Maître François GIBAULT

Le Monsieur du VIIeme arrondissement.

Chers lecteurs,

Me revoilà sur le chemin de la rencontre et de l’écriture. Je vous fais part d’un entretien que j’ai eu avec Maitre François GIBAULT le samedi 21 octobre 2017, chez lui, rue Monsieur en plein cœur du VIIème arrondissement parisien. Véritable seigneur, avec un destin hors-norme, j’ai cru bon de dresser avec lui un portrait-retour en arrière de sa vie. Poumon de l’arrondissement, la rue Monsieur jouxte le Conseil Régionale d’Île-de-France et le seul cinéma de l’arrondissement, La Pagode. Il se trouve que le grand-père de Maitre Gibault était le propriétaire de cet ensemble immobilier. C’est donc dans l’immeuble où il est né, et où il vit toujours, que François Gibault m’a reçu.

Voici pour vous l’échange que j’ai pu avoir avec lui.

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Maître François GIBAULT – © Droits Réservés –

Bio express

21 mai 1932 : naissance de François Gérard Jean Marie GIBAULT (rue Monsieur dans le VIIeme arrondissement de Paris).

5 décembre 1956 : prête serment d’avocat.

1957-1958: Elève officier de réserve à l’école de cavalerie de Saumur. Promu sous-lieutenant en sortant de l’école, il devient officier instructeur pendant six mois.

février 1959 – février 1960 : service militaire effectué en Algérie. Commande un peloton de combat du 8ème Régiment de Hussards. Cité à l’ordre de la Division. Croix de la Valeur Militaire avec étoile d’argent.

1960 : retour à la vie civile ; avocat au Barreau de Paris.

1961-1962 : Secrétaire de la Conférence des Avocats (Promo Jean-René Farthouat).

1970-1971 : Représente le Barreau de Paris à l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale. Auditeur lors de la 23ème session.

1er novembre 1972 : Admis dans le service d’Etat Major.

1974 : Commandeur du Ouissam Alaouite (Maroc).

17 décembre 1976 : Chef d’Escadrons.

1978-1980 : Membre du Conseil de l’Ordre des Avocats.

1979 : Médaille des Services Militaires Volontaires – Croix du Combattant – Chevalier des Arts et des Lettres.

1980 : Conservateur adjoint, Conservateur (1993) puis Conservateur honoraire (2013) du Musée du Barreau de Paris.

14 avril 1982 : Chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire.

1er octobre 1982 : Lieutenant-Colonel.

1er octobre 1988 : Colonel (aujourd’hui Colonel Honoraire). Reçoit la Médaille d’argent des Services Militaires Volontaires.

2001 : Officier de la Légion d’honneur au titre du ministère de la Justice – Promu Officier des Arts et des Lettres.

2006-2008 : Président de l’Association des Secrétaires et anciens Secrétaires de la Conférence du Barreau de Paris.

2008 : Commandeur des Arts et des Lettres.

14 juillet 2011 : Commandeur de la Légion d’honneur au titre du ministère de la Justice.

* * *

Académie Française.

En 2001, au fauteuil numéro 11, à la succession d’Alain Peyrefitte, il obtient 6 voix face à Gabriel de Broglie, qui sera élu. En 2011, au fauteuil numéro 30, à la succession de Maurice Druon. Au 1e tour il obtient à nouveau 6 voix. Danièle Sallenave élue.

Une limite d’âge est alors fixée dans les années suivantes, par l’Académie française, à 75 ans. Des bruits courent que cela serait pour empêcher Pierre Bergé de devenir Immortel.

« Si demain, il y a un Prix Nobel qui a 76 ans, ils ne pourront plus le recevoir ! C’est français ça ! Cet excès de réglementation ! On aime bien la réglementation, ça nous vaut une législation démente avec des décrets, des décrets d’application, des circulaires ministérielles, des règlements intérieurs. On crève de règlementation ! C’est un mal français ! Il suffit de regarder un bulletin de salaire, maintenant il y a trente lignes. En Allemagne, il a quatre lignes. C’est complètement dingue ! Nous avons beaucoup de charme, mais aussi quelques défauts ! » 

Et la politique dans tout ça ?!

