M. Pierre Baudis

Sens des valeurs.

Chers Lecteurs,

Bonne rentrée des classes à tous !

À cette occasion, j’ai souhaité poursuivre avec vous le chemin des entretiens-portraits en poussant la porte de l’affecte un peu plus loin cette fois. Puisque l’égoïsme et le nombrilisme semblent vouloir ancrer notre société, j’ai décidé de combattre ce fléau en vous proposant ma vision de cœur, telle que la vie peut nous l’offrir. Dans la continuité de la liberté et de la jeunesse, notre nouvel interrogé ne dérogera pas à la règle imposée sur ce blogue.

Toulouse. Vous comprendrez très vite que la Ville Rose sera l’axe central de l’entretien-portrait que je vous propose. De sa naissance à aujourd’hui, le cœur de la vie de notre interrogé se situe dans la capitale Occitane.

Un prénom. Un nom. Il faut bien commencer par le commencement pour pouvoir débuter dans une vie. L’hommage et la tradition passent par là également. Le sens des valeurs que les aïeux ont transmis à notre interrogé nous permettront de rendre hommage à 2 figures importantes que la Vème République a connu : Messieurs Pierre et Dominique Baudis !

ECS. C’est au sein de cette École de Journalisme que notre interrogé fera ses classes entre Toulouse et Levallois. La Licence en journalisme sera acquise par notre interrogé au sein de l’IEJ. Dans la continuité de son expérience professionnelle et de ses diplômes, notre interrogé rejoindra le CFJ afin de rentrer dans l’univers du monde du travail.

Le Figaro. Cette grande maison permettra à notre personnalité de s’épanouir dans la profession et de faire ses premières expériences. Par la suite, diverses expériences professionnelles de pigiste viendront compléter ce cursus.

Ministère de la Justice. En poursuivant la lecture de son CV, on découvrira son passage comme expert médias et réseaux sociaux au sein du Ministère régalien. Vous découvrirez comment et pourquoi ?!

#Circo3101. Lors des dernières élections législatives, notre interrogé aura porté les couleurs de la Majorité présidentielle au sein de la 1ère circonscription de Haute-Garonne.

Je vous laisse découvrir le portrait de Monsieur Pierre Baudis, responsable de contenus numériques chez Trezy.

M. Pierre Baudis – ©droits réservés

Ce portrait a été réalisé lors d’un entretien dans un café parisien le 6 septembre 2022.

Bonne lecture !

@romainbgb – 14/09/22

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Biographie Express de M. Pierre Baudis :

*1988 : naissance à Toulouse (Haute-Garonne).

*2006 : Titulaire du Baccalauréat.

*2006-2008 : études de la Communication et des médias à l’ECS.

*2008 : journaliste rédacteur sur Direct 8.

*2006-2009 : Licence d’Information et communication à l’IEJ.

*2011-2013 : journaliste bimédia au CFJ.

-journaliste reporter d’images au Figaro.

*2013-2015 : journaliste pigiste à Rue 89.

*2014-2015 : responsable médias sociaux à City One Belgium (Paris).

*depuis 2014 : chef de projet chez Nifty.

*2020-2021 : partenaire à la FUB.

*2021-2022 : expert médias et réseaux sociaux au Ministère de la Justice.

*depuis mars 2022 : responsable de contenus numériques chez Trezy.

*juin 2022 : candidat Renaissance dans la 1ère circonscription de Haute-Garonne.

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À quoi rêvait le petit Pierre lorsqu’il était enfant ?

« C’est marrant, je rêvais à l’espace parce que Toulouse est une ville marquée par l’aérospatiale, l’aéropostale. Je rêvais beaucoup d’espace et d’avion. C’était cela, dans les métiers un peu emblématiques que les enfants souhaitent faire. Je pense que j’ai rêvé d’être pilote avant d’être policier ou pompier.

« Je vous avoue que notre famille a été marqué par cette notion de service public. C’est cela qui nous marque depuis des générations. Il y a des personnes, comme vous le notifiez en marge de l’interview, qui sont marqués par le sens des affaires. Il y en a qui sont marqués par les hauts diplômes ou le savoir, souvent marqués par des sceaux, de la loi ou de la médecine.

