M. Guilhem Carayon

Un jeune Tarnais engagé au service de la France.

Chers Lecteurs,

Le temps estival touchant à sa fin, il convient de reprendre le chemin de nos entretiens-portraits. L’automne apporte donc une nouvelle période d’entretiens que je souhaite vous partager dans le cadre d’une nouvelle série d’échange.

Ils sont souvent les oubliés de notre système et de nos dirigeants, j’ai pensé juste de donner la parole à un jeune dans le cadre de la crise sanitaire que nous connaissons.

Collège de Droit. Notre nouvel interrogé débute ses études de droit sur les bancs de l’Université de la Sorbonne.

UNI. C’est en arrivant à l’Université que l’engagement militant de notre interrogé se fera. C’est au sein du syndicat étudiant de droite que notre interrogé débutera son militantisme.

L’encrage local n’est jamais loin. C’est ainsi que notre interrogé prendra part dans la reconstruction local, au niveau des jeunes, de la fédération des Républicains du Tarn.

Nouv’LR. Véritable outsider au sein du mouvement jeune, notre interrogé sera élu président du mouvement jeune des Républicains en avril dernier.

Jeunesse engagée. Dans la continuité de la reconstruction et de la campagne présidentielle de 2022, notre interrogé porte son projet au service de la France et des Français.

Je vous laisse découvrir le portrait de Monsieur Guilhem Carayon, président des Jeunes Républicains.

M. Guilhem CARAYON, président des Jeunes Républicains – ©droits réservés

Dans le cadre pandémique que nous connaissons, la réalisation de ce portrait a été réalisé, dans les conditions sanitaires requises, au sein du bureau des Jeunes Républicains, le 20 septembre 2021.

 

Bonne lecture !

@romainbgb – 23/09/21 

 

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Biographie Express de M. Guilhem Carayon :

*1999 : naissance à Paris.

*2017 : titulaire du Baccalauréat série Économique et Sociale.

*2017-2020 : Licence de Droit au Collège de Droit de l’Université Sorbonne-Paris I.

*2018 : responsable UNI à l’Université de la Sorbonne – Paris I.

*2020-2021 : Master 1 de Droit des Affaires à l’Université Sorbonne-Paris I.

*2020 : responsable des Jeunes Républicains du Tarn.

*avril 2021 : élu président des Jeunes Républicains au sein du parti Les Républicains.

*2021-2022 : Master 2 de Droit bancaire et financier à l’Université Sorbonne-Paris I.

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A quoi rêvait le petit Guilhem lorsqu’il était enfant ?

« Je rêvais d’être un grand sportif. [Rires] Je rêvais d’être tennisman ou footballer. J’adorais ces deux sports. J’en faisais beaucoup. Puis, j’ai commencé à rêver d’autres choses à partir de l’âge où j’ai compris que je ne serais ni tennisman, ni footballer ; parce que je n’avais pas le talent, ni le niveau.

« Ensuite, j’ai rêvé de servir mon pays, tout simplement. Cela passait par plein de métiers, qui étaient autant de possibilité. J’aurais pu devenir militaire, policier… n’importe ! Je voulais servir mon pays. Le déclic c’est fait plutôt au Lycée, où je me suis intéressé de plus en plus aux idées politiques, aux débats publics.

« Je me suis engagé véritablement quand je suis arrivé à la Sorbonne. L’Université était bloquée par des minorités très agissantes. Ceci parce que c’était un petit groupe d’une cinquantaine d’étudiants qui arrivaient à bloquer 45’000 autres en leurs empêchant d’aller à l’Université. Je trouvais cela absolument injuste.

« Ce qui a fait que je me sois engagé à l’UNI, où je suis devenu le responsable pour l’Université de la Sorbonne. Ce qui a entrainé ensuite mon engagement local aux Jeunes Républicains chez moi dans le Tarn. C’était le parti qui correspondait le plus à mes idées. Ceci avant d’être élu au poste de président jeune du mouvement national, que j’occupe aujourd’hui, en avril dernier.

« Aujourd’hui, c’est encore un peu différent. Je veux être avocat, pour servir mon pays d’une autre manière en faisant de la politique et en étant élu, en représentant les Français.

