M. Erwan Leclerc

La Renaissance du terrain parisien.

 

Chers Lecteurs,

Suite aux élections municipales que nous avons connu, continuons ensemble la découverte d’un nouvel élu sur le blogue. Vous savez ma volonté de découverte et de liberté de parole envers la jeunesse qui est la mienne. Laissez-moi vous emmener à la découverte des premiers pas d’un benjamin élu au sein de la mairie du 8ème arrondissement de Paris.

Villefranche-sur-Saône. Bien que notre jeune interviewé débute son parcours scolaire en Bretagne, c’est dans le Rhône où il obtiendra son Baccalauréat au lycée Louis Armand.

lycée Ampère. C’est dans cette continuité d’excellence de son parcours scolaire que notre interrogé y viendra faire ses classes préparatoires aux Grandes Écoles de Commerce.

Grenoble École de Management. C’est dans cette continuité que le Diplôme Supérieur en Management lui permettra d’affiner ses études et de peaufiner son dernier semestre en Espagne.

Jeunes Pop. On découvrira l’évolution du parcours politique et de l’engagement personnel de notre personnalité auprès des Jeunes de l’UMP pendant la campagne présidentielle de 2007 et du candidat Nicolas Sarkozy sur les terres lyonnaises en 2006.

Société Générale. C’est auprès de cet organisme bancaire que le parcours professionnel de notre interrogé évoluera depuis son entrée en tant qu’auditeur interne en 2011.

En Marche ! Une nouvelle étape dans la vie politique de notre personnalité arrive avec les élections présidentielles de 2017. Il prendra sa carte en janvier 2017 et y débutera son expérience politique.

8ème arrondissement. Suite aux élections municipales de mars dernier, notre interrogé y est élu sur la liste de Catherine Lécuyer. Il devient en prime 3ème Adjoint de la maire, en charge notamment des dossiers économiques de l’arrondissement.

 

Je vous laisse découvrir le portrait de M. Erwan Leclerc, Troisième adjoint à la maire du 8e arrondissement de Paris.

 

M. Erwan Leclerc – ©droits réservés

 

La réalisation de ce portrait a été réalisé dans un café parisien le 12 mai 2026.

 

Bonne Lecture !

@romainbgb – 20/05/26


 

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Bio Express de M. Erwan Leclerc :

*1988 : Naissance à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

*2002-2005 : Obtention du Baccalauréat Scientifique au lycée Louis Armand (Villefranche-sur-Saône).

*2005-2007 : Classe Préparatoire aux grandes écoles de commerce, voie Scientifique, au lycée Ampère (Lyon).

*2006-2007 : militant aux Jeunes Pop à Lyon.

*2007-2011 : Diplôme d’Études Supérieures en Management à Grenoble École de Management.

*2011-2013 : auditeur interne – Société Générale.

*2013-2016 : responsable de mission d’audit interne – Société Générale.

*2016-2019 : chargé d’affaires en matière de paiements et gestion de trésorerie internationale – Société Générale.

*janv.2017 : rejoint En Marche !

*depuis 2017 : Membre de l’équipe de campagne de M. Maillard à l’occasion de des élections législatives dans la 1èere circonscription de Paris.

*2017-2025 : Responsable d’un comité local, puis Président du Comité du 8e arrondissement pour le compte du parti présidentiel.

*2019-2021 : Directeur commercial adjoint en matière de paiements et gestion de trésorerie internationale pour la clientèle de détail – Société Générale.

*2020 : colistier sur la liste La République En Marche menée par Mme Segond dans le 8ème arrondissement.

*2021-2023 : Directeur adjoint de l’exploitation commerciale pour la clientèle de détail – Société Générale Factoring.

*depuis 2023 : Directeur de l’exploitation commerciale pour la clientèle de détail – Société Générale Factoring.

*2023-2025 : Membre du comité politique Renaissance de la fédération de Paris.

*2023 : colistier de M. Maillard pour l’élection à la fédération de Paris de Renaissance.

*2026 : colistier sur la liste d’union de la droite et du centre menée par Mme Lécuyer dans le 8ème arrondissement.

*depuis avril 2026 : Troisième adjoint à la maire du 8e arrondissement de Paris, chargé du commerce, de l’artisanat, de la vitalité économique, du mécénat et de l’attractivité territoriale.

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À quoi rêve le petit Erwan lorsqu’il était enfant ?