« Chez nous, c’est le sens du service, qui peut prendre, je trouve, plusieurs formes, que ce soit dans le public ou dans le privé. On parle souvent de mon père, Dominique, mais je pense également à son père à lui, à ma mère, ou à d’autres personnes de ma famille qui sont aussi inscrit dans cette notion de service au public à travers le journalisme souvent ; à travers l’écriture encore plus. »

Place Saint-Georges, Toulouse. 12 octobre 1982. Messieurs Pierre et Dominique Baudis – © droits réservés, M. André Cros – Ville de Toulouse.

Un Prénom et un nom. J’imagine que la filiation vient de là. Quel impact cette figure du grand-père paternel a-t-elle sur vous ?

« Vous savez, le premier réflexe est de dire que j’en suis très fier. C’est une vérité première, inaliénable pour moi. Encore ce week-end, la ville de Toulouse rendait hommage à Dominique en renommant une rue à son nom. Évidemment, vous savez après c’est une responsabilité. C’est un poids. Il ne faut pas le nier. On est plus que souvent regardé et/ou surveillé que les autres.

« C’est aussi quelque chose qui forme une personnalité parce que cela apprend très tôt à accepter la critique, à avoir le goût du débat. Mais aussi à avoir une forme de comportement qui puisse être compatible avec le fait d’être scruter. Cela fait développer une personnalité de 2 manières. Soit, l’on comportementalise énormément. On a un personnage à la ville, un au bureau, un à la maison. Soit, l’on essaye d’être la personne la plus égale possible pour pouvoir être le plus à l’aise personnellement, socialement et philosophiquement dans toutes les situations. Comme vous pouvez vous en douter avec ce raisonnement, j’ai pris le 2ème choix.

« J’essaye d’avoir la personnalité la plus entière. Je sais que lorsque l’on est un enfant d’une personnalité publique, on est plus scruté que les autres. Je relativise en me disant que dans une société de starification terrible, j’ai eu des obligations par rapport à ce nom qui au final m’honore. Je suis très fier de ce que ce nom représente. Effectivement, cela oblige un peu en retour.

« Après, pour mon prénom, c’est une tradition Occitane, que l’on peut retrouver dans d’autres régions de France. Je pense que si jamais j’ai un fils, il s’appellera Dominique. Je pense que c’est donner un joli sens en perpétuant les histoires et les traditions.

« Mon grand-père m’a transmis cette notion de service public et de simplicité, de pouvoir parler à un ministre ou une personne sans domicile fixe avec la même honnêteté, la même franchise, souvent le même vocable. C’est souvent assez polarisant. J’ai pu le constater dans ma vie professionnelle, par exemple, d’être la même personne à la maison, à la ville, au bureau. Au final, c’est beaucoup plus confortable pour soi ainsi que pour les autres, je pense. »

Que retenez-vous de vos années d’étudiant à l’ECS ?

« Ce qui était intéressant à l’ECS c’est que j’ai commencé à Toulouse en 1ère année et j’ai fini la Licence à Levallois. L’École fait partie désormais du groupe MediaSchool.

« J’avais envie de voir des choses différentes. C’était un cursus qui était très accès sur l’expérience professionnelle. Je m’étais dirigé vers cela pour faire le plus de stages possibles, le plus de choses possibles, que ce soit dans le journalisme ou la communication. Cela répondait très bien aux préoccupations et aux envies d’apprentissages, que ce soit professionnelle ou de savoir pur, que j’avais à l’époque.

« La dure réalité du monde du travail a fait qu’au bout d’une Licence, dans une profession, je ne vais pas vous l’apprendre, aussi bouchée que la Presse. Autour des années 2010, j’ai dû faire des choix et m’orienter pour poursuivre mon cursus avec une formation en bimédia, en alternance avec le CFJ et Le Figaro. Je devance peut-être vos questions ! »

Quelle expérience gardez-vous de votre passage à Direct 8 ?

« Déjà, le fait que vous me posiez cette question me fait me sentir vieux. C’est une chaîne qui a déjà changé de nom, comme de propriétaire.

« C’était assez formateur. C’était un moment où il ne faut pas oublier que le Groupe Bolloré était le 1er fournisseur d’informations gratuites en France. Il y avait dans beaucoup de villes de France, 2 éditions par jour, Direct Matin et Direct Soir, ainsi que la chaine télé.