« On parlait énormément politique au sein de ma famille. Ce qui me fait souvent sourire car je vois des jeunes de mon âge qui ne savent pas ce que leurs parents font comme métiers. Chez moi, on vivait la politique au travers de mes parents et plus particulièrement de mon père. Il est vrai qu’il est un politique assez particulier parce qu’il est élu de droite dans une ville très à gauche. D’ailleurs maintenant élu au premier tour, avec un score très important. C’est un élu enraciné qui aime son pays ; qui aime les gens. C’est principalement cela qu’il m’a servi. Le goût de servir les gens et de servir son pays. »

Quelle expérience vos études ont apportées dans votre parcours militant ?

« Les études m’ont principalement appris la rigueur, le fait de bucher, de travailler beaucoup parce que les études de droits sont assez particulières. Cela m’a appris à travailler. J’aurais pu faire une Prépa, avec un travail très intensif au début, puis après arriver en École et travailler de moins en moins. Les études de Droit, c’est un peu l’inverse.

« On arrive à l’Université, dans un milieu où l’on est un peu perdu parce que l’on connait très peu de monde, plongé dans un milieu que l’on ne connait pas. On se met à travailler de plus en plus parce qu’il y a la sélection qui arrive en Master 1, Master 2. C’est à ce moment-là que l’on travaille le plus. »

Comment s’est créé votre parcours militant ?

« J’avais ma carte aux Républicains. Je l’ai prise à 16 ans. Comme je vous le disais tout à l’heure, Les Républicains, le parti de droite en France, c’est celui qui est le plus proche de mes idées. Mais je tiens à dire que je n’étais pas engagé à cet époque-là. Je n’étais pas militant. J’étais un simple adhérant. J’ai franchi le Rubicon à 18 ans, lorsque je suis arrivé à l’Université. C’est là où c’est produit le déclic. »

Quel regard portez-vous sur le changement politique que la France a connu depuis l’élection à la Présidence de la République d’Emmanuel Macron en 2017 ?

« Je n’ai jamais vraiment cru au « nouveau monde » que vendait Emmanuel Macron. J’avais l’impression de voir des élus de droite, comme des élus de gauche, qui avaient rejoint sa majorité parlementaire parce qu’ils avaient l’ambition d’être élus. Ils étaient un peu les seconds couteaux de la gauche, comme de la droite.

« Édouard Philippe aujourd’hui est glorifié mais il n’aurait même pas dû être le Premier ministre d’Alain Juppé. Ce n’était pas forcément son plus proche collaborateur. Comme les élus de gauche qui ont rejoint Emmanuel Macron, les seconds couteaux comme Christophe Castaner… finalement, tous autour de ce mythe du « nouveau monde », autour de ce fameux : « Soyez fiers d’être des amateurs ! », prononcé par Emmanuel Macron, lui-même. Je n’ai jamais trouvé cela très rassurant.

« Pour ma part, en politique, on a besoin de gens qui savent comment l’on vote les lois qui servent notre pays. Il faut que ce soit des professionnels, pas dans le sens péjoratif du terme. Non pas que ce soit des vieux barons de la politique, qui pensent plus à leurs réélections qu’à servir les gens. Mais des professionnels de la politique comme par exemple dans la santé on a besoin d’avoir quelqu’un qui est au niveau pour nous soigner, pour nous défendre. Si on me dit que c’est un étudiant en médecine qui va me soigner plutôt qu’un médecin qui a de l’expérience, je ne suis pas rassuré. En politique, c’est un peu la même chose.

« Je n’y ai pas cru. On a vu très tôt qu’Emmanuel Macron était dans une logique communautariste, qui pour moi est un des maux principaux de notre pays. Le fait que l’on ait plus l’universalisme qui caractérise notre pays, notre modèle républicain.

« Lorsqu’Emmanuel Macron, en meeting en 2017, voit des Algériens, des Tunisiens, des Comoriens, au lieu d’y voir des Français… J’ai un peu mal pour ces gens-là, non seulement parce qu’ils ne sont pas respectés à ce moment-là. J’ai mal pour l’idée que ce fait Emmanuel Macron de la France quand il dit qu’il n’y a pas de culture française. Lorsqu’il dit qu’il faut déconstruire l’Histoire de France. Lorsqu’il parle des gens qui ne sont rien, des illettrés de Gad…

« On voit qu’il ne connait pas l’Histoire française, la culture française. Il a beau être énarque, avoir fait des études brillantes. Connaître la France, connaître les Français, ce n’est pas forcément quelque chose que l’on apprend pendant ses études. Cela s’apprend à travers des lectures. Cela s’apprend à travers des valeurs, des convictions que l’on s’est forgé par notre famille, par nos rencontres, par la vie. Cela Emmanuel Macron ne l’a pas.

