Monsieur Paul Hatte

Portrait d’un rêveur sentimental.

Chers Lecteurs,

Continuons ensemble la découverte de nouveau portrait sur le blogue. Laissez-moi vous emmener à la découverte d’un élu au sein d’un hémicycle local : le Conseil de Paris.

Major de promo. Le jeune interviewé réussi brillamment son Baccalauréat dans un lycée d’un département francilien avant de partir à la découverte de l’univers parisien entre prépa au Lycée Carnot et études d’économies à la Sorbonne. C’est sur ce chemin, qu’il débarque à Lyon pour poursuivre ses études à l’EMLyon Business School.

Rêve américain ? C’est en tout cas en faisant un stage au sein du Club Med en Floride que l’aventure commence. Elle l’emmènera, à l’aide du Parti Démocrate américain, aux portes du pouvoir américain, à la découverte de la Chambre des Représentants des États-Unis.

Sciences-Po Paris. C’est dans cette continuité que le Master Politiques Publics lui permettra d’affiner ses études pour continuer dans le même temps son engagement politique.

Conseil de Paris. Une nouvelle étape dans la vie de notre interviewé arrive à l’issue des élections municipales de juin dernier. En effet, à l’âge de 26 ans, il devient le benjamin du Conseil de Paris, en étant élu sur les listes du 17ème arrondissement de Paris.

Je vous laisse découvrir le portrait du conseiller de Paris, élu du 17ème arrondissement : Monsieur Paul Hatte !

Monsieur Paul HATTE
Monsieur Paul Hatte, conseiller de Paris, élu du 17ème arrondissement  – ©droits réservés

Dans le cadre pandémique que nous connaissons, la réalisation de ce portrait a été réalisé, dans les conditions sanitaires requises, au sein du bureau de M. Hatte, à l’Hôtel de Ville de Paris, le 9 février 2021.

 

Bonne Lecture !

@romainbgb – 12/02/21

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Biographie Express de Monsieur Paul HATTE :

*1993 : Naissance à Montmorency (Val d’Oise).

*2008- 2011 : Major de promotion du Baccalauréat série scientifique, mention Très Bien, à l’Institution Notre-Dame de Sannois (Val d’Oise).

*2011-2013 : classe préparatoire aux grandes écoles de commerce au Lycée Carnot (Paris).

*2011-2013 : L2 d’Économie à l’Université Paris-Sorbonne.

*2013-2018 : Master en Management à l’EMLyon Business School.

*juin-août 2014 : stagiaire en stratégie clients au sein du Club Med à Miami (Floride).

*août-nov.2014 : coordinateur de campagne au sein du Parti Démocrate US pour la 18ème circonscription de Floride.

*oct. à déc.2014 : collaborateur parlementaire à la Chambre des Représentants des États-Unis d’Amérique.

*2015-2018 : Master Politiques Publiques, spécialité Administration publique, à Sciences Po Paris.

*depuis juin 2015 : CEO chez Hatis.

*oct.2018-janv.2020 : Secrétaire aux Affaires générales, à la Recherche et à l’Innovation au Groupe Arcange.

*28 juin 2020 : élu conseiller de Paris à la Ville de Paris.

*11 juillet 2020 : élu au conseil d’arrondissement du 17ème arrondissement de Paris, en charge de la communication et de l’innovation citoyenne.

-Lauréat du concours d’éloquence en 2015 et en 2017 dans le cadre des concours de « plaidoiries du Manager » à l’EMLyon Business School.

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A quoi rêve le petit Paul quand il est enfant ?

« [Rires] De créer une entreprise qui marche. De voyager. De changer le monde. D’être fier de mon pays, dans toutes les mesures possibles. C’était vraiment cela. Je me disais : « Créé une entreprise, sois heureux et va partager avec le monde ce que ton pays t’apporte !»

« Surtout que j’étais dans une famille de gens casaniers ce qui signifie que pour moi le voyage fait vraiment partie du domaine du rêve. Ce que j’ai pu réaliser quand je suis mis à être grand. Ma famille est originaire de Normandie, dans la Manche. J’ai fait beaucoup de trajet Paris-Normandie mais les vrais voyages j’ai commencé à les faire à l’âge adulte lorsque je suis parti pour mes stages ou des occasions professionnelles, aux États-Unis ou au Japon.