« C’était assez intéressant parce que le fait d’exercer une activité journalistique dans la Tour Bolloré, où l’on sait que se négocie des hectomètres de béton. Cela fait prendre conscience très vite et très jeune de la réalité de la Presse et qu’il faut des sous pour la faire fonctionner. »

Quelle expérience retenez-vous de vos années d’études à l’IEJ ?

« C’était la continuité de ce qui avait été commencé à l’ECS. C’était la fin de la Licence.

« C’était aussi une manière de compléter ce cursus que je voulais vraiment assez globale, entre la communication et le journalisme. J’ai pu tirer beaucoup d’expériences.

« On ne peut pas dire que j’étais un fou de Concours ou d’études. J’ai eu envie de travailler très tôt, très jeune. »

Comment avez-vous vécu votre passage au CFJ comme journaliste bimédia ?

« J’ai senti que les attentes au niveau des standards journalistiques étaient plus hautes. J’ai profondément regretté que les standards déontologiques l’aient été un peu moins.

« Pour vous la faire simple, le parrain de ma promotion était Edwy Plenel. Vous pouvez vous doutez qu’avec l’affaire Alègre, comment est-ce que l’équipe éducative ait pu laisser passer cela ?! Comme cela avait été voté… Comme vous pouvez vous doutez que je suis dans le plus profond respect du suffrage universel, je l’avais évidemment respecté. J’en avais parlé dans un article sur Edwy Plenel pour Vanity Fair. J’ai été tenu au silence lorsqu’Edwy Plenel était venu nous rendre visite.

« Au final, j’ai reçu mon diplôme de journalisme des mains de l’homme qui a laissé publier un des articles les plus horrible sur mon père, qui parle de messe rouge et de crochets de bouchers à hauteur d’enfant dans un château payé par le contribuable. Je trouve que cela a une certaine ironie qui définit assez bien mon parcours de vie.

« Mon père était encore parmi nous lorsque j’ai reçu mon diplôme des mains d’Edwy Plenel. Cela l’avait fait doucement sourire. Je pense surtout que cela l’avait surtout ramené à une certaine réalité de la profession. Je pense qu’il était surtout déçu de voir qu’au final la génération d’après, des journalistes qui allaient être ceux de demain, avaient pris comme parrain de promo et érigé comme mentor Edwy Plenel. Cela ce n’est que sur le volet des valeurs journalistiques. Au niveau du professionnalisme et de la bienséance, est-on un bon journaliste si l’on n’est pas fichu de googleïser ses 12 camarades de promo et de se rendre compte qu’il y a un énorme problème de nommer Edwy Plenel comme parrain ? »

Vous avez été journaliste reporter d’images au Figaro. Qu’en gardez-vous comme expérience ?

« C’était formidable. Je suis arrivé au moment où les vidéos sur Internet émergeaient. Youtube était plus une plateforme utilisée par les geeks et les nerds. À l’image où toutes les entreprises avaient développé un site Internet, toutes les entreprises de Presse se mettaient à faire de la vidéo sur le Web. J’étais persuadé que c’était un secteur qui pouvait absolument exploser.

« Luc de Barochez, à l’époque le rédacteur en chef, m’a fait confiance avec quelques comparses pour développer cela. En quelques mois on a vu l’importance que cela avait pris.

« Pour être un bon client, je vais vous faire une petite confidence de conférence de rédaction. J’ai vu le regard teinté, soyons honnête, d’un peu de mépris, d’un peu de peur et d’un peu d’effrois de la part des journalistes de service de Presse écrite, très sérieux, dans la séance de la conférence de rédaction générale du Figaro. Ceci quand j’ai, un peu amusé, promis au moins 1 million de vue en 48 heures sur une vidéo d’Agence de Presse, qui nous coûtait rien vu que l’on était abonné, sur les nouvelles fesses de Kim Kardashian. Je vous laisse imaginer que certains yeux ont roulés tout seul dans leurs orbites. Assez amusé, un des responsables de rédaction m’avait dit : « Écoute, pari tenu. Si cela fait 1 million de vues en 48 heures, on le fait. » En 48 heures, cela avait fait 3 millions de vues.

« C’est à la conférence de rédaction de la semaine d’après, où des journalistes qui auraient pu finalement être transposés 100 ans plutôt, sans grandes différences dans leurs manières de travailler, se sont rendus compte que oui, le monde avait changé. La manière de faire et de vendre de l’information avait changé. L’information en elle-même avait changé. »

Quelle expérience gardez-vous de vos passages chez Rue 89 et City One Belgium ?