« Pour ma part, un président de la République n’a pas à être dans une logique communautaire, n’a pas à être dans une logique de déconstruction de l’Histoire de France, mais doit rassembler tous les Français autour d’un passé. Il doit nous enrichir pour notre futur, pour notre façon de vivre en commun. »

En 2018, vous devenez responsable pour l’UNI au sein de l’Université Sorbonne-Paris I. Comment avez-vous vécu cette expérience ?

« L’UNI, c’est l’école du militantisme. C’est une organisation étudiante dans laquelle on apprend à se battre pour nos idées dans des conditions hostiles, surtout lorsque l’on est étudiant à la Sorbonne. Une Université qui est très marquée par une emprise gauchiste aussi bien par les professeurs que par les associations qui sont omniprésentes dans la vie des étudiants.

« Je me souviens de Mohamed Sifaoui qui devait animer un séminaire sur la prévention à la radicalisation islamiste en 2019. Ceci a été annulé par l’Université sous la pression des associations d’extrême-gauche qui estimaient que l’intervention de Mohamed Sifaoui était une propagande raciste ; qu’il incitait à l’islamophobie… Un terme qui n’a d’ailleurs aucune existence juridique ! Le fait de ne pas avoir une liberté de parole à l’Université de la Sorbonne, qui est quand même historiquement parlant le temple de la liberté de parole en France, pour moi cela montrait qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas dans l’enseignement supérieur français.

« Mon expérience à l’UNI m’a permis de savoir me défendre dans un univers qui n’est pas simple. De ce point de vue-là, c’était enrichissant.

« Coller des affiches, distribuer des tracts, ce sont les vocations principales du militant. C’est ce qui forge l’esprit de camaraderie qui peut exister dans un groupe militant. Cela donne des valeurs fortes pour commencer un engagement militant. Quand on a fait cela après on peut tout faire [Rires]. »

En 2020, vous devenez le responsable départemental jeunes républicains du Tarn. Quel souvenir en gardez-vous ?

« Je souhaitais en fait refonder la section jeunes des Républicains dans le Tarn qui était en très faible état. Il n’y avait plus d’adhérent. Il n’y avait plus aucune action qui y était mené.

« Mon but c’était de faire en sorte qu’il y ait de nouveau une section dynamique, avec des jeunes qui se rencontrent et qui peuvent aller militer ensemble. Puis aussi faire en sorte qu’il y ait de plus en plus de jeunes qui s’engagent et qui soient élus.

« Il y avait les élections régionales et départementales qui étaient les grosses échéances après ma nomination en tant que RDJ. Je voulais que les jeunes soient présents sur les listes en étant candidats aux élections. Aux régionales, on a eu la chance d’avoir une liste Les Républicains avec 50% de jeunes de moins de 35 ans. Ce qui était la proportion la plus grande au niveau national. C’était gratifiant de voir que lorsque les jeunes se bougent, même dans un département petit, où il n’y a pas forcément beaucoup d’élus régionaux, surtout quand on est de droite, ils sont sur les listes. Ceci pas seulement en dernière position, pour combler les trous de la liste. Surtout quand en Occitanie, nous n’avons pas fait un score terrible. »

En avril 2021, vous êtes élu président des Jeunes Républicains. Comment avez-vous vécu ce moment ?

« C’était le résultat de tous les efforts qui étaient réalisés depuis des mois. Je n’étais pas du tout vu comme le futur vainqueur de cette élection, clairement l’outsider. On ne parlait même pas de moi lorsque l’on parlait des différentes candidatures. On a vraiment fait un travail de fond pour aller reconstruire toutes les fédérations départementales qui étaient à l’abandon.

« Il y a encore un an, en septembre 2020, il y a un article du JDD qui dit qu’il n’y avait que 500 jeunes républicains. Neuf mois plus tard, on avait 1’500 jeunes républicains. On avait entamé une reconstruction qui restait tout de même assez restreinte. Aujourd’hui nous sommes 10’500 jeunes républicains.