« Je pense que je rêvais déjà de faire un métier qui tournait autour des autres.

« Ceci, dans le sens où j’ai toujours apprécié de prendre la parole, de défendre mes idées, d’être entouré de beaucoup de personnes. Depuis mon enfance, j’ai toujours été délégué de classe ou occupé des fonctions comme celles-là. Cela m’a toujours intéressé de représenter les autres, de porter leurs voies et de défendre les miennes.

« Lorsque j’étais plus petit, comme beaucoup, je rêvais d’être médecin ou de quelque chose comme cela… Mais assez vite, je me suis dit que j’avais envie d’être avocat, journaliste, des métiers comme ceux-là.

« Très petit, je me voyais déjà faire de la politique. Je me souviens, on habitait en Bretagne, j’étais assez jeune. Je me souviens, lors de la victoire de Chirac à la présidentielle de 1995, je disais que : « je serai maire de Redon ! ». Vous voyez, même petit, c’était déjà une envie forte que d’être élu et de représenter les autres. »

Quel souvenir gardez-vous de vos années au lycée Louis Armand de Villefranche-sur-Saône et au lycée Ampère de Lyon ?

« J’en garde des souvenirs très différents.

« Le lycée Louis Armand, c’est là où j’ai fait mes études secondaires jusqu’à la Terminale. Ce n’était pas forcément facile. J’ai un doute sur le fait qu’il ait été ou qu’il soit classé en ZEP. Il y avait une population très mixte. Il y avait clairement quelques petits sujets de délinquance dans ce lycée, avec des gens proches autour de moi qui ont pu être rackettés. Ce n’était pas facile. Il y avait de l’absentéisme ou des problèmes comme ceux-là. Tout ceci avec des résultats scolaires qui n’étaient les meilleurs non plus dans l’ensemble des élèves de l’Établissement. Il y avait des situations familiales qui n’étaient pas facile non plus.

« J’y ai appris l’adaptabilité. Ce n’est pas qu’il a fallu survivre dans un monde de brutes. Ce n’est pas cela non plus. Disons qu’il fallait faire preuve d’une certaine intelligence d’esprit et d’un certain bagout pour ne pas non plus se faire marcher sur les pieds ou entrer dans des situations d’harcèlement morale que d’autres ont pu connaitre.

« Le lycée Ampère, c’est un autre contexte. J’y ai fait ma classe préparatoire. Là, au contraire, c’était clairement l’excellence éducative. On peut le dire, dans un cadre comme celui-là, avec des élèves plutôt brillants et un environnement beaucoup moins mixte. Sans vouloir être trop négatif, c’était un peu le jour et la nuit entre ces deux établissements.

« J’y ai appris d’autres choses. Je dirais des compétences comportementales développées au lycée Louis Armand et des compétences intellectuelles au lycée Ampère.

« La prépa m’a vraiment appris à structurer ma pensée, à réfléchir, à raisonner, à poser mes arguments et puis m’a appris à développer ma culture générale d’un point de vue très fort. Là aussi, j’ai appris à gérer la difficulté parce que, ayant toujours eu des facilités scolaires, je me suis retrouvé, avec le système de la prépa, avec des notes pas forcément très bonnes. Il a fallu rapidement devoir faire des efforts dans un contexte éducatif que je n’avais jamais fait jusqu’à présent !

« Il est vrai que j’étais encore assez jeune, à l’époque, puisque je n’avais que 16 ans lorsque je suis entré en prépa. Il y a eu aussi le contexte d’indépendance. J’étais parti de chez mes parents. J’avais mon petit studio sur les pentes de la Croix-Rousse. Il fallait aussi s’occuper de son logement. Ce que j’ai d’ailleurs fait assez mal dans les années prépa ! [Rires] J’ai depuis pris le contre-coup en étant assez maniaque dans mon intérieur ! »

Comment avez-vous vécu vos études à l’École de Management de Grenoble ?

« Là encore, je dirais que c’est une étape assez différente parce que l’on se retrouve avec des personnes issues de milieux encore moins mixte. Le lycée Ampère était quand même une prépa publique. Là, c’est une École de Commerce après prépa, certes, mais qui reste payante et dans le top 10, à l’époque, des Écoles de Commerce françaises.