« Essentiellement de mon expérience de pigiste, c’est le fait qu’aujourd’hui être pigiste c’est ce qui peut se rapprocher le plus d’une vraie vie d’aventures. Aujourd’hui, on peut être journaliste pigiste en étant journaliste reporter d’images, en étant photographe, en étant monteur. Ce qui était le travail de 5 à 6 personnes il y a 10 ans et vous pouvez doubler ce chiffre il y a 20 ans.

« Aujourd’hui, on peut vraiment être comme une forme d’Albert Londres des temps modernes, en allant plus loin que l’écrit. C’est-à-dire que l’on peut être un Albert Londres au niveau du voyage et de l’écriture. On peut être un Quentin Tarantino ou un Helmut Newton grâce à son smartphone. On peut faire un montage digne de CNN ou des plus grandes chaînes de télévision depuis une tablette ou un ordinateur.

« L’expérience de pigiste était formidable. J’avais travaillé pour Rue 89. J’avais travaillé pour Version Femina aussi. Je l’idéalise un peu mais je ne peux pas dire que ma vie de pigiste avait été marqué par le voyage. J’avais trouvé cela très intéressant.

« Ensuite, au final, c’est à la mort de mon père que je me suis rendu compte que le journalisme était un métier que j’adorais profondément. C’était un de mes premiers amours. Mais financièrement, je ne m’y retrouvais plus.

« Je me suis donc dirigé vers la communication et le marketing digital à travers City One, un groupe Toulousain, qui m’a fait confiance. J’aime toujours les self-made.

« City One a été monté par une femme qui s’appelle Sophie Pécriaux, qui a commencé sa carrière comme hôtesse dans des évènements. Elle a placé d’autres personnes sur d’autres évènements. La dernière fois que j’ai regardé, c’est un groupe qui est autour de 215 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. C’est quelque chose qui est assez impressionnant en étant sur une demi-douzaine de pays à présent.

« Ils avaient besoin d’une vision journalistique dans la rationalisation communicationnelle de leurs réseaux sociaux. Ce qui était extrêmement intéressant parce que cela me permettait de mêler les 2 flux de compétences et d’expériences que j’avais acquis. J’ai beaucoup aimé travailler avec eux. On a fait un très bon travail. »

Vous avez participé au projet « coup de pouce vélo », lancé par la FUB en sortie de crise Covid-19. Quel regard portez-vous sur cette expérience ?

« C’était drôle. J’ai toujours été passionné de vélo. Je fais un peu de triathlon. J’ai fait beaucoup de voyages à vélo. Je fais du vélo de piste. J’ai fait, sans grand succès, un peu de BMX durant mon adolescence. J’ai arrêté au bout de 2 vélos cassés. [Rires]

« Vraiment, comme dans une scène de film qui revient souvent, avec des amis, des proches, qui sont réunis, qui ont bu un ou deux verres et qui se disent qu’il faut monter un bar ou un groupe de rock. Ils m’ont dit : « Regarde ce programme qui se monte et qui est absolument formidable. Tu adores le vélo. On est dans un moment incertain. »

« J’avais une entreprise personnelle de communication depuis 2015-2016. Je trouvais que finalement ma place pour aider les gens dans ce moment incertain était plus à sécuriser leurs vélos qu’en leur faisant un énième site Internet. C’est peut-être très bête. C’était le moment où tout le monde digitalisait. Je me serai peut-être finalement fait beaucoup plus d’argent.

« Je me disait que j’avais de la chance parce qu’il y a pas mal de moment où tout le monde était confiné. J’avais de la chance de pouvoir me déplacer pour des raisons professionnelles, de pouvoir être dehors dans un Paris absolument vidé de tous véhicules et de tous passants. Me dire que j’aidais des médecins, des policiers, des commerçants à aller au travail sans tomber ni engorger encore plus les services hospitaliers et d’urgences. »

M. Pierre Baudis – ©droits réservés

Vous avez été expert médias et réseaux sociaux au ministère de la Justice. Quelle expérience en retenez-vous ?