« J’ai été tenté quand j’étais jeune. J’ai été ensuite pris par une vie trépidante et je n’ai plus eu le temps. J’avais rencontré Edouard Frédéric Dupont, qui était le député du VIIème arrondissement et inamovible. Quand je suis arrivé il était avec une vingtaine de dames en train de coller des timbres sur des circulaires. Je me suis dit que si c’est ça la vie politique, ça ne me passionne pas ! De plus, il m’a reçut de façon tellement peu chaleureuse que j’ai dit non. Comme je n’avais pas d’attache en province …  Ensuite j’ai eu beaucoup de satisfaction dans l’exercice de ma profession.

« Il est de plus en plus difficile d’être député et avocat. Au XIXème siècle ou entre les deux guerres, député c’était un mi-temps et on pouvait exercer la profession d’avocat à mi-temps. Maintenant, on ne peut plus être député à temps partiel, c’est du temps complet. Quand à avocat c’est beaucoup trop chronophage également. Il est difficile d’être un vrai avocat, exerçant la profession ; et en même temps un vrai député présent dans l’hémicycle. Je n’ai jamais tenté l’expérience, après j’étais trop vieux.

« J’aurais plus voulu être ministre d’un coup, comme Dominique de Villepin ou Emmanuel Macron. Ça c’est bien ! Pour être député il faut passer par les petits échelons. Il faut être tous les week-ends dans des comices agricoles, dans des réunions d’anciens combattants. C’est un métier, pour arriver c’est pas marrant ! Je n’ai pas connu tellement d’hommes politiques, personne n’est venu me chercher, c’était très vexant ! Je n’ai jamais soutenu grand monde. Je n’ai jamais appartenu vraiment à un parti politique. Je n’ai jamais vraiment fait de politique. Je m’y suis très intéressé mais je ne m’en suis pas occupé. Ça sera pour une autre vie. »

Franc-maçonnerie

« Jamais on ne m’a demandé de rentrer dans la Franc-maçonnerie, ce qui était assez vexant aussi. Je connaissais, comme beaucoup de monde, pas mal de francs-maçons. Je ne sais pas ce que j’aurais répondu d’ailleurs, probablement non. En tout cas, ça n’est pas arrivé. J’ai été reçu dans des loges ouvertes. Ce sont des loges blanches, une ou deux fois par an, pour inviter des personnalités. J’y ai été invité deux fois. Mais on ne m’y a jamais sollicité. Je m’en passe très bien. » 

Les Présidents de la République

« Le Président Pompidou je l’ai rencontré deux ou trois fois. On avait quelques amis en commun. Mais je ne lui ai parlé que cinq minutes. Tandis que Madame Pompidou je l’ai très bien connu. Valéry Giscard d’Estaing je l’ai rencontré, j’ai parlé avec lui, mais il ne me connaît pas. Ce fut occasionnel, à des réceptions, comme ça. Ce ne sont pas des gens que je connaissais. Jacques Chirac la même chose. Pour Nicolas Sarkozy, en tant qu’avocat, je crois une ou deux fois. Mais c’est tout.

« Ils ne me connaissent pas. Enfin, Nicolas Sarkozy, peut-être, il me connaît mais ça ne va pas plus loin. François Hollande je ne l’ai jamais rencontré. Je vais le voir la semaine prochaine, il remet une décoration à l’un de mes amis. Finalement je n’ai pas fait de politique. J’ai eu des affaires politiques en quantité mais je n’ai pas fait de politique.

« Emmanuel Macron je ne l’ai jamais vu mais j’aimerais bien le rencontrer. J’ai voté pour lui, pas seulement contre Madame Le Pen. J’ai voté pour lui aux deux tours. J’aime bien ce qu’il fait, sa manière d’être. J’ai rencontré le Premier ministre en revanche. J’ai dîné avec lui juste avant qu’il soit Premier ministre. Mais sans avoir plus de rapport avec lui. On a juste beaucoup parlé.

« Il faut reconnaître que c’est intéressant la politique, surtout à notre époque, depuis que nous avons Emmanuel Macron comme Président. Il a mis un coup de pied dans la fourmilière, c’est extraordinaire. Tous les partis en ont pris plein la figure et je trouve ça très bien. »

Bernard Pons

« L’homme politique dont j’ai peut-être été le plus proche c’est Bernard Pons, qui était ministre, mais aussi secrétaire général du RPR à l’époque. Il se trouvait être le beau-père d’Alex [Ursulet]. Quand Alex a épousé sa fille, Frédérique, le mariage a eu lieu à la Martinique. Bernard Pons étant ministre des DOM-TOM. J’étais le témoin du marié. Ce fut une fête formidable. »

2011 : La Pagode et la Légion d’honneur

« La remise de ma décoration de Commandeur de la Légion d’honneur a été faite par Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie française, dans La Pagode. Elle a fait le plus beau discours que je n’ai jamais entendu pour une remise de décoration. Un long discours marrant, complet, y compris ma vie privée, c’était épatant ! Vraiment sympa ! Les gens qui y étaient présent m’en parlent encore. La réception mondaine ensuite a eu lieu ici, chez moi. Il n’y avait pas eu de réunion familiale dans La Pagode depuis le mariage de mes parents en 1927.