« Il y avait des étudiants qui étaient assez brillants et d’autres, lorsque l’on regardait leurs parcours, qui étaient assez favorisés dans leurs parcours scolaires ou familiaux précédents leurs études. Il y avait un petit peu comme un choc des cultures. J’étais étudiant boursier. C’était un petit peu différent de ce que j’avais pu connaitre. Il y avait, aussi, beaucoup de parisiens dans mon École. Un rythme de vie qui était assez différent de ce que j’avais pu connaitre dans mes lycées et tout le « avant » de mon parcours scolaire. Cela m’a permis de me développer personnellement et intellectuellement.

« À côté de cela, après 2 années à travailler difficilement, il est vrai que l’École de Commerce est un peu l’endroit de relâchement aussi. Ce qui permet de passer, on va dire, le rite d’initiation de la jeunesse. Puis, je dirais aussi, d’appréhender le monde de l’entreprise. On se prépare vraiment à rentrer dedans. Et puis, ici encore, à se consacrer à des projets associatifs, voir même un peu politiques. J’avais des rôles de représentations des étudiants auprès de la direction de l’École. Ce qui me plaisait aussi pas mal ! »

Comment est né votre rencontre avec la politique ?

« Je ne dirais pas qu’il y avait un environnement familial, mais peut-être un peu, dans le sens où certaines personnes de ma famille étaient élues. Je pense qu’il y a toujours l’environnement qui peut jouer.

« À la maison, on a toujours parlé un peu de la politique aussi. Lorsque je remonte au plus loin, mes premiers souvenirs restent politiques avec les victoires de Jacques Chirac aux élections présidentielles qu’on écoutait toujours sur France Info. La station de radio était toujours dans le fond sonore où que l’on soit, même dans la voiture. Ce sont mes premiers souvenirs politiques qui me reviennent. C’était des souvenirs sonores. On ne regardait pas beaucoup la télévision à la maison. Je me souviens surtout de : « Il est 20 heures. Vous êtes sur France Info. Jacques Chirac est élu président de la République. » Ensuite, en 2002, j’étais encore jeune. Je n’avais pas pleinement conscience de la présence du FN au 2nd Tour.

« Je vous dis, il y a eu vraiment l’environnement familial associé avec ma personnalité, le fait que je voulais toujours être délégué de classe, pour me faire élire et représenter les autres. Puis, finalement, mes premiers engagements ont suivi assez vite, dès 2006, où je n’avais même pas 18 ans ! »

En 2006, vous êtes militant aux JeunesPop. Comment est né cet engagement ?

« Il y a le fait que j’avais été assez marqué par la personnalité de Nicolas Sarkozy avec ses idées et son style assez nouveau. Je ne dirais pas que, du point de vue de mon jeune âge, je voyais des personnalités, comme Jacques Chirac ou Édouard Balladur, comme des gens un peu poussiéreux. Il est vrai que j’avais l’impression qu’ils ne parlaient pas le même langage que moi. Nicolas Sarkozy c’était quelqu’un qui était jeune et dynamique et qui portait des idées libérales qui me plaisaient beaucoup, en tout cas pendant la campagne présidentielle de 2007. Cela m’a donné envie de voter pour lui.

« Ensuite, de m’engager, de par le fait que j’ai eu des amis qui se sont eux engagés directement dans la campagne et qui m’ont proposé de les rejoindre. Ils savaient ma proportion à l’engagement. Je les ai donc suivis à la Fédération UMP du 2ème arrondissement de Lyon. J’ai un souvenir de campagne, dans une salle à Lyon, avec Dominique Perben et Nicolas Sarkozy. On était 30 dans la salle. J’avais tout juste 18 ans. Ce sont des moments qui marquent. »

 

M. Erwan Leclerc – ©droits réservés

 

Comment s’est passé votre expérience d’auditeur interne à la Société Générale ?

« Je pense que c’est intéressant de raconter le contexte dans lequel je suis arrivé à la Société Générale. J’étais en dernière année d’étude à Grenoble École de Management. Le dernier semestre d’étude, je l’ai fait à l’Étranger, en Espagne. Je n’étais donc pas en France.

« On nous a proposé de passer le Concours de l’Inspection générale de la Société Générale. Je l’ai passé comme cela, à distance, en faisant des allers-retours à Paris, depuis l’Espagne. Comme je n’avais pas accès au marché de l’emploi parisien depuis l’Espagne. Ce n’était pas aussi développé qu’aujourd’hui, avec les LinkedIn ou que sais-je ? C’était un peu ma seule piste au moment de ma sortie de l’École. Je suis allé au bout. Finalement, on m’a proposé de devenir auditeur interne et non inspecteur.