« Ceci est un grand honneur puisque c’est Éric Dupond-Moretti, lui-même, qui m’a contacté pour faire partie d’un groupe de travail sur la présomption d’innocence piloté par Elisabeth Guigou, ancienne Garde des Sceaux. Il l’a fait pour rappeler son attachement à la présomption d’innocence. Il m’a appelé un samedi. Si ma mémoire ne me fait pas défaut, il avait été nommé un mercredi. C’est-à-dire, 3 jours avant. Si vous ne voulez pas prendre pour argent comptant ce que je vous dis, allez consulter sa première interview, en tant que Garde des Sceaux, au Journal Télévisé de 20 heures le dimanche, le lendemain, où il évoque la conversation que l’on avait eu.

« Je pense qu’à l’époque, il avait ce réflexe du privé, où il se disait qu’il allait pouvoir faire beaucoup et très vite. La réalité de la politique et des politiques publiques ont fait qu’il m’ait appelé une année après. Mais il l’a fait. Il a monté ce groupe de travail avec Elisabeth Guigou, Basile Ader, Youssef Badr, Silvia Zimmermann…Vous trouverez aisément la liste de ce groupe de travail dans le rapport. J’ai été infiniment honoré d’en faire partie.

« J’en était de manière incontestable et incontesté le benjamin. Ce gap générationnel a fait que j’ai pu apporter une forme d’expertise sur la réalité des médias sociaux, la réalité des usages des Internet, heurté à la froideur et à la lenteur des textes de droits qui au final ne font que suivre la société et son cour normal.

« Ce qui était évidemment intéressant parce qu’en l’espace de 6 mois, on a pu parler aux dirigeants de Facebook et des autres réseaux sociaux, comme à des journalistes, à des syndicats de journalistes, à des associations de victimes aussi. Parce que la défense de la présomption d’innocence cela ne veut pas dire la défense de la présomption des coupables ou du déni des victimes.

« On a rencontré des linguistes aussi. Ce qui est intéressant parce que vous savez il y a des slogans comme : « Victime, on vous croit ! » Le problème c’est qu’au niveau du sens, c’est faux. C’est-à-dire que l’on est coupable, quand un juge l’a reconnu. Avant cela, on est innocent. On est victime quand un juge l’a reconnu, la plupart du temps. On peut être « victime » au sens physique et moral du terme. Mais on est reconnu au statut de victime que quand un juge l’a reconnu. C’est-à-dire qu’au final dire : « Victime, on vous croit ! », le problème c’est que c’est un très bon slogan pour certaines associations. La réalité, cela devrait être : « Plaignante, on vous croit ! » ou « Plaignants, on vous croit ! »

« On ne peut pas s’avancer sur les décisions de justice. La présomption d’innocence c’est la seule chose qui nous sépare, dans les sociétés modernes, depuis 2000 ans, de l’échafaud. C’est la pyramide de Maslow.

« D’abord, on a besoin de manger et de boire, d’un toit au-dessus de la tête, d’avoir une vie sociale, une vie professionnelle, une vie amoureuse. Les hommes se sont regroupés en sociétés, en villes. Ils ont fait des murs. Ils ont mis des gens d’armes, au sens étymologique du terme, devant leurs portes et dans leurs rues. Depuis cela, la seule évolution sociale, sociétale et philosophique avec son pack de fonctionnement d’une société, c’est la présomption d’innocence. C’est la seule chose qui nous sépare du bucher.

« On parle toujours des Baudis, des Richard Berry, des Éric Dupond-Moretti. On parle toujours des grands noms qui sont mis en cause. Mais on ne parle pas de Monsieur et Madame Toutlemonde. C’est souvent eux que cela touche le plus. Mon plus grand exemple, c’est le bagagiste d’Orly. Un Monsieur qui avait été set up par sa belle-famille qui avait mis des explosifs dans sa voiture et appeler les services de déminages en disant : « On a vu ce type, il y a des trucs bizarres dans sa voiture. » Pendant 2 semaines, ce Monsieur était présenté comme le fils spirituel de Ben Laden. Du jour au lendemain, c’est retombé comme un soufflet. C’est des personnes dont leurs vies ont été ruinées. Des exemples comme cela, il y en a des dizaines, des centaines…

« Depuis que l’on a rendu ce rapport et que j’en ai parlé à l’antenne de Quotidien, comme à l’antenne de C à Vous, j’ai eu des centaines de retours d’inconnus qui m’ont envoyé des courriers, des e-mails. J’aimerai ne pas avoir à gonfler ce chiffre. Tout ceci en devinant mon adresse mail, souvent sur LinkedIn ou sur Twitter. On pense souvent que c’est soit les histoires de fesses, soit les histoires d’argents, mais il y a des histoires absolument horribles. Cela concerne tout le monde.