« Là, c’était à la hauteur du rêve que j’avais lorsque j’étais petit ! »

Quel souvenir gardez-vous de vos années étudiantes au Lycée Carnot et à la Sorbonne ?

« J’en retiens beaucoup de travail au Lycée Carnot. C’est là où je me suis mis à lire le plus, notamment beaucoup d’œuvres classiques. L’Odyssée ; Atala …Une réelle découverte de la profondeur de l’aspect universitaire ou intellectuel français.

« J’ai fait le Lycée Carnot en prépa. Ce que j’ai retenu c’est que je suis passé du très bon élève de lycée à l’échec en première année en prépa. Une confrontation avec des gens qui réussissaient mieux ; qui étaient plus riches, plus tout ! Plus intelligents, plus tout! Par conséquent, un réel travail de relativiser ce que j’étais. Je pense c’est ce qui m’a apporté le plus dans ma vie, d’être confronter au fait que l’on peut échouer. L’échec c’est très important !

« J’étais à la Sorbonne en parallèle du Lycée Carnot.

« Le vrai choc a été en prépa. Je venais d’un lycée dans le Val-d’Oise. Un petit lycée pour lequel j’ai beaucoup d’affection. J’étais major de promo. Je suis arrivé dans un monde complétement différent, où là, tous les autres élèves étaient extrêmement bons, issues de lycées extrêmement exigeants. Cela m’a remis à ma place. Tant mieux ! Je pense que cela remet en place beaucoup de jeunes qui arrivent en prépa. C’est une épreuve d’humilité dont on ne sort jamais dans la vie.

« Je trouve c’est ce qu’il y a de plus intéressant dans la prépa. Cela nous remet les idées en place en montrant que tout est relatif ! Je l’ai beaucoup appliqué ensuite. Je me l’applique encore sur tout ce qui est jalousie, envie. C’est vraiment des choses qu’il faut apprendre à combattre. »

Comment avez-vous vécu vos années d’études à l’EMLyon ?

« J’ai adoré cette école. Pour moi c’est vraiment mon alma mater, comme l’on dit aux États-Unis. J’ai rencontré des gens d’horizons complétement différents. J’ai découvert une ville, Lyon, qui me semblait tellement méditerranéenne, pour moi qui n’avais connu que Paris, la Normandie et/ou la région parisienne.

« J’ai découvert une ambiance. J’ai commencé à vivre, à sortir avec les copains, à m’engager dans la vie associative. J’étais dans une association qui organisait des conférences et des débats. J’ai fait des concours d’éloquences. Je me suis amusé ! J’ai des souvenirs merveilleux de cette école.

« C’est aussi pendant cette période que j’ai commencé à m’engager en politique. C’est en 2013, en arrivant en école de commerce. Ceci parce que j’avais le temps ; parce que j’avais l’envie. Je me disais : « c’est le moment de commencer ! »

Le rêve américain ? Quel souvenir gardez-vous de vos expériences au Club Med et pendant la campagne électorale, pour le parti démocrate, en Floride ?

« J’ai tellement de souvenirs sur cette période-là !

« Ce que je garde comme souvenir du Club Med, déjà, c’est d’être confronté au système économique. C’était très important. Je l’avais été avec mes projets entrepreneuriaux mais là c’était vraiment dans une entreprise dont la vocation était lucrative. Ce qui était très intéressant puisqu’ainsi il y avait un esprit de cohésion, un esprit d’équipe. Celui-ci était très différent de la politique. Il fallait que collectivement l’on réussisse quelque chose.

« C’est là aussi où j’ai fait mon premier pitch. J’avais développé un petit logiciel pour le Club Med, que je leur aie présenté et vendu. Un logiciel de création d’e-mails. Je l’ai pitché devant le directeur marketing puis devant le PDG Amérique du Nord. Cela a été vraiment une première expérience entrepreneuriale dans une équipe d’entreprise.