« Il y a eu un bond exponentiel d’adhésions, fruit évidemment de l’approche de l’élection présidentielle de 2022 avec des jeunes qui sont beaucoup plus intéresser par la politique et par les partis. Mais aussi le fruit d’une nouvelle dynamique chez les jeunes. Le week-end de rentrée des Républicains, au Parc Floral de Paris, étaient organisé par les Jeunes Républicains. Il y avait entre 1’500 et 1’700 jeunes.

« C’était vraiment le fruit des efforts récompensés pour une bande de copains de droite qui ont cru à ce projet-là. Qui ont crû qu’ils pourraient déstabiliser ceux qui sont là, qui sont élus d’années en années et qui finalement ne travaillent pas forcément à la reconstruction, à l’émergence de nos idées dans le débat public, qui se reposaient un peu sur leurs lauriers.

« On a voulu montrer qu’ils y avaient des jeunes qui avaient envie de gagner une élection présidentielle avec nos idées. Pour cela il faut avoir un mouvement qui est structuré, qui est dynamique. Il faut s’en donner la possibilité. Pour cela il faut travailler, reconstruire toutes les fédérations. C’est ce que l’on est en train de faire. C’est pour cela que c’était le résultat de tous nos efforts. »

Comment appréhendez-vous votre expérience de président des Jeunes Républicains ?

« Le but c’est de montrer que la jeunesse de droite est bien présente. La jeunesse de droite est de retour parce qu’elle n’était plus là depuis des années. Notamment lorsque l’on regarde les intentions de votes chez les 18-24 mais aussi chez les 25-35 ans, la droite est entre 0 et 3%. Il ne faut évidemment pas s’y résoudre.

« La droite a des choses à dire aux jeunes que ce soit sur les valeurs du travail, de reconnaissance du mérite, de lutte contre l’assistanat. Également sur les questions écologiques où l’on porte un message qui est beaucoup plus positif, pragmatique et enraciné que le parti qui se revendique vraiment écologique en France.

« Celui même qui vient de voir apparaitre Sandrine Rousseau au 2nd tour de la primaire écologiste. Celle qui représente l’expression du Woke en France avec cette idéologie qui ne parle qu’à une caste de Bobos parisiens qui ne connaissent absolument pas les Français. On parlait d’Emmanuel Macron qui ne connaissait pas les Français tout à l’heure, Sandrine Rousseau c’est le stade d’encore à près. Des personnes fascinées par des thèses, qui ne parlent qu’à des universitaires gauchistes qui ne connaissent absolument rien à la France.

« Je pense que la droite doit parler à ces jeunes aussi sur les questions de l’autorité de l’État, de libération économique. Les jeunes sont aussi les premières victimes d’impôts qui sont vraiment importants, de qualités de services publics qui sont sans cesse dégrader. Face à une forme de déclin français, il faut montrer aux jeunes, comme aux moins jeunes, qu’il n’y a pas de fatalité. On est capable de porter un message d’espérance, d’espoir à cette nouvelle génération avec des solutions concrètes pour répondre à ce phénomène de déclassement.

« Déclassement éducatif. On le voit avec la France qui perd chaque année des places au classement PISA. Le classement TIMSS a montré il y a quelques mois que les élèves français étaient les plus mauvais d’Europe en mathématiques.

« Le système éducatif français aujourd’hui ne fonctionne pas du tout et ce n’est pas au travers de mesurettes que l’on va le résoudre. Emmanuel Macron va dans le bon sens lorsqu’il dédouble les classes de CP dans les ZEP mais ce n’est pas assez. Il faut un changement de paradigme totale parce qu’aujourd’hui les jeunes élèves lorsqu’ils arrivent en classe de 6ème, ils ne savent pas lire correctement. Ils ne savent pas compter. Ils ne savent pas écrire. Il y a un travail de reconstruction total où il faut changer de paradigme. Il faut remettre la logique de transmission des connaissances.

« Aujourd’hui on laisse les élèves se développer, s’émanciper individuellement. Il y a cette culture de l’éveil qui, à mon sens, est hyper néfaste. L’enjeu de l’éducation c’est d’abord de transmettre des connaissances, transmettre des bases solides, pour qu’ensuite l’élève soit capable de se développer personnellement. Si l’on ne transmet pas la base ensuite il n’y a pas de complémentarité qui se développe. »

M. Guilhem CARAYON, président des Jeunes Républicains – ©droits réservés

Comment appréhendez-vous l’année présidentielle qui s’annonce ?