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Photographie du mariage des parents de Maître GIBAULT – ©Romain BGB – Droits Réservés –

« J’avais mis sur la scène, une photographie du mariage de mes parents dans La Pagode. On y voit un peu le décor chinois. Derrière Madame Carrère d’Encausse, il y avait ça, c’était très émouvant. Ce fut une belle fête. Comme je connais bien Madame Carrère d’Encausse, et Alex Ursulet aussi, il l’avait vu avant et avait craché tout ce qu’il avait pu sur moi. Un grand moment sympathique et convivial.

« En ce qui concerne les Arts et Lettres, c’est une décoration que l’on ne vous remet pas forcément. On ne m’a remis aucun des trois insignes. On peut se la faire remettre, ou pas. Il y en a qui font un foin pour ça. »

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Buste mortuaire de Louis-Ferdinand Céline – © Romain BGB – Droits Réservés –

Louis-Ferdinand Céline

« Je n’ai jamais connu Céline. J’ai connu Madame Céline exactement un an après sa mort, en juillet 1962. J’ai été emmené à dîner chez elle par son avocat de l’époque qui était André Damien, futur maire de Versailles, membre de l’Académie des Sciences Morales, grand personnage. Un très bon copain qui m’a dit que si je voulais je pouvais venir dîner chez Madame Céline. J’ai dit oui bien sûr et il m’a emmené, sans le lui dire je crois. On a dîné là tout les trois. On s’est entendu immédiatement, c’est une sorte de coup de foudre depuis 1962 ! Elle vit toujours, elle a 105 ans. Je l’ai vu hier et l’on est toujours les meilleurs amis du monde.

« Je me suis occupé de ses affaires personnelles, des affaires de Céline. Et là c’est moi qui s’occupe entièrement de ses affaires car évidemment elle ne peut plus, elle a moins d’intérêt pour les choses. Depuis vingt ou trente ans, c’est moi qui fais tout avec Gallimard. Je réponds à tout, je négocie tout, les demandes d’autorisations, les courriers … Je suis son mandataire de fait. J’ai sa carte de crédit dans ma poche depuis des années. La gestion d’une œuvre, ça demande du temps. Pour Céline, il n’y a pas un jour où il n’y ait pas quelque chose à faire. »

Fondation Dubuffet

« Je défends également l’œuvre de Jean Dubuffet. Cette fois-ci en qualité de Président de la Fondation qui est héritière du droit moral de Dubuffet. Je signe les certificats d’authenticité. Là aussi, c’est tout les jours qu’il y a quelque chose à faire. On ne se rend pas compte ce que la gestion d’une grande œuvre demande. C’est fou !

« Pour Dubuffet on a une Fondation où il y a six personnes à temps complet avec un bureau, un budget, un conseil d’administration… Ça représente un travail considérable. Il faut faire des voyages, des correspondances, des contacts, c’est sans arrêt ! Une œuvre qui n’est pas défendue, quel qu’en soit sa qualité, en souffre. »

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Mains de Françoise Sagan et Louis-Ferdinand Céline – ©Romain BGB – Droits Réservés –

Françoise Sagan

« J’étais très ami avec elle. En 2010, j’avais pris part au jury du prix Françoise Sagan. C’est un jury tournant, j’ai été membre du premier jury du prix Françoise Sagan.