« J’avais toujours été intéressé par le Conseil. Encore une fois, dans ce sens où j’aime communiquer avec les gens et leur apporter des solutions. Là, c’était auditeur. Est-ce que j’y vais ? Est-ce que je n’y vais pas ? C’était à la Société Générale. J’ai toujours été intéressé par le domaine financier et bancaire. Finalement, c’était aussi ma possibilité d’entrer dans le monde de la vie active et de venir vivre à Paris. Sinon je devais rentrer chez mes parents en Province et chercher un travail depuis là-bas. Quelque chose de peut-être un peu plus compliqué. Tous simplement de commencer ma vie. Cela dit en passant, j’avais tout de même mon prêt étudiant qui devait commencer à être remboursé en septembre de cette année-là. Le tout a fait que c’était le bon moment pour commencer.

« Il faut tout de même avoir en tête que lors de ma dernière année d’étude, j’ai passé le Concours de Sciences Po Paris, que j’ai raté de 2 points. Il s’est posé la question si je faisais une année à me préparer aux Concours et ne faire que cela. J’avais fait cela en parallèle de mes études, plus un semestre à l’Étranger, qui était plus festif qu’estudiantin. Pour les raisons que je vous ai dites, notamment financières, je n’ai pas pu faire cela. J’en suis resté là. »

« Par rapport à l’expérience en elle-même. Première expérience dans le monde du travail, à côtoyer des personnes de plutôt bon niveau au sein du Groupe Société Générale, avec ma petite expérience. C’était assez enrichissant. On voit beaucoup de choses lorsque l’on est auditeur. Cela contribue à structurer notre façon de travailler et de penser, de manière très méthodique, rigoriste et organisé. Il y avait beaucoup de voyages également. C’était très intéressant.

« De par les voyages, cela ne m’avait pas permis de construire non plus une implantation locale politique à Paris. Si jamais cela avait été le sujet à l’époque. Ce qui n’était pas vraiment le cas. J’avais été un déçu du sarkozysme et je n’étais pas du tout enclin dans l’offre politique du moment. »

 

M. Erwan Leclerc – ©droits réservés

 

Comment s’est passé votre évolution au sein de la Société Générale ?

« Je l’ai plutôt bien vécue parce que j’ai eu la chance de tomber sur des personnes qui régulièrement m’ont fait confiance et qui m’ont donné des responsabilités.

« Ceci de manière vraiment régulière, tous les 18 ou 24 mois. Ceci avec le management ou des périmètres importants à gérer.

« Cette expérience des 15 dernières années à la Société Générale a été très enrichissante. Il y a eu des choses très variées de faites. Il y a eu des personnes très différentes rencontrées, managées. Bon an mal an, si je suis encore à la Société Générale, 15 ans plus tard, c’est parce que justement j’y ai trouvé mon compte et parce que je pense que l’Entreprise aussi. »

 

M. Erwan Leclerc – ©droits réservés

 

En 2017, vous rejoignez En Marche ! Comment avez-vous vécu la campagne présidentielle de 2017 ?

« Là, cela a été justement le vrai début de la vie politique. Je vous le disais tout à l’heure, jusqu’en 2016, comme j’étais beaucoup en déplacement, je consacrais mon temps à Paris plutôt à « profiter de la vie ». Quand j’ai terminé mon parcours à l’audit et que je suis rentré dans un métier un peu plus « sédentaire », il y a eu la campagne présidentielle avec les élections un an plus tard puisque c’est en avril 2016 que se passe mon changement.

« Là encore, intéressé par la politique, j’ai regardé les offres qu’ils y avaient. Il est vrai que cela faisait un petit moment que je m’intéressais à ce que faisait Emmanuel Macron. Parce que je m’étais moi-même surpris, moi qui ne m’étais jamais vu comme quelqu’un de gauche, à apprécier une partie de la politique du Gouvernement sous la présidence de François Hollande, comme la loi El Khomri. Je me vois comme libéral mais dans le sens anglo-saxon du terme. En tous les cas, comme un libéralisme éclairé, comme j’aime bien le dire. J’étais intéressé par tout ce qui se passait et par la personnalité d’Emmanuel Macron. Cela marchait bien. Je m’intéressais à cela.