« Le souvenir que j’ai de la campagne américaine a été un souvenir un petit peu plus sentimental et personnel. Lorsque j’ai rejoint le Parti Démocrate, ils m’ont trouvé une militante démocrate pour m’accueillir chez elle, Glenda. 86 ans. Une femme exceptionnelle qui avait connu la Guerre de Corée. Elle était partie vivre en Asie pour reconstruire la Corée. Elle a rencontré son mari dans le port de Tokyo. Je suis resté chez elle pendant six mois. Elle m’emmenait et me ramenait au QG de campagne. C’est vraiment devenu comme une grand-mère, une amie, quelqu’un que j’aimais énormément. On buvait des Mojitos. Elle me racontait sa vie, dans la ville de Jupiter, au milieu de la Floride. Quand on est perdu comme cela, géographiquement et émotionnellement, cela créer des liens très fort que j’ai gardé avec elle. C’est une belle histoire.

« Je suis retourné la voir. Je devais y retourner cet été mais malheureusement elle est décédée de la COVID à 92 ans. Le petit pieds-de-nez à tout cela c’est qu’elle a attrapé la COVID car c’était quelqu’un d’encore très dynamique, qui continuait à voyager. Elle est partie faire un road-trip en Nouvelle-Orléans, pour jouer aux machines à sous avec ses copines… »

Vous avez été collaborateur parlementaire à la Chambre des représentants aux États-Unis. Quelle expérience en tirez-vous ?

« D’abord comment cela s’est fait ?! C’est cela qui est drôle ! Il faut revenir en arrière.

« J’étais d’abord stagiaire au Club Med. Comme j’ai développé un petit logiciel qui remplaçait mon job, ils m’ont proposé de me l’acheter en me laissant faire ce que je voulais. À ce moment-là, j’ai trouvé un stage au Parti Démocrate, en écrivant au député du coin, sur sa boîte de contact. Je lui laisse un petit message en lui disant : « Je suis français. Je ne sais plus quoi faire. Est-ce que ça vous intéresserait ? » Le Parti Démocrate m’a recruté.

« On s’est rendu compte, après quelques semaines, que le Parti Démocrate ne protégeait pas les stagiaires étrangers, en termes d’assurance. Le service immigration a voulu me mettre dehors. Je suis recruté par mon député, Patrick Murphy, à la Chambre des Représentants. Par nature, étant membre du gouvernement, on ne peut plus être expulsé par les États-Unis. Cela s’est fait comme cela, au départ. Je me suis retrouvé à Washington alors que j’étais parti à Miami au Club Med [Rires].

« Quelle expérience j’en ai tiré ? J’ai découvert la grande éloquence de la politique américaine. Tout est disproportionné. Les bâtiments. Cette ville de Washington qui n’a pas de comparaison. Tout est monumentale. La politique est monumentale. Quand on voit la journée d’inauguration d’un président, c’est cela que l’on découvre. La classe à l’américaine. L’excessif à l’américain, qui donne un petit côté d’ironie que nous, on aime bien soulever.

« Surtout l’aspect monumental. Tout est grandiose. Les foules sont hallucinantes. Leurs croyances en la politique, elle est à l’image de ce qu’ils donnent à leurs bâtiments. Les américains sont encore un peuple qui croit encore profondément en la politique, y compris dans la crise. Je trouve cela très inspirant. Il y a énormément de choses qui sont très critiquables. Il y a vraiment à boire et à manger dans ce système politique, dans le personnel en cause etc… C’est fascinant de voir à quel point ils croient encore en la politique. Ils savent se laisser convaincre. C’est aussi très impressionnant.

« Quand je faisais campagne en Floride, pour le Parti Démocrate, on rentrait dans des maisons républicaines, à la fin, les personnes nous disaient qu’ils allaient voter pour mon candidat. Ils le disaient vraiment parce que c’est un peuple qui sait écouter les arguments. »

Le Master d’Administration publique à Sciences-Po Paris, une continuité pour devenir un futur élu de la Nation ?

« [Rires] Lorsque j’étais jeune, j’avais vraiment envie de créer mon entreprise. Le système économique me plaisait. La politique était pour moi, une idée d’accomplissement personnel et de rendre à mon pays ce qu’il me donne. Quand je suis arrivé en école de commerce, j’ai eu une crise existentielle. On va dire. J’ai présenté Sciences-Po, que j’ai eu en première année, un petit peu sans m’y attendre. J’ai dû m’accommoder pour faire les deux scolarités. J’ai fait des césures dans chaque école, des reports de scolarités etc… pour tout finir. Je ne l’ai pas vu comme un tremplin pour la politique, du tout.