« Le problème c’est qu’aujourd’hui tout cela est accompagné par une dérégulation totale des réseaux sociaux. Cela se traduit en fait. C’est-à-dire qu’il y a des dizaines de suicides en France par an et des centaines de suicides par an en Europe sur des cas où il est impossible de ne pas faire la corrélation entre le bafouement de la présomption d’innocence d’une personne et le suicide de cette personne dans les jours, les semaines ou les mois qui suivent, dans une indifférence générale. Au final, donnant raison à ce dont on parlait tout à l’heure. C’est-à-dire : « Au bucher les sorcières ! » Les procès aux doigts levés. Les procès à l’applaudit-mètre. »

Comment vivez-vous votre rôle de responsable contenus numériques chez Trezy ?

« C’est absolument formidable parce que c’est une manière, encore une fois, de mélanger mon expérience de communication et mon expérience journalistique. En prime, de travailler pour une boîte française, montée par un Toulousain. C’était compliqué de faire mieux, sur le papier, comme offre d’emploi pour moi.

« C’est génial parce que d’un côté je suis rédacteur en chef. D’un autre côté je travaille pour une start-up. Je peux complétement m’épanouir dans ma vie professionnelle. C’est aussi, dans un sens, une application qui aide les gens. J’ai été entrepreneur dans 2 entreprises complétement différentes. C’est le genre de programme qui facilite et qui aide à faire tout ce qui fait « chier », excusez-moi le terme trivial, un gérant d’entreprise : leur trésorerie et leur comptabilité. En général, moi le premier, dès qu’on parle de cela, on a les poils qui s’hérissent.

« Aujourd’hui, on a des logiciels comme le notre. En l’occurrence, il a été développé par Pierre Houdyer, qui est un ingénieur au CNRS. Il a été l’artiste du code de cette application. Au final, elle se lie à votre compte en banque. Elle apprend la vie de votre entreprise. Ce que l’on a découvert c’est que la vie d’une entreprise ne change pas beaucoup à travers les années. Il y a évidemment des évènements marquants comme une vague de recrutements ou un investissement. Le day to day ne change pas énormément et au final cela permet de déduire des choses et de donner des conseils extrêmement précis.

« Ce qu’un comptable ne ferait pas parce que vous ne le payer pas assez. Puis, ce que vous ne remarqueriez pas tout seul parce qu’il faudrait passer des journées entières dans les tableaux et là tout est compilé, de manière automatique lié à votre compte en banque. Je trouve que c’est le genre d’outils extrêmement moderne qui aide la profession d’expert-comptable. Nous ne sommes pas là pour remplacer l’expert-comptable, une des plus vielles professions de France. Ceci quand on arrive à mettre du machine learning et de l’intelligence artificielle dans cela. Je trouve cela assez cool. »

Messieurs Eric Dupond-Moretti et Pierre Baudis – ©droits réservés

Quel regard portez-vous sur votre candidature à la députation en juin dernier ?

« Je l’ai vécu, encore une fois, avec beaucoup de fierté. C’est rare vous savez de faire campagne dans des lieux qui ont été construit par vos aïeux ; qui parfois portent leurs noms. Le jardin Pierre Baudis et l’Aéroport Dominique Baudis étaient sur ma circonscription. Évidemment c’était un grand honneur. Comme vous pouvez le supposer, c’était assez imposant au niveau mental et moral.

« Je trouve que c’était une très belle manière, d’une part, de rendre hommage au travail que Pierre et Dominique ont fait dans cette région, dans cette circonscription et dans cette ville. D’autre part, de prendre la roue du travail du Président Emmanuel Macron qui, pour moi, a développé le projet politique le plus cohérent et porté vers l’avenir de la Vème République.

« Pendant la campagne, j’ai essuyé certaines critiques qui disaient : « Baudis, c’était de la politique à Papa. C’est terminé ! C’est à l’ancienne ! »

« C’est peut-être un effet de manche et un peu de rhétorique mais je trouvais cela un peu fort en café comme argument dans une République où 8 partis principaux sur 10, se réclament de l’héritage du Général De Gaulle. [Rires] Je trouvais cela assez délirant comme remarque.

