#senatoriales

On aura fini par le savoir ! Hier soir était donc le grand soir de la gauche française ! Au cas où vous étiez sur une autre planète ces dernières vingt quatre heures, je vous en informe. Les élections sénatoriales avec le renouvellement par moitié, dû à la réforme constitutionnelle, ont vu un changement de poids au Palais du Luxembourg.

Ce dimanche 25 septembre, 71 890 grands électeurs étaient appelés à élire 170 sénateurs. Les nouveaux sénateurs représenteront les départements dont le numéro va de l’Indre-et-Loire (37) aux Pyrénées-Orientales (66), ainsi que ceux d’Ile-de-France. Ce qui représente déjà 150 sièges, auxquels s’ajoutent la Guadeloupe, la Martinique, La Réunion, la Nouvelle-Calédonie, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon (11 sièges) et les Français de l’étranger (6 sièges).

A cette occasion, leur nombre passera de 343 à 348 afin de tenir compte des évolutions démographiques. Parmi les 170 sièges à pourvoir, 112 sénateurs sont élus à la représentation proportionnelle à la plus forte moyenne et 58 au scrutin majoritaire à deux tours.

L’enjeux de taille de ce scrutin résidait dans le fait que c’est la dernière grande échéance électorale en France, avant l’élection présidentielle de mai prochain ; mais pas seulement ! En effet, l’enjeux prend une autre tournure avec la représentation et la couleur politique du Sénat. Jusque là, et par tradition, la couleur politique de la Haute Assemblée avait toujours plutôt tendance à tirer vers le bleue, et la droite étant majoritaire à chaque fois lors des derniers scrutins.

Mais à cela je souhaiterai ajouter un bémol, et je me permets donc de renvoyer à leurs manuels d’histoire les prétendus spécialistes politiques qui prétendent que c’est la première fois que le Sénat est à gauche. Car comme le rappel justement, Laurent de Boissieu (@ldeboissieu) sur son blog ( http://www.ipolitique.fr ) de 1959 à 1968 le président du Sénat était déjà à gauche !

[…] «  Il s’agit de Gaston Monnerville, membre du Parti Républicain Radical et Radical-Socialiste (PRRRS). Ce parti a ensuite dérivé au centre puis à droite (d’où la scission des radicaux de gauche), mais il était sans conteste à gauche dans les années soixante, comme le prouve sa participation à la Fédération de la Gauche Démocrate et Socialiste (FGDS).

Pour autant, le Sénat n’est alors pas à droite, puisque jusqu’en 1974 il existe un centre d’opposition. Lorsque Alain Poher est élu président du Sénat, en 1968, il appartient ainsi à ce centre d’opposition (le Centre Démocrate) et non pas à la majorité gaulliste; Alain Poher sera d’ailleurs l’adversaire de Georges Pompidou au second tour de l’élection présidentielle de 1969. » […]

La majorité absolue au Sénat est de 175 sièges, et le groupe socialiste auprès de la Haute Assemblée a selon les derniers décomptes obtenus 177 sièges. Ce qui donc de fait place désormais le Palais du Luxembourg dans l’opposition, tout comme ce fut le cas déjà du temps du Général de Gaulle et de François Mitterrand à leur époque. Maintenant reste à savoir qui obtiendra « le plateau » du Sénat et sera le successeur de Gérard Larcher, rue de Vaugirard ? Peut être Gérard Larcher lui-même ?

En effet la présidence du Sénat et celle de l’Assemblée Nationale ne se ressemble pas. Je veux dire par là que par exemple à l’Assemblée Nationale, le groupe majoritaire a la présidence de l’Assemblée. En ce qui concerne le Sénat, ce n’est pas forcément le cas. L’on sait que le groupe socialiste est favori au Sénat avec la candidature de Jean Pierre Bel (Président du groupe PS au Sénat) et de Catherine Tasca (sénatrice PS). Mais face à eux, le président du Sénat sortant, Gérard Larcher (UMP) a décidé de maintenir sa candidature.

Une particularité de plus s’ajoute : les ministres élus au Sénat, s’ils veulent participer au scrutin, doivent avant tout démissionner du Gouvernement. En l’occurence c’est le cas pour Chantal Jouanno (Ministre des Sports) et Gérard Larcher (Ministre de la Défense).

Le scrutin pour la désignation du Président de la Haute Assemblée aura lieu le 1er octobre. L’on verra donc ce jour là si la vague rose est décidément bien présente rue de Vaugirard ou si ce fut un simple rappel à l’ordre pour la majorité présidentielle et le Gouvernement.

@romainbgb – 26/09/2011

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