M. Erwan Leclerc – ©droits réservés

« À côté de cela, je restais sur mes fondements de droite sociale dont on parlait tout à l’heure. Il est vrai que pour le coup, je m’étais notamment positionné sur Alain Juppé au moment de la primaire de la droite et du centre en novembre 2016. Lorsque j’ai vu que c’était François Fillon qui passait… J’ai vu qu’il y avait rupture. Je ne me voyais absolument pas voter pour François Fillon qui était assez loin de qui j’étais. Je me suis retrouvé orphelin de personnalité politique.

« C’est à ce moment-là que, vraiment, Emmanuel Macron a commencé à émerger avec le discours de la Porte de Versailles en décembre 2016.

« Là encore, comme en 2006 aux Jeunes Pop, quelqu’un m’a mis le pied à l’étrier. J’ai ouvert la porte d’un comité En Marche !. Cela a emmené toute la suite. »

 

M. Erwan Leclerc – ©droits réservés

 

Que retenez-vous de votre expérience pendant la campagne municipale de 2020 ?

« J’ai encore des sentiments ambivalents.

« On était parti tambours battants. On était lancé de loin, en fait, puisque l’on était lancé depuis 2017. J’étais pour ma part responsable d’un comité local dans le 8ème. Depuis 2017, on avait connu que des victoires, à part aux européennes de 2019. On avait vraiment des scores exceptionnels dans l’arrondissement. On avait énormément de militants parce que l’on avait construit, avec ma personne à la tête, un socle militant. On se réunissait tous les lundis. On construisait un socle pour répondre à des problématiques. On avait pris une candidate qui était, certes, peu connue, mais qui avait beaucoup d’envie. Elle représentait autre chose en tant qu’offre politique. On avait le soutien du parti.

« Benjamin Griveaux faisait plutôt une bonne campagne, je pense, en proposant quelque chose d’alternatif. Il avait ses chances. Puis, vient le double effet kiss cool : L’affaire Griveaux, puis la Covid-19. Là, c’est l’écroulement ! En plus des personnes de chez nous qui étaient parties chez Cédric Villani.

« On n’était pas mécontent de notre score du 1er Tour puisque l’on faisait presque 27% avec une candidate qui n’était pas connue du grand public. On a eu une élue. Si l’on enlève Delphine Bürkli et Florence Berthout, on faisait le meilleur score de tout Paris, au 1er Tour. On n’était pas mécontent de cela. On n’était pas si loin de Jeanne d’Hauteserre au 1er Tour en 2020, puisqu’elle a fait 34%, que 7 points d’écart ! Ensuite, il s’est passé ce qu’il s’est passé. On s’est écroulé entre les 2 Tours, on finit 3ème. On n’est pas passé. Donc je suis assez déçu du résultat final.

« À titre personnel, un peu frustré d’être, à l’époque, que 10ème sur la liste. On m’avait laissé penser que je sois mieux placé dans la liste. Cela ne s’est pas passé comme cela. J’avais fait contre mauvaise fortune, bon cœur. En tous les cas, j’avais beaucoup appris politiquement durant cette campagne. Cela est clair ! »

 

MM. Erwan Leclerc et Sylvain Maillard – ©droits réservés

 

Vous devenez par la suite membre du comité politique de Renaissance pour la Fédération de Paris. Comment avez-vous vécu cette expérience ?

« J’avais fait toutes les campagnes et participé à tous les combats depuis 2017. J’étais un fidèle du parti. J’avais participé à son développement dans le 8ème arrondissement. J’étais un proche de Sylvain Maillard. J’étais devenu le référent du parti pour l’arrondissement.

« En clair, j’avais les mêmes responsabilités pour l’arrondissement qu’un référent départemental local dans le 44. Finalement, cela a été un peu l’étape suivante. Un peu comme à la Société Générale où j’ai eu mes progressions. Là, je le suis à la Fédération de mon département.

« Sylvain Maillard m’a proposé de faire partie de l’équipe. J’ai bien sûr accepté. Il y avait deux listes. On a été élu. C’est notre liste qui a gagné.

« En tant que référent du 8ème arrondissement, j’ai donc intégré le comité politique. C’est encore une bonne expérience que de côtoyer des personnalités politiques de haute volée autour de députés et de ministres qui y sont. C’était intéressant d’avoir ce côté-là.