« C’était une continuité pour m’enrichir intellectuellement sur des domaines qui me semblaient essentiels, comme le droit public, le droit parlementaire, la compréhension des institutions. M’ouvrir aussi à toute une catégorie de personnes que je ne croisais pas en école de commerce. Toute la catégorie universitaire, des gens qui avaient fait l’ENS… Cela m’a donné de l’oxygène dans mon univers à moi. Il n’y avait pas de calcul particulier derrière.

« J’ai adoré. Tant sur le fond que cette école a quelque chose de semblable aux universités américaines. Il y a un campus. Il y a un esprit corporate, que l’on retrouve dans les entreprises. Il y a une volonté de savoir, qui est très forte. Puis il y a une diversité qui est très intéressante. Que l’on retrouve aussi aux États-Unis. Que l’on trouve un peu moins dans les écoles de commerce. »

Comment avez-vous vécu la campagne présidentielle de 2017 ?

« Pour le coup cela a vraiment été une crise existentielle.

« Je crois beaucoup en la pensée politique, à l’idéologie. Je pense que l’on fait avancer un pays parce qu’on lui propose un axe, un angle. La campagne présidentielle de 2017 a été une des premières campagnes où l’idéologie politique n’a plus du tout été au cœur du fait électoral. C’était les personnalités, leurs échecs personnels, leurs mystères…Cela m’a vraiment questionné.

« Ensuite, j’ai vécu les évènements de façon un peu passive. Je n’étais plus engagé après la primaire de la droite. Je militais auprès de Nicolas Sarkozy où j’ai créé une application de porte-à-porte.

« Cela a été une période très particulière avec beaucoup de remise en cause. J’ai vu aussi beaucoup de gens qui m’entouraient, des gens que je connaissais, qui n’étaient pas du tout en politique, qui se sont mis En Marche ! à suivre Emmanuel Macron. Ceux-là même ont tout réussi, en très peu de temps. Ils sont allés très loin, très vite. Pour le coup, la prépa a été un bon vaccin. Cela pousse tout de même à réfléchir sur c’est quoi le but de sa vie ? Pourquoi on s’engage en politique ? Quel est l’idéal après l’on court ?

« Pour ma part, je crois beaucoup en une notion, qui est romaine, qui est le cursus honorum. Qui n’est pas forcément un cursus honorum politique. Je n’ai pas besoin de passer cinquante étapes pour arriver quelque part. Je trouve que la politique c’est bien, parce que c’est aussi un accomplissement personnel. On grandit. On s’améliore. On s’enrichit. On essaye que toute cette expérience que l’on acquiert, on la re-dégage dans une idée politique. Je trouve que la campagne présidentielle de 2017 a un peu foutu tout cela en l’air. »

Que retenez-vous de votre expérience de secrétaire aux Affaires générales, à la Recherche et à l’Innovation au Groupe Arcange ?

« C’était mon premier emploi après les études. Cela a été le résultat de rencontres incroyables et exceptionnelles ; comme beaucoup de choses, d’ailleurs, dans ma vie. J’ai découvert le monde de l’immobilier ; encore plus, du patrimoine immobilier. Comment l’on valorise un immeuble ? Qu’est-ce qui fait le charme d’une ville comme Paris ? C’est son immobilier.

« J’ai rencontré le président de ce groupe, qui s’appelle Michaël Sfedj. C’est un homme qui a réussi en partant de presque rien ; qui a un flair hallucinant. C’est quelqu’un qui a une sensibilité au marché qui est extrêmement inspirante. C’est là que l’on voit que dans notre pays il y a des génies qui réussissent à faire de petites choses, des choses hallucinantes. C’est quand même très inspirant. »

Monsieur Paul Hatte – ©droits réservés

Comment avez-vous vécu, en ce contexte pandémique, la campagne municipale parisienne de 2020 ?

« C’était cauchemardesque !