« J’attends patiemment que l’on arrive à se trouver un candidat qui soit un capitaine, un chef d’équipe, qui soit capable de créer un engouement autour de sa candidature. Pour cela il faut en seule. S’il y a deux candidatures, la droite n’est pas au second tour. Ce qui signifierait que la droite laisse Emmanuel Macron cinq ans de plus à la tête du pays. Lui qui a fracturé le pays et qui va continuer à le faire.

« C’est pour cela qu’il faut porter un message. C’est ce que je porte en tant que président des jeunes républicains. C’est le message que j’ai porté lors de la rentrée politique : l’unité, le rassemblement. Je pense que la seconde candidature aurait sur la conscience le fait d’avoir tué la droite et d’avoir finalement prolonger le déclin du pays. Il faut faire preuve d’une intelligence collective et faire confiance à la responsabilité de chacun. Je pense que tous les futurs candidats de la droite à la présidentielle ont compris l’importance d’être rassemblé parce qu’ils partagent au final 99% d’idées communes.

« Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Michel Barnier font tous les trois, pour l’instant, campagne sur quelques thèmes qui sont très similaires. La question de la restauration de l’autorité de l’État. La question d’une République des Territoires avec une décentralisation plus importante. La question d’une libération économique du pays. La question de la société du travail, du mérite ; lutter contre l’assistanat.

« Lutter contre l’insécurité qui s’est propagé dans tous les territoires, pas seulement dans les grandes villes qui aujourd’hui pourrit la vie des Français dans tous l’Hexagone.

« La question de justice aujourd’hui, où l’on a une justice qui est ultra-défaillant ; qui est lente, qui est paralysée, qui ne parvient plus à dissuader les délinquants et les criminels.

« La question de l’immigration où aujourd’hui on a une immigration qui est incontrôlé et incontrôlable. 276’000 entrées légales en 2019, avec une année blanche en 2020 dans le contexte de la crise sanitaire. On a une immigration aujourd’hui qui a nourri le communautarisme. Lorsqu’il y a du communautarisme, il y a des violences dans la société. Il y a des fractures.

« Il ne faut pas avoir peur de dire que l’immigration, aujourd’hui, elle a un lien avec la délinquance, avec la criminalité. C’est un message que la droite porte depuis quelques années mais qu’elle ne portait pas historiquement. Aussi parce que l’immigration a changé de nature. L’immigration a même un lien avec le terrorisme. Il n’y a qu’à voir les derniers attentats où l’on voit des Français, comme des étrangers, qui ont commis des attentats mais qui sont toujours, même les Français, issues de l’immigration.

« Il y a ce discours culpabilisateur de certaines élites françaises, comme de la part du président de la République, qui le dit lui-même, que la France aurait commis un crime contre l’Humanité en Algérie. Ce discours de culpabilisation il a engendré la méfiance de certains étrangers et de leurs fils, qui sont arrivés dans notre pays et qui considère que la France a été et est raciste ; que la France ne les considèrerait pas.

« Pour moi la question ce n’est pas la couleur de peau. La question c’est de savoir s’il on arrive à faire une histoire commune. S’il on arrive à faire Nation. Est-ce que l’on arrive à s’approprier un passé commun même lorsque l’on n’est pas forcément né en France. Est-ce que l’on considère que l’Histoire des Rois de France, de la liberté d’opinion, l’Histoire de tous les intellectuels français qui ont fait la France, que c’est la notre ? Ou est-ce qu’on la rejette parce que l’on considère que cette Histoire-là est raciste ? C’est cela aussi pour moi être Français ! Cela n’apporte rien d’autre mis à part de nourrir les fractions au sein de la société française. »

Une préférence pour un(e) candit(e) dans la primaire de droite qui s’annonce ?

« Si je me positionnais pour un candidat au sein de la primaire j’aurais l’impression de trahir la confiance de ceux qui ont voté pour moi. Pour l’instant c’est la neutralité qui s’impose.

« J’ai des contacts plus ou moins étroits avec les différents candidats. Je leurs fournis des propositions. Je leurs fournis des idées. Ceci pour faire en sorte que leurs programmes pour l’élection présidentielle se rapprochent le plus de la ligne des jeunes républicains qui ont gagné lors des dernières élections internes. Honnêtement ils sont tous à l’écoute de nos propositions. Il y en a un avec lequel j’ai un peu moins de contact.