« J’ai connu Françoise Sagan au milieu de l’année 1962, à l’Hôpital Américain où elle venait d’accoucher. On est resté amis, selon les périodes. Mais à la fin de sa vie j’étais très proche de Sagan. En fait j’ai toujours été très proche d’elle. J’ai connu sa famille et tous ses amis. J’étais ami avec son ancien mari, il s’appelait Robert Westhoff. Il a vécu à la maison pendant vingt-cinq ans. On avait des liens familiaux ; j’ai très bien connu les parents de Françoise Sagan, Monsieur et Madame Quoirez. Mais également intimement sa sœur. »

Filip Nikolic et les 2Be3

« Filip, lorsque je l’ai connu dans une salle de sport, avait dix-huit ans. Il est mort en 2009 à trente-cinq ans. Lui aussi il a vécu ici, d’ailleurs je lui ai dédié un livre. Pour moi, il était comme un enfant. Au début je me suis occupé de la carrière des 2Be3. Les trois venaient à la maison, tout le temps. J’ai encore vu il y a quarante-huit heures l’un des trois, Adel. J’ai suivi leurs concerts. Ils faisaient un concert à Toulouse le soir, je prenais l’avion et j’allais les voir. Je rentrais le lendemain matin. J’ai fait ça des quantités de fois. Je les ai suivis en concert partout. C’était une grande aventure.

« Filip, je l’ai emmené en voyage partout, à New-York, à Moscou, à Rome, en Tunisie, à Venise … On a fait des quantités de voyages ensemble. Il a connu tous mes amis. Quand je l’ai connu je lui ai acheté un complet, je l’ai emmené à l’Opéra, dans les meilleures familles, partout. C’était un garçon étonnant parce qu’il pouvait immédiatement se transformer. Ce petit garçon de banlieue, élevé dans un milieu extrêmement simple, était naturellement distingué, vous le mettiez en smoking et pouviez l’emmener dans les plus grandes familles où tout le monde pouvait penser qu’il était des leurs. C’était étonnant.

« Ça a duré un certain nombre d’années, on s’est beaucoup amusé. Encore maintenant il y a des télés qui me demandent, une ou deux fois par an, de parler des 2Be3. Ils ont marqué la jeunesse de leur temps. Ils étaient des idoles, mais aussi des modèles pour la jeunesse. Les parents les trouvaient formidables parce qu’ils disaient qu’il ne fallait pas se droguer, qu’il fallait faire du sport … Ils avaient un message pour la jeunesse. Ils ont eu vraiment un impact formidable à l’époque. Pour moi c’était très excitant, très amusant. Ça m’a donné un coup de jeune ! On a besoin comme ça d’air frais de temps en temps. »

Alex Ursulet

« Je donnais des cours au centre de formation professionnel, je l’ai vu là. Il était parmi les plus jeunes, très élégant, très beau, très remuant, très amusant. Un jour, à la pause café entre deux cours, il est venu me voir et m’a dit qu’il cherchait un patron. Du coup il est venu travailler avec moi. Il a prêté serment en 1983, j’ai du le connaître dans ces années-là. Lui aussi c’est un peu un enfant pour moi. Mes collaborateurs, j’en ai eu peu, mais j’ai toujours entretenu de très bonne relation avec eux. Par exemple je les ai tous emmené à diner chez Madame Céline. J’en ai eu trois ou quatre, c’est tout ; qui se sont succédés.

« Très vite, il a eu ses affaires. Il a eu sa propre clientèle. Il a décollé assez vite Alex ; grâce à moi et à la bonne éducation que je lui ai donné, bien entendu [Rire] ! Il a marché bien et vite. Il a été le Secrétaire de la Conférence assez vite. C’est un très bon orateur, et je pense un excellent avocat. Mais il s’est spécialisé dans le pénal, ce qui n’a jamais été mon cas. J’ai toujours eu du pénal et du civil. C’est un vrai spécialiste, et même de la Cour d’Assises, où il plaide très souvent.

« Il a rencontré Anne de Bourbon-Siciles chez moi, au cours d’une réception. A l’époque, je recevais pour les Secrétaires de la Conférence, une fois par an. Un grand cocktail où il y avait je ne sais combien de personnes. Et c’est là qu’il a rencontré Anne de Bourbon-Siciles qui est ma voisine. Ils ont dû se rencontrer en 2003 ou 2004, et ne se sont plus quittés [Sourires]. »

Isabelle Adjani

« Elle est venue ici, grâce à un autre de mes collaborateurs, Jérémy Assous. Un bon ami à elle. Il a été son avocat je crois ; il l’est peut-être toujours, d’ailleurs. Il est venu avec elle un jour ici, elle est formidable Isabelle Adjani ! Une vraie personnalité, elle embrassait tout le monde. Elle est très chaleureuse. Ce n’est pas seulement une actrice, elle est très intelligente. Ses interviews sont généralement très intéressantes et puis elle est très chaleureuse, tout de suite. J’ai bien aimé Isabelle Adjani ! »