« Heureusement l’on avait une très bonne équipe autour du maire, Geoffroy Boulard. On s’entendait tous très bien. Il y avait vraiment un esprit d’équipe qui a permis de passer la période de campagne, qui était une campagne très compliquée. Ceci du fait des affaires, de la candidature de Benjamin Griveaux, puis d’Agnès Buzin… La crise a rajouté énormément de stress, dans une élection qui était déjà un petit peu stressante. Maintenant, c’est dans cette adversité-là, que l’on voit ses propres limites et les compétences que l’on peut avoir. Ce qui nous a permis de nous serrer les coudes. Puis aussi de s’entrainer à gérer la gestion de crise dans laquelle on est rentré depuis l’élection.

« Ce qui a été le plus compliqué en fait c’est l’annonce du confinement, deux jours après le premier tour. Ceci en nous disant, il n’y a peut-être pas de second tour, qu’il faudra tout refaire. Ceux pourquoi on se bat depuis des années, tout, vole en éclat d’un coup, alors que cela semblait être une finalité inamovible. On apprend à relativiser, ce que l’on pensait être écrit dans le marbre.

« Cette crise, de manière générale, nous apprend cela. Maintenant, il n’y a plus personne qui va vous dire : « il n’y a plus de réchauffement climatique ! » ou « il n’y aura pas quinze milliards d’habitants dans cent ans et la Terre ne pourra pas les supporter ! » On comprend que ce qui semble impossible, est complétement faisable. »

Vous êtes élu conseiller de Paris le 28 juin 2020, à 26 ans. Qu’avez-vous ressenti à ce moment-là ? Comment appréhendez-vous votre rôle de Conseiller de Paris ?

« Avec la crise de la COVID, je dois dire que le second tour me paraissait comme ne jamais arriver. Un énorme soulagement le 28 juin, que les choses aboutissent enfin. J’étais très ému. Je mesurai l’honneur qui m’était fait à la fois par le maire, Geoffroy Boulard, et par l’équipe, à la place qui m’avait été accordé. Je savais que mon âge était un challenge. Je suis le plus jeune conseiller de l’Hôtel de Ville, tous partis confondus.

« Beaucoup de fierté pour ma famille, pour mes parents. Ils étaient présents le soir du 28 juin. C’est surtout un soulagement. Se dire que c’est fait. L’élection a eu lieu. Maintenant, on met les mains dans le cambouis. On va régler les problèmes.

« J’appréhende tout cela avec beaucoup d’humilité. J’en ai parlé avant mais je pense que l’humilité n’est pas une qualité mais une compétence. Il faut apprendre à faire les choses avec humilité. Je sais que c’est un mandat qui m’a été confié par le maire, pour exercer les qualités qui sont les miennes. C’est-à-dire essayer d’être innovant, d’apporter des bonnes idées à l’équipe, de travailler avec un esprit de groupe et de donner les perspectives qui sont liées à mon âge, ça c’est sûr.

« Ce que j’aime faire, c’est m’occuper des problèmes. Dès que je sais qu’il y a une confrontation entre les habitants et les commerçants, entre des habitants entre eux, je rentre dedans. Je rencontre les gens. J’organise des réunions de concertations. Je me vois vraiment comme un facilitateur et surtout comme un élu local. Je n’en démorderai jamais. Le conseiller de Paris est un élu local. C’est aussi pour cela que j’ai été très heureux que le maire me propose de m’occuper du quartier des Batignolles.

« Il ne faut pas trop se donner l’impression que c’est un mandat qui est hors sol. Ce n’est pas le cas. Surtout ne jamais oublier que, certes on s’occupe de la politique parisienne à l’Hôtel de Ville, où l’on a l’occasion de donner une vision, mais surtout cette vision est héritée de ce que l’on vit comme élu local dans son arrondissement. Je sais qu’à la fin je serai jugé par mes pairs dans l’arrondissement, c’est sûr, mais surtout par la collectivité que j’aurai servi. »

M. Paul Hatte, Mme Alix Bougeret et M. Geoffroy Boulard au Conseil de Paris – ©droits réservés

Vous êtes également conseiller d’arrondissement dans le 17ème, en charge de la communication et de l’innovation citoyenne. Comment appréhendez-vous cela ?