« Vous savez, il y a un constat qui est indéniable c’est que les centres-villes des grandes villes de France se gauchisent. Toulouse est la dernière des 5 grandes villes de France, à droite. Ensuite, c’est Nice, puis Le Havre. Ceci pour indiquer le fossé dans la démographie des villes. Les centres-villes sont de gauche désormais. Ce n’est pas mal, pas grave. Simple constat. Ce qui veut dire que d’un côté il y a une forme de défiance politique. C’est indéniable.

« 2, il y a une forme de clivage qui se marque entre les modes de vies que l’on a en France entre grandes villes, villes moyennes et petites villes.

« 3, le modèle du maire tel que l’on avait jusqu’à présent et au début des années 2000-2010, qui se faisait plus autour de la personnalité et de la force de proposition de quelqu’un, que de son étiquette politique, est en train de disparaitre. On en voit malheureusement déjà les ravages. On le voit à Lyon. On le voit à Bordeaux. On le voit à Nantes. C’est-à-dire toutes ces villes qui ont cru à ce pacte de société, un peu idéaliste, de gauche, dont pour moi Nantes est le plus gros exemple. Nantes, c’était censé être la cité 3.0 du futur au niveau de l’égalité sociale, de la lévalisation des salaires. Une sorte de néo-société de gauche idéal, un peu sur un modèle américain, mais qui répond aussi à des problématiques compliquées.

« J’ai très peur en fait que les centres-villes deviennent très vite ingouvernés et habités par des gens ingouvernables.

« Pour en revenir sur l’élection dans la 1ère circonscription, je ne peux que respecter le suffrage universel. C’est la réalité la plus pleine et basique ; parfois froide, que l’on peut avoir dans notre République. On peut en être déçu. Je ne peux que la respecter. Mon adversaire à mes salutations et mes félicitations les plus républicaines. Il a été un adversaire, je tiens à le dire, plutôt pondéré dans sa joute. Il y a eu des coups qui auraient pu être en-dessous de la ceinture, d’un côté comme de l’autre. Ils sont restés autour de l’abdomen. Je tiens à lui donner cela.

« En revanche, je vois le résultat. C’est-à-dire que j’ai passé 2 mois à expliquer que l’on me fait passer pour un parisien, alors que je suis né et passé 20 ans de ma vie à Toulouse. Ceci pour élire quelqu’un qui est là depuis 1 an et demi et qui n’a jamais mis les pieds à Toulouse, si ce n’est que pour y aller donner des cours. Au final, qui vient d’un milieu social, familiale et professionnel qui va à l’encontre de tout ceux en quoi il se bat !

« Je ne peux pas m’empêcher de voir les pitreries de M. Clouet depuis son élection. Quand on passe 2 mois à dire que notre pauvre société, nos pauvres salariés.

« Quand le gouvernement essaye de faire passer dans l’Hémicycle des textes sur le pouvoir d’achat. Quand la seule chose que M. Clouet trouve à faire c’est de renommer « revalorisation du pouvoir d’achat » par « enfumage du pouvoir d’achat » … S’il vous plait !

« Les centres-villes deviennent de gauche. On vote donc pour une étiquette politique, un courant politique et non plus des personnalités. Exemple typique de Nantes. Un temps plus long veut tout dire. L’exemple sur un temps plus court de M. Clouet.

« C’est-à-dire que l’on peut choisir entre une personne qui vient de Toulouse, qui aime Toulouse, dont la famille aime Toulouse. Avec quelqu’un qui ne respecte pas Toulouse, qui vient d’un parti qui ne respecte pas Toulouse. Je rappel toujours cette femme, que j’ai croisé pendant la campagne, que Jean-Luc Mélenchon avait repris en disant : « Mais qu’est-ce que ça veut dire ?! » Avant de lui dire : « Si quelqu’un avait une question formulée en Français ?! » Vous imaginez le mépris que c’est ?! L’accent toulousain c’est une de nos plus belles fiertés dans l’Occitanie. C’est l’un de nos emblèmes. Cela a d’ailleurs été élu l’accent le plus sexy de France, 3 années de suite ! »

Messieurs Jean-Luc Moudenc et Pierre Baudis – ©droits réservés.

