre à progresser entre les deux tours dans tout Paris, et la seule liste indépendante à obtenir un siège dans un conseil d’arrondissement.
« Bien sûr, beaucoup d’électeurs votent encore principalement en fonction de l’étiquette, et ne s’intéressent aux candidats que tardivement, sans toujours prendre le temps de lire les programmes. C’est parfois frustrant quand on mise avant tout sur le travail de fond, les propositions et la qualité d’une équipe pour convaincre.
« Mais malgré cela, ce que nous avons construit est déjà une victoire en soi. Au-delà du résultat, cette campagne a montré qu’une autre façon de faire de la politique locale est possible – et qu’elle peut trouver un véritable écho dès lors que l’on s’engage sincèrement pour un territoire et pour ses habitants. »








Comment percevez-vous ce nouveau mandat qui vous a été confié par les électeurs du 10ème arrondissement ?
« Ce nouveau mandat est d’abord la reconnaissance d’un travail de fond et d’un engagement sincère. Les électeurs ont fait confiance à la liste que je conduisais pour porter une voix libre, indépendante et ancrée dans chacun des quartiers du 10ᵉ arrondissement de Paris.
Concrètement, cela signifie continuer à être présent, accessible et utile : relayer les préoccupations des habitants et faire avancer des solutions concrètes sur les sujets du quotidien.
« Mais c’est aussi un point de départ. Nous disposons aujourd’hui d’une équipe solide, et je souhaite structurer davantage notre mouvement pour prolonger la dynamique et l’espoir que nous avons fait naître dans l’arrondissement.
« L’objectif est clair : continuer à grandir et à transformer le 10ᵉ arrondissement avec une méthode simple : partir du terrain, travailler sérieusement et co-construire avec les habitants. »
Quel rapport avez-vous avec les réseaux sociaux ?
« J’utilise beaucoup les réseaux sociaux au quotidien : X, Instagram, LinkedIn. C’est devenu un outil de travail et d’échange, notamment en politique.
« C’est un sujet que je connais bien aussi parce que j’ai cofondé BenevUp, un réseau social pour les associations et les bénévoles, pour faciliter l’engagement citoyen.
« Concrètement, les réseaux permettent d’aller vite : partager une information, mobiliser, entrer en contact avec des gens qu’on ne connaîtrait pas autrement.
« Mais on voit aussi leurs limites. Les échanges peuvent vite se tendre, surtout quand il y a de l’anonymat. D’ailleurs, je remarque que les discussions sont souvent plus posées et constructives sur des plateformes comme Instagram ou LinkedIn, où les gens s’expriment à visage découvert.
« Pour moi, le vrai enjeu, c’est d’apprendre à correctement les utiliser : vérifier l’information, prendre du recul, éviter les réactions à chaud. »
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Merci à M. Fort pour son écoute et sa participation à ce portrait.