« C’est beaucoup de boulot, notamment sur l’innovation citoyenne. C’est un domaine où j’ai beaucoup exercé. J’ai essayé de me familiariser avec tout ce qui est application de signalement. Comment on recréer du lien entre l’élu et l’administré ? Comment on améliore l’espace public avec de la domotique, du mobilier connecté etc… ? Ce sont des sujets que j’ai vu à la fois dans mon expérience professionnelle que personnelle. Ce rôle-là, ce mandat-là, à l’échelle de l’arrondissement requiert beaucoup de travail.

« C’est rencontrer des entreprises qui innovent. C’est rencontrer des gens qui ont envie de donner du temps à la collectivité. C’est essayer de trouver des bonnes idées. Je pense que tous ceux qui entreprennent dans leurs vies le savent. C’est comme écrire un livre. Il faut faire feu de tout bois. Il faut être très ouvert à ce que l’on entend. Il faut essayer de trouver tous les angles qui font que l’on modernise, l’on économise et l’on simplifie. C’est un travail de tous les jours que d’essayer d’avoir cette perspective-là et de l’apporter comme une compétence, aux restes de mes collègues et à l’arrondissement.

« C’est beaucoup de plaisir aussi, qui permet de rencontrer plein de gens ; de s’ouvrir à des compétences que l’on ne connait pas. De faire aussi du benchmark avec les villes étrangères. C’est ce que j’ai proposé dans un vœu cette semaine au Conseil de Paris, quand je demande à améliorer l’open data dans l’application de signalement de la mairie de Paris, DansMaRue. Quand je dis qu’il faut une application de l’open data en temps réel, c’est parce que j’ai vu l’effet de l’application d’open data en temps réel dans des villes comme Lisbonne ou à New-York. En fait l’on a des citoyens qui sont beaucoup plus intéressé par le bilan des actions municipales. On a des chercheurs qui sont capables de produire des choses en temps réel. On a des entreprises qui sont capables de l’exploiter, pour produire des choses intelligentes. Est-ce qu’un camion poubelle doit vraiment passer par cette rue-ci, à cette heure-ci ? Si on se rend compte que l’itinéraire du dépôt de déchets n’est pas celui-ci…

« Je parlais tout à l’heure du quartier des Batignolles. C’est aussi un grand honneur pour moi. J’ai beaucoup d’affection pour ce quartier. J’y vis et j’ai voulu y vivre, avant même de savoir que j’allais m’engager en politique dans le 17ème. Quand on a déménagé à Paris avec mes parents, il y a à peu près dix ans, on s’est installé juste au-dessus des Batignolles. J’y allais le week-end. Je découvrais les commerces. Ce qui est très marrant c’est que moi, sûrement parce que j’ai grandi dans le Val-d’Oise et/ou que ma famille vient de la Manche, j’aime bien mon petit chez-moi. J’aime bien mon quartier. J’aime bien connaitre mes commerçants, me promener, reconnaitre les gens, m’arrêter dans la rue et discuter avec un tel ou une telle. M’occuper d’un quartier me permet d’avoir cela, puissance mille.

« Pourquoi les Batignolles ?! Cela me fait cet effet-là aussi parce que j’aime beaucoup la poésie française. La poésie en général. C’est tout de même un quartier de poètes. Non seulement, l’ambiance est sympa. La morphologie du quartier est très agréable, quand on a envie d’avoir un chez-soi. En prime, l’histoire du quartier est formidable. »

Comment vivez-vous cette période pandémique ?

« C’est très compliqué, professionnellement. J’ai mon entreprise qui est très impactée par la COVID, comme beaucoup d’autres personnes. Ce n’est pas pareil d’aller dans des locaux qui sont vides ou pas. Parce que lorsque l’on a des clients qui ont autres choses à faire que de se former à des logiciels. On est forcément touché.

« C’est très compliqué, personnellement. J’ai un groupe d’amis qui ont un restaurant, qui galèrent énormément. On essaye de les aider… J’ai perdu Glenda de la COVID, cet été. Tout cela ça affecte énormément. On a l’impression que l’on est dans une parenthèse, qu’il va falloir refermer collectivement.