La Mairie de Toulouse vient d’inaugurer une rue Dominique Baudis, lui qui y a été maire pendant 18 ans. Quel message souhaiteriez-vous adresser à votre père ?

« Oui. Mais étant né dans une famille avec un père chrétien mais excommunié, vu qu’il était divorcé, et d’une mère à moitié musulmane à moitié chrétienne. On va dire que ma vision de la spiritualité est très loin des dogmes et des religions de livres.

« Il y a plein de choses qu’on se dit et que je lui dis, quand on a besoin de se parler. Je pense comme toutes les personnes qui ont perdu un proche. Ce que je me permettrai de garder, de manière tout à fait personnelle ou avec les miens.

« En revanche, ce que j’aimerai vous répondre, et dans ce cas-là c’est quelque chose que je pourrai aussi lui dire, c’est : « On reste du côté des vivants ! » Parce que, se tourner vers le passé c’est bien. Je suis très fier de tout cela.

« Rendez-vous compte aussi que lorsque l’on vient au-devant du suffrage universel. Quand on y va de sa personne, de son temps. Lorsque l’on met en pause sa vie professionnelle et personnelle pendant 2 mois. Ce n’est jamais que pour soi. Encore moins pour soi et son petit papa. C’est pour Toulouse. C’est pour sa région. C’est parce que l’on croit à un projet politique. On se dit que l’on pourra se donner pour faire ce qu’il y aura de mieux. »

Quel rapport avez-vous avec les réseaux sociaux ?

« Mon rapport avec les réseaux sociaux c’est celui que chacun devrait entretenir avec l’alcool, la cigarette ou tout autre forme d’addiction et/ou de vice. L’utiliser avec parcimonie et en connaissance de cause.

« Les réseaux sociaux savent tout de vous. Les réseaux sociaux s’alimentent de vous. Quand un produit est gratuit, c’est que c’est vous le produit. Le business de la data a dépassé il y a quelques années le business de l’énergie fossile, pétrolier, qui était le plus gros volume de transactions par année, mondiale, depuis le nouvel ordre mondial après la Seconde Guerre Mondiale.

« On parle souvent des enjeux de demain liés au climat, à l’eau, qui sont réels. L’enjeu lié à vos données, à nos données, c’est ce qui va aussi mettre en forme le monde de demain. Il y a eu des exemples criants avec le Brexit, avec l’élection de Donald Trump. Comme quoi, les réseaux sociaux peuvent influencer le libre-arbitre des personnes, de manière extrêmement puissantes et profondes.

« Ce qui me fascine c’est que certains qui sont montrés du doigt, comme Facebook et Twitter, mais au-delà de cela il y a des problématiques liées à la pédopornographie, d’arnaques, d’abus de confiance sur TikTok dont personne ne parle. Je serais journaliste tech-communication, c’est vraiment quelque chose sur lequel je ferai vraiment de grosses enquêtes. L’influence des réseaux sociaux n’est plus à prouver.

« Le volume de vente de vidéos pédopornographiques, le volume de matériaux, d’objets, ou de services illégaux par le biais de TikTok. On est dans l’œil du cyclone. Toutes les marques y trouvent leurs comptes. Personne ne regarde. C’est extrêmement problématique.

« J’ai fait un parallèle avec la cigarette et avec l’alcool. Peu de personne boirait un whisky à midi mais un verre de vin serait beaucoup plus acceptable. De la même manière, il y a des choses qui se font sur certains réseaux sociaux, qui ne se font pas sur d’autres. On ne parlerait pas de la même manière à son professeur de mathématiques ou une personne avec qui l’on attend un train sur le quai de la gare.

« De la même manière, on ne révèlerait pas les mêmes choses. Il faut traiter les réseaux sociaux à part entière, avec son propre but, son propre message. Tout ceci toujours en gardant en tête le fait que ces informations, au final, sont vendus et seront vendus à un moment ou un autre, quoi que vous fassiez, quoi que vous disiez, même sans rien dire, juste en interagissant. »

***

Merci à M. Baudis pour son écoute et sa bienveillance.

Publié par RomainBGB

Franco-sicilien né en Helvetie. Co-auteur de l'ouvrage "Dans l'ombre des Présidents" paru en mars 2016 aux éditions Fayard.

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