« Ceci dans l’idée de se mettre en ordre de marche pour les municipales de 2026. Un peu comme celle de 2020 où l’on partait depuis 3 ans en arrière pour construire quelque chose, une équipe, un projet, un socle, un candidat etc…Pour les municipales de 2026, c’était un peu la même chose. On avait été élu en 2023 pour construire 2026, dans la même veine. Ceci avec un mandat clair de nos électeurs qui était de dire : « vous faites tout pour donner l’alternance et pour gagner à Paris ! »

« Raison pour laquelle lorsque la stratégie imposée par la tête du mouvement est venue, en opposition avec la ligne pour laquelle nous on avait été élu à la Fédération de Paris. Avec Sylvain Maillard, on a été obligé de prendre nos responsabilités. »

 

M. Erwan Leclerc – ©droits réservés

 

Comment avez-vous vécu les campagnes internes au sein de Renaissance ?

« Je pense que Renaissance était au départ un bijou brut qui n’a pas été taillé pendant plusieurs années. Ceci avec des personnalités à la tête du Mouvement qui ont fait de leurs mieux et avec une volonté forte de bien faire.

« D’ailleurs, on le remontait en interne, dans les comités. Il est vrai que l’on ne voyait pas la transformation que l’on voulait, qui aurait permis d’ancrer durablement le Mouvement dans les territoires ou sur le long terme de préparer la suite.

« J’étais l’un de ceux qui était très favorable à l’arrivée de Gabriel Attal à la tête du Mouvement en décembre 2024. Justement, il me paraissait que la personnalité allait bien redynamiser le Mouvement et allait enfin lui faire prendre la dimension que l’on souhaitait : un parti à l’image d’un PS ou d’un LR. Même si aujourd’hui ils n’ont plus les résultats électoraux qu’ils ont eus dans le temps. Peut-être d’être un vrai parti politique avec un fonctionnement et une vraie machine de guerre. D’ailleurs, je n’ai pas été déçu par la façon dont il a repris le parti à la fin de l’année 2024 et l’année 2025.

« J’ai trouvé que c’était tout à fait des bonnes choses à faire et la bonne façon d’envisager le parti, pour le redynamiser et se mettre en ordre de marche pour les prochaines échéances. »

 

M. Erwan Leclerc – ©droits réservés

 

Comment avez-vous vécu la campagne municipale parisienne de 2026 ?

« Je suis désolé, je vais vraiment me répéter, mais cela est souvent deux sentiments dans les campagnes municipales. Je le vois. Pour le coup, là, c’est tout de même, je ne dirais pas la rupture, mais il a fallu prendre une position forte vis-à-vis de notre Mouvement et de se mettre clairement en dissidence. On était dissident, pour les raisons que je vous ai explicitées juste avant.

« Cela nous semblait être la seule décision bonne à prendre pour, encore une fois, respecter la promesse que l’on avait faite à nos électeurs, de donner l’alternance à Paris. Après coup, on se rend bien compte que seule l’union avant le 1er Tour aurait permis l’alternance. Finalement, de partir diviser, on était perdant d’avance. Malheureusement, la décision ne nous incombait pas.

« À titre plus personnel, évidemment on était dans une campagne très politique parce qu’il a fallu mettre en place les alliances nécessaires à la victoire dans le 8ème arrondissement, notamment. Cela a été très formateur d’un point de vue politique. In fine, avec pour moi, un résultat plus que satisfaisant parce que je suis élu pour mon 1er mandat. »

M. Erwan Leclerc et Mme Catherine Lécuyer – ©droits réservés

 

Vous venez d’être élu dans le 8ème arrondissement de Paris. Qu’avez-vous ressenti à ce moment-là ?

« J’ai été assez surpris d’ailleurs parce que je pensais ressentir une forme de joie. Cela n’a pas été cela, pas du tout !

« J’ai plutôt senti le poids des responsabilités qui tombaient sur mes épaules avec l’exigence de bien faire que j’allais moi-même m’imposer, au regard de la confiance que m’avait accordée les électeurs. Je n’ai même pas eu l’impression de sourire ou d’être ému. C’était vraiment une pensée vis-à-vis des électeurs et de la maire qui m’ont accordés leurs confiances. C’était un tout, très fort ! C’est fait ! On plonge directement dans l’avant !