« Politiquement, ça change le mandat. Puisque l’on ne peut pas rencontrer les gens comme on le faisait avant. On ne peut pas organiser d’apéritifs avec les nouveaux arrivants. Le Conseil de Paris est impacté dans son décorum, par la COVID. Mais c’est dans l’adversité que l’on voit tout de même la qualité des gens. Pour ce mandat, cela donne l’occasion d’essayer d’exprimer le meilleur de soi-même.

« C’est très particulier cette période. Il y a à la fois de l’amertume puis on se dit : « voilà, c’est ta crise ! Tu dois la surmonter. Tu dois surtout emmagasiner tout ce que cette crise t’apporte, pour essayer de produire quelque chose de meilleur ! » On le ressent très profondément. Se dire, tout cela pourquoi ?! On relativise énormément les choses.

« Même dans le monde économique, les échanges mondiaux. Tout est fracassé. Qu’est-ce que l’on créer avec tout cela ?! C’est essentiel, surtout lorsque l’on est élu ; que l’on a été élu dans ces circonstances-là. Surtout quand on ne sait pas quand elle se terminera, cette crise. Il faut essayer d’apprendre.

« Je suis un rêveur de façon général. Mais un rêveur, c’est dialectique, de façon générale. Encore une fois, c’est une compétence. Ça s’entraine de rêver. Se dire que tout cela, ça doit mener vers quoi ?! Comment l’on utilise toutes ces horreurs qui nous arrivent, pour produire quelque chose de meilleur ? C’est très important. »

 

Quels rapports avez-vous avec les réseaux sociaux ?

« Je fais tout de même partie d’une génération de gens qui ont grandi avec les réseaux sociaux. Je ne suis pas né avec les réseaux sociaux, mais j’ai grandi avec les réseaux sociaux. Je me suis inscrit à Facebook quand ça commençait. Je faisais déjà mes jeux en ligne. J’avais mon ordinateur, tout allait bien ! [Rires] Le Facebook de 2007 n’est pas celui de 2021. On mettait des photos de ses camarades ; on échangeait…

« Comme je sais programmer, que je fais des sites Internet, j’ai un rapport à la technologie qui est démystifié. Je sais ce qu’est un algorithme. Je sais comment des données sont traitées. Je sais ce que l’on peut en faire, la limite. Je ne fais pas parti des gens qui ont peur de tout cela. Je sais ce qu’il y a derrière. Mon rapport avec les réseaux sociaux, en tant qu’usager, je sais ce que ça m’apporte ; je sais ce que ça me coûte.

« Après, pareil en politique. Je trouve que c’est une force de frappe qui est quand même phénoménal. On est capable de faire passer un message ; de montrer ce que l’on fait. Surtout dans cette crise où l’on a plus de proximité physique avec les gens. C’est intéressant. Le pendant de tout cela ? C’est que l’on se fait taper dessus sur les réseaux sociaux. On s’en prend plein la figure à longueur de journée. Au fur et à mesure, on est vacciné à cela. Cela fait partie du jeu de la chose.

« Ce qui m’a le plus marqué c’est la différence de réactions que j’ai eu avant mon élection et après. C’est-à-dire qu’avant l’élection, j’avais plein de gens qui commentaient : « c’est super ! » etc… Dès que j’ai été élu, je suis tombé sur des gens qui me disent : « vous êtes déconnecté ! » Je me suis dit, c’est tellement risible comme dichotomie. Après, c’est aussi notre travail d’élu d’aller informer les gens sur le travail que l’on fait. Montrer que l’on s’occupe d’eux. Montrer que l’on n’est pas déconnecté, quand on travaille à côté. Que l’on se demande comment on va se nourrir ? Payer son loyer ? etc… C’est très important !

« Je gère moi-même mes réseaux sociaux. J’ai les applications sur mon téléphone. C’est sûr le soir, quand je me couche, j’ai du mal à éteindre mon téléphone [Rires]. C’est aussi la première chose que je fais en me levant. Je regarde les messages que j’ai reçu, avant même de sortir du lit. »

 

***

Merci à M. Paul Hatte pour son enthousiasme et sa participation à ce portrait.

Publié par RomainBGB

Franco-sicilien né en Helvetie. Co-auteur de l'ouvrage "Dans l'ombre des Présidents" paru en mars 2016 aux éditions Fayard.

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