« Tous ceux qui sont candidat à la primaire ont pris contact avec moi. Ce qui est bien parce que cela prouve qu’ils ont de la considération pour les jeunes militants qui donnent beaucoup de leurs temps, de manière bénévole ; qui ne gagnent pas d’argent avec la politique. Ils sont juste là pour défendre leurs idées. Ils ont aussi envie que leurs propositions soient écoutées parce que sur les thèmes qui concernent les jeunes, ce sont eux qui sont les plus à même de fournir des propositions. Sur les questions d’emplois des jeunes. Sur les questions de précarité étudiante. Sur les questions d’écologie où les jeunes ont peut-être une sensibilité parfois plus forte que leurs aînés.

« Sur toutes ces questions-là, je considère que c’est aux jeunes républicains d’élaborer des propositions qui doivent s’imposer dans le programme de notre candidat pour la présidentielle. Je considère qu’il faut gagner cette élection présidentielle, par-dessus tout. »

Être jeune et de droite : mission impossible dans la France de 2021 ?

« Pour moi c’est croire encore en la France, quand la France décline dans tous les domaines. Il faut qu’il y ait une jeunesse qui s’engage et qui croit en la restauration d’une France forte. Je pense que la France a été capable de se redresser dans les pires moments de son Histoire parce qu’il y avait cette âme résistante française qui a réussi, alors même qu’il était au bord du gouffre, à maintenir le pays en vie.

« Aujourd’hui il faut que la jeunesse française soit la nouvelle Résistance de notre pays. Pour cela il faut d’abord faire le diagnostic de tous les maux qui paralysent le pays. Les questions d’éducation, on en a parlé tout à l’heure. Les questions d’insécurité. Plus largement les questions régaliennes. Les questions économiques et industrielles. L’industrie de notre pays s’est effondrée depuis un certain nombre d’années.

« On vit dans une société qui est de plus en plus individualiste, dans laquelle les jeunes passent plus de temps sur leurs téléphones et sur Netflix, plutôt qu’à se parler, à échanger et à discuter, à lire… Plus aucun jeune ne lit aujourd’hui. Les jeunes qui lisent, ils le font sur leurs smartphones. Il n’y a plus la culture du papier. Il n’y a plus cette culture-là qui, pour moi, est fondamentale. On apprend à se développer par une culture forte. La culture c’est ce qui permet à chacun, peu importe son milieu social d’origine, peu importe la famille dans laquelle la personne est né, de se développer, de grandir et d’avoir la perspective de vivre mieux que ses parents. C’est cela la promesse de la République en France qui devrait être la possibilité de pouvoir vivre mieux que ses parents.

« Aujourd’hui cela ne fonctionne pas. Il y a une formule qui dit que : « l’ascenseur social est bloqué. » Oui, cela est vrai. Il est bloqué parce que l’on n’essaye même pas de le débloquer. Le système éducatif est à bout de souffle. On ne fait rien pour le faire changer, pour le faire évoluer. Il faut tout rebâtir. Il faut repartir de la base, s’il on veut donner la possibilité à la jeunesse de vivre ses rêves. La faillite de l’Éducation nationale en France ce sont des destins qui sont brisés. Ce sont des carrières qui sont gâchées. Ce sont des rêves qui sont brisés également. Ceci est de la responsabilité du politique, de la classe politique, de prendre ce sujet à bras le corps pour faire en sorte que notre génération ne soit pas la génération sacrifiée. »

J’imagine que le président des Jeunes Républicains a une terre d’élection en vue. Un projet électoral qui s’annonce ?

« Pour l’instant, honnêtement, je n’y pense pas encore. Ma priorité est très claire : c’est que la droite gagne l’élection présidentielle. Pour cela, il faut qu’il y ait un mouvement de jeunes qui soit derrière notre candidat et qui soit investi à 100% dans sa mission. La question de moi, ma carrière personnelle, elle passe après.

« Maintenant, j’ai des idées. J’ai envie de les porter dans le débat public. Pour cela, il faut que l’on gagne la présidentielle pour avoir la possibilité de faire changer les choses. Si ensuite, il y a la possibilité d’accompagner ce mouvement, en étant élu au Parlement. J’en serais infiniment honoré parce que pour moi le Parlement aujourd’hui est complétement déconsidéré.