« Un mot quand même sur le fait que peut-être, aussi, le fait que l’on ait perdu au niveau parisien m’a mis un coup. C’est possible aussi. Je ne nie pas cela. Ce n’est pas que le 8ème arrondissement. On était déjà avec un gros écart dans les voix. C’est vraiment un projet très différent du notre qui est choisi. À la fois on se dit que pour notre Ville, cela nous embête. Le mandat va avoir forcément une saveur différente, un peu aigre-douce. »

 

M. Erwan Leclerc – ©droits réservés

 

Comment appréhendez-vous votre rôle d’Adjoint à la maire du 8ème arrondissement, chargé du commerce, de l’artisanat, de la vitalité économique, du mécénat et de l’attractivité territoriale ?

« Effectivement, sur le fait que l’on vient de vivre là.  Le fait qu’il ne soit pas facile pour vous de dire toutes mes délégations. Cela montre déjà la charge qui est sur nos épaules.

« On est une toute petite équipe. On est 7 élus de la majorité. Il y a 8 personnes dans le conseil d’arrondissement. Ce sont les conséquences négatives de la loi PLM. Puisqu’il y a eu un amendement qui a été voté pas par nous, pas par Renaissance, qui a imposé cela.

« Tout ceci n’a pas de sens parce que de baser le nombre d’élus ou des budgets sur une population… Lorsque l’on sait qu’il y a plus de postes de travail dans le 8ème arrondissement, qu’à La Défense… Il y a plus de 200’000 personnes qui viennent chaque jour dans le 8ème arrondissement, qui sont des usagers de toutes les infrastructures. Cela n’a pour moi pas de sens. C’est le premier point. Après, la deuxième chose, c’est que je l’appréhende avec beaucoup d’envie. C’est un sens des responsabilités très fort.

« Sur ces délégations, j’avais plutôt poussé pour avoir ce domaine d’activité, les sujets économiques de l’arrondissement, de par mon parcours professionnel. Catherine Lécuyer m’a fait confiance pour me les confier. Je la remercie infiniment. Maintenant, il faut délivrer, effectivement.

« Les premières semaines se passent à merveille. C’est extrêmement intéressant. Cela me plait beaucoup. C’est important aussi, que cela plaise. Il y a des sujets, on va dire, de run, qui sont des demandes entrantes, des courriers entrants etc… D’autres sujets plus récurrents comme de célébrer des mariages. Ce sera un moment très émouvant que de célébrer le mariage des autres. Cela me plait beaucoup aussi. Encore une fois, c’est une prise de parole en public. On en parlait tout à l’heure.

« On s’est vu confier des feuilles de route avec des grands projets pour l’arrondissement, chacun sur ses domaines de compétences. J’aurai à cœur de les mener à bien. Comme l’a justement dit Catherine Lécuyer lorsqu’elle m’a remis l’écharpe de maire-adjoint, après mon élection : « une belle aventure qui commence ! » »

 

Mme Catherine Lécuyer et M. Erwan Leclerc – ©droits réservés

 

Quels rapports avez-vous avec les réseaux sociaux ?

« Je crois qu’il faut vivre avec son temps. Ce sont des outils de communication importants maintenant.

« Cela fait des années que j’ai un compte sur X, quasiment depuis que j’ai commencé la politique. Il me sert uniquement pour diffuser mes contenus politiques.

« Plus récemment, j’ai ouvert un compte politique sur Instagram. C’est un usage un peu différent de X, mais cela me permet de toucher un autre public. Je le vois. J’avais réfléchi à d’autres réseaux sociaux éventuels mais là, il y a le temps qui me manque. Je n’ai personne pour le faire pour moi.

« Plus globalement, d’un point de vue politique, les réseaux sociaux me posent un problème, tout de même. On le sait tous ! Il y a beaucoup de gens qui s’informent que sur cela. Il y a beaucoup de fausses informations qui circulent. Des personnes qui ne remettent pas en cause les informations qu’ils lisent, qui ne cherchent pas à savoir les sources.

« Je trouve que globalement il y a 30 ans les personnes prenaient plus de temps pour réfléchir. Ils présentaient mieux leurs arguments et essayaient davantage de débattre et construire leurs pensées. Qu’aujourd’hui, cette société des réseaux sociaux qui impose ces instantanéités et qui empêche de bien-penser les choses sur le long terme. »

 

***

Merci à M. Leclerc pour sa bienveillance en participant à cet entretien-portrait.

Publié par RomainBGB

Franco-sicilien né en Helvetie. Co-auteur de l'ouvrage "Dans l'ombre des Présidents" paru en mars 2016 aux éditions Fayard.

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