 Les rapports humains

« Il faut aller vers les gens ! « Oh ! Monsieur ! Je vous aime ! » … Je l’ai fait il y a quarante-huit heures avec Houellebecq, il était là, je ne sais pas d’ailleurs ce qu’il y faisait, chez Gagosian, le galeriste international. Il était là, j’étais à deux pas de lui, c’était un dîner debout et on a parlé. Il faudrait le faire plus souvent, vous voyez, quand on croise quelqu’un. Dans la vie, les occasions se présentent, et ça ne repasse pas. Quand vous avez une occasion, il faut sauter dessus, professionnellement, comme autrement. Professionnellement, on vous propose une affaire, il faut la prendre. Le lendemain, elle sera prise par un autre.

« Vous, à votre âge, il faut sauter sur les gens. Il faut aller les voir. Il faut leur écrire. Il faut leur dire. « Excusez-moi Monsieur, je vous admire ! » Moi je n’ai jamais fait comme ça directement. J’ai eu des occasions de rencontrer des grands écrivains. J’ai rencontré Malraux, Aymé, Marceau, Déon, des quantités… Il ne faut pas être timide. C’est aussi les circonstances de la vie. Avec Marceau par exemple, je suis devenu son conseil, son ami, j’allais le voir tout le temps jusqu’à sa mort. Il faut encore les séduire quand on les voit, il ne faut pas les décevoir. Ça ne se passera pas avec Houellebecq puisqu’il paraît n’avoir aucun plaisir à converser avec moi.

« Il faut le faire. C’est un conseil que je vous donne. Ne jamais louper une occasion qui se présente. On voit souvent des gens que l’on nous présente, et à ce moment-là, il faut y aller. »

Conseil amical et dernière pensée

« Eliminez de vos relations tout crétin. C’est vachement important comme conseil ! Quand on est jeune, on a des copains de classe, parmi lesquels un certain nombre de types absolument sans intérêt ! J’ai des amis qui ont conservé leurs petits groupes de copains de classe, c’est bien. C’est la fidélité ! Mais ça ne conduit nulle part. Il faut essayer de sélectionner les gens que l’on voit, parce que le crétinisme est contagieux ! J’ai toujours pensé ça.

« Quand on est dans un certain milieu, je pense au petit César que vous avez vu ici, on a de la chance. Il va vers les gens, il parle trois langues il est curieux, il s’intéresse à tout, il pose des questions. Il sort de son cours de natation, il a des cours de judo, d’échec, de chinois, de mathématiques, sa vie est bien remplie. L’enfant élevé dans une famille plus simple n’aura pas cette chance là. C’est une des grandes injustices de la vie, de notre société. Vous, vous avez eu la chance de vivre dans un milieu d’intellectuels, de gens de d’esprit. Je suis triste à l’idée que ce privilège soit réservé à un petit nombre. »

* * *

Un grand merci à la Princesse Anne de Bourbon-Siciles et à Maître Alex Ursulet, sans qui cet entretien n’aurait jamais pu voir le jour.

Un grand merci à vous, Maitre Gibault, pour votre disponibilité et votre accueil.

@romainbgb – 30/10/2017

Un commentaire sur « Maître François GIBAULT »

  1. Cher Maître
    Je viens de lire l’interview que vous avez accordé et je vous ai toujours admiré mais ne connaissant que ce que vous vouliez montrer de votre personne ! Hors votre personnalité m’a séduite, vous êtes multiple !
    Étant la nièce d’Alice, la gardienne du 3 rue Monsieur, j’ai toujours admiré votre famille, notamment votre mère et votre père, qui m’acceuillaient ds leur salle à manger et non ds la cuisine où régnait Pepita pour éviter que je ne sois contaminée par mon grand père, tuberculeux, des personnes admirables ! Je me rappelle le mariage de votre frère Jean Claude avec Rosine, à St François Xavier… puis mariée, je vous ai rencontré pour vous expliquer que je voulais me séparer de mon mari, vous me l’ avez déconseillé, je vous ai écouté et suis tjs mariée ! Mais mon couple n’est pas un long fleuve tranquille…
    Je vous prie de bien vouloir m’excuser de tant de liberté, vous êtes très occupé et ceci ne va peut-être pas vous intéresser, mais acceptez ces souvenirs, qui ont ressurgi à la lecture de votre «  confession « 
    Recevez, cher Maître, mes respectueuses salutations

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