« Les parlementaires qui m’ont donné envie de faire de la politique c’est Gambetta. C’est Ferry. C’est Jaurès. C’était tout de même d’autres figures que celles que l’on a aujourd’hui. Lorsque l’on a lu, que l’on connait l’Histoire de France : on a une haute estime du Parlement. C’est un lieu qui ne fait plus rêver. On se dit que les parlementaires ne sont pas au niveau. Je ne peux pas m’y résoudre. »

Vous vous imaginez où dans 10 ans ? La politique, un métier ?

« Je n’ai pas envie d’être un rentier de la politique. Je n’ai pas envie de vivre de cela.

« Je n’ai aucun plan. Il y a beaucoup de jeunes qui s’engagent en politique et qui ont déjà des plans tracés sur 10 ans, sur 20 ans, sur 30 ans. Ce n’est pas trop ma façon de réfléchir. Je ne sais pas trop ce que je ferais dans 10 ans.

« J’ai toujours envie de servir mon pays. Servir les Français, surtout. C’est une question qui peut se poser : « Est-ce que vous préférez la France ou les Français ? » Je me la suis posée assez récemment. Je n’ai pas encore de réponse. J’aime l’idée que je me fais de la France. J’aime son histoire. J’aime sa culture. En même temps, aujourd’hui, voir au temps de pauvres en France. Voir l’insécurité culturelle qui est vécu par les Français. Cela me ferait penser que c’est plutôt les Français que je préfère plutôt que la France. Je n’ai pas encore de réponse à cette question.

« Ce que je souhaite dans 10 ans c’est de m’engager pour mon pays, que ce soit par la voie politique ou par une autre voie. En tous les cas d’essayer d’améliorer le quotidien des gens. Le métier d’avocat permet d’aider les gens. Comme je vous disais lorsque j’étais plus petit, je pensais à être militaire. Le métier de militaire permet aussi d’aider les gens. Maintenir la paix civile dans son pays c’est aussi une manière très noble de défendre les Français et de défendre la France. Justement c’est peut-être même le métier de militaire qui permet de défendre les deux : la France et les Français. »

Quel regard portez-vous sur la pandémie mondiale qui nous touche ?

« C’est une pandémie qui nous invite à reconstruire notre rapport aux gens. J’ai été très choqué de voir que les jeunes ont été les victimes oubliées de la crise. On n’a pas calculé la détresse dans laquelle ont été placé des millions de jeunes à travers notre pays.

« Il y a eu un jeune sur cinq qui a eu des pensées suicidaires pendant cette crise. Il y a eu un jeune sur six qui a perdu son job étudiant. Il y a eu des catastrophes au niveau de la jeunesse qui n’ont pas été considérées par les pouvoirs publics ; qui n’ont pas été considérées par la classe politique, qui souvent a tout quantifier, a tout regarder en chiffre. Alors que souvent il y a des situations où les jeunes ne sont pas décédés car ils sont moins touchés par la crise sanitaire.

« Il reste des jeunes où la carrière a été brisé, encore une fois. Des jeunes qui n’ont plus les mêmes rêves qu’ils avaient il y a un an et demi. Des jeunes qui ont été privé de tout lien social parce qu’il habite dans un logement CROUS de 9 mètres carrés et qu’ils n’avaient même pas la possibilité de descendre pour aller acheter du pain. Ou alors une fois dans la journée parce qu’il y avait un confinement. Ou qui n’ont pas pu retourner dans leurs familles et/ou voir leurs amis… Cela a mis la jeunesse dans une très grande détresse, souvent incomprise par une très grande partie de la population. Nos ainés pensaient que les jeunes faisaient uniquement la fête et étaient tous comme ceux que l’on voyait le soir dans les journaux télévisés, qui faisaient des rave party. Non. Cela concerne peut-être que quelques milliers de jeunes.

« Personnellement je fais très attention à ma famille. Ma grand-mère est décédée au début de la crise sanitaire. Rien à voir avec la COVID-19, mais cela met tout de même une sorte de paranoïa, avec la peur de contaminé mon grand-père. C’est le seul qui me reste et je n’avais nullement l’intention de le voir partir. Il faut faire très attention à lui.

« Comment je l’ai vécu sinon ? Des études à distance. Ce qui donne des études qui ont moins de saveurs. Lorsque l’on arrive à l’Université, à 18 ans, on rêve de rencontrer des gens, de vivre la vie étudiante que l’on a vu dans les films. Évidemment, lorsque l’on est à distance, l’on n’a pas la même vie d’étudiant. Une vie qui fait moins rêver.

« J’en ai profité pour beaucoup lire, pour regarder des vieux films. Je n’avais jamais regardé des films avec Belmondo ou de grands réalisateurs comme François Truffaut. J’en ai profité pour cela. J’en ai profité pour faire du sport que j’avais mis de côté depuis quelques années, faute de temps. Cela m’a fait plaisir de m’y remettre.

« J’en ai profité pour voir ma famille. J’ai eu la chance de pouvoir revenir chez mes parents à ce moment-là. C’était agréable d’avoir des moments d’intimités avec eux, que l’on n’avait plus vécu depuis longtemps. Quand on est jeune, on a tendance à vouloir s’écarter de sa famille en ayant de moins en moins de rapports avec eux. Cela me faisait plaisir pendant ces quelques mois de revivre avec eux. J’ai eu également un de mes frères qui est revenu en famille à ce moment-là. Je suis le plus jeune, mes frères et sœurs ont 15 ans de plus que moi. Cela m’a fait du bien de vivre cette période-là autour d’eux. »

Quel est votre rapport avec les réseaux sociaux ?

« Je suis effaré que la politique se fasse uniquement à travers les réseaux sociaux.

« Sans le lier à la politique, je pense que les réseaux sociaux prennent trop de place dans nos vies. Évidemment, c’est un progrès technologique de pouvoir converser avec des gens qui sont à des milliers de kilomètres de chez nous. Évidemment, c’est un progrès technologique de pouvoir retrouver ses copains quand on est à des kilomètres d’eux et que l’on va pouvoir les trouver, les appeler pour savoir où ils sont. C’est évident que ce sont des progrès de la science.

« Cela dit ils sont en train de prendre plus de place dans nos vies. Je ne parle même pas de la question des données personnelles, qui est un autre sujet mais simplement de notre rapport aux gens. Il y a beaucoup de gens, notamment des jeunes, qui ont une existence par les réseaux sociaux mais qui au-delà vont être complétement différents. Ils vont avoir deux facettes d’eux-mêmes. Pour être équilibré un jeune a besoin d’une vie normale puis ensuite d’une vie sur les réseaux sociaux qui peut l’accompagner, lui simplifier la vie quand il le faut, lui permettre de garder le contact avec des personnes qu’il n’a pas vu depuis longtemps. Cela ne doit pas être l’Alpha et l’Oméga de nos relations personnelles, de nos relations humaines.

« Quand on a une vie uniquement numérique, on oublie quelques fois ce qu’est la vie. Si demain les réseaux sociaux n’existaient plus, il y a des gens qui pourraient être détruit. Pourtant c’est un risque d’avoir une société qui bascule complètement.

« C’est pour cela qu’il faut savoir vivre sans. Cela peut être utile pendant une semaine, pendant les vacances, partir en randonnée, marcher, en oubliant nos téléphones. Cela purifie un peu les esprits. C’est malin. Il y a une forme de paresse intellectuelle qui nait. En faisant un tour sur les réseaux sociaux, on a l’impression de faire un tour du monde de l’actualité. J’ai l’impression que je connais l’actualité, alors que ce n’est pas le cas. C’est tout de même mieux de lire directement les journaux pour enrichir ses connaissances sur l’actualité.

« Les réseaux sociaux me servent à dire ce que je fais. En ce moment, le gros de mon activité, c’est de faire le tour des fédérations départementales. Je vais dans tous les départements de France pour afficher le message qui est porté par le Mouvement ; pour dire le message qui est porté par la jeunesse de droite. Les réseaux sociaux me permettent, dans ce cas-là, de dire que j’étais hier à Chalon-sur-Saône pour écouter Gilles Platret, pour parler de tel thème auprès des adhérents. Cela ne me sert pas beaucoup plus. Je ne suis pas trop un geek. [Rires] Je me sers très mal de tous les nouveaux réseaux. Je n’ai pas de compte Twtich. Je n’ai pas de compte sur TikTok. Je n’ai que la base. Je suis sur Facebook, alors qu’il paraitrait que les jeunes y seraient de moins en moins. »

***

Merci à M. CARAYON pour son écoute et sa participation à ce projet.

Publié par RomainBGB

Franco-sicilien né en Helvetie. Co-auteur de l'ouvrage "Dans l'ombre des Présidents" paru en mars 2016 aux éditions Fayard.

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