M. Thomas Mesnier

Une vocation charentaise.

Chers Lecteurs,

Continuons notre chemin de l’entretien avec la parution de ce nouvel entretien-portrait, afin que 2022 puissent poursuivre les aventures sur #LaLettreR.

Nous allons rester dans les hémicycles nationaux afin d’ajouter une nouvelle personnalité dans notre galerie des entretiens-portraits. Cette fois-ci, ce sont les galeries du Palais Bourbon qui nous ferons les honneurs de la rencontre.

Vocation. À mon sens, ce sera le mot-clef de ce nouveau portrait afin de définir avec vous la nouvelle personnalité interrogée. Le médecin qui sommeille en lui depuis l’âge de 6 ans s’épanouira lorsqu’à l’âge de 17 ans il rentrera en 1ère année de médecine.

Urgence. Être là pour les autres. C’est dans ce but-là que notre médecin-interrogé trouvera tout son sens lors de son arrivée au service des Urgences d’Angoulême durant le 2nd semestre de son Internat.

En Marche ! Un certain ministre des Finances sera le déclencheur de l’envie politique de notre interrogé. Le Rubicon sera franchi avec la campagne présidentielle de 2017 au cours de laquelle notre interrogé prendra part au service d’Emmanuel Macron et de son néo-parti.

#Circo1601. Arrive la campagne législative de 2017 où il est temps pour notre interrogé d’inscrire son parcours politique. Après avoir eu l’investiture En Marche !, il gagne l’élection et devient le député de la 1ère circonscription de Charente.

Bien qu’il ait annoncé son envie de rester seulement député, l’engagement local prendra tout de même tout son sens. C’est dans ce contexte-là qu’il est élu conseiller départemental de Charente en juin 2021.

Horizons. Dans la continuité de ses engagements citoyens et politiques, une nouvelle étape voit le jour pour notre interrogé en décembre. En effet, Édouard Philippe décide de le nommer porte-parole de son nouveau parti, en binôme paritaire avec Agnès Firmin Le Bodo.

 

Je vous laisse découvrir le portrait de Monsieur Thomas Mesnier, député de la 1ère circonscription de Charente, porte-parole d’Horizons.

M. Thomas Mesnier, député de la 1ère circonscription de la Charente – Porte-parole d’Horizons – ©droits réservés A.N.

Dans le cadre pandémique que nous connaissons, la réalisation de ce portrait a été réalisé par visioconférence le 31 janvier 2022.

 

Bonne lecture !

@romainbgb – 04/02/22

***

Biographie Express de M. Thomas Mesnier :

*1986 : naissance à Barbezieux-Saint Hilaire (Charente).

*2000-2003 : Baccalauréat Scientifique au Lycée Image et Son à Angoulême.

*2003-2014 : Docteur en Médecine à l’Université de Poitiers.

-Investissement associatif pendant les études de médecine.

*2013-2017 : Médecin Hospitalier au Centre Hospitalier d’Angoulême.

*2014-2015 : Capacité de Médecine Catastrophe, Médecine d’Urgences à l’Université de Bordeaux.

*2015-2016 : DU Organisation, Management, Qualité des services d’Urgence et à activités non-programmées, Médecine d’Urgence à l’Université Paris VII – Diderot.

*oct.2016-juil.2017 : référent départemental En Marche !

*depuis juin 2017 : député de la 1ère circonscription de la Charente.

*nov.2017-juin 2021 : Délégué National En Marche !

*mars-mai 2020 : Praticien Hospitalier au Centre Hospitalier d’Angoulême.

*mai 2020 : Rapporteur général de la commission des Affaires sociales.

*depuis juin 2021 : conseiller départemental de la Charente.

*déc.2021 : nommé Porte-parole d’Horizons.

***

 

À quoi rêvait la petit Thomas lorsqu’il était enfant ?

« Depuis l’âge de 6 ans je rêvais d’être médecin. C’est ce que l’on appelle la vocation.

« En grandissant, je n’ai jamais varié de cette idée-là, d’être médecin. Selon les années, je pouvais être attiré plus vers une spécialité ou une autre. Je voulais être là pour aider les autres, les soigner quand ils étaient malades et essayer d’améliorer les choses. C’est la définition même de la vocation.

« Pour ce qui concerne l’appel de la politique, cela a commencé déjà dans l’enfance. Mon première souvenir politique d’ailleurs est derrière vous [NB : le portrait officiel du président de la République Jacques Chirac]. Jacques Chirac au balcon de l’Avenue Iéna, le soir de sa victoire en 1995. J’avais 9 ans.

« Ce sont de fait les premiers vrais souvenirs de discussion familiale que j’ai, sur la politique. Cela m’a toujours intéressé. En fait, assez vite, j’ai eu l’envie de m’engager. Ce sera fait pendant mon parcours étudiant où je vais vraiment découvrir l’associatif, puis le syndicalisme étudiant. J’y ferais, quelque part, mes armes en la matière. Très vite, ensuite, j’ai envie de m’engager en politique. »

Que retenez-vous de vos années étudiantes à l’Université de Poitiers ?

« J’en garde d’excellents souvenirs. C’est une période enthousiasmante. J’avais 17 ans lorsque je suis rentré en médecine. La 1ère année était nécessairement particulière parce que c’était le Concours de médecine. Il ne fallait pas se louper. La 1ère année c’est une année de travail intense comme je n’avais jamais travaillé à l’époque.

« Ensuite, c’est la découverte de la vie étudiante, des études et la découverte de l’associatif étudiant. Ce qui pour le coup restera, un peu, ma grande marche de mes années d’études de médecine à Poitiers. C’est finalement là un environnement que je découvre et dans lequel je m’épanoui. Dans le pourquoi je faisais mes études de médecine, c’est-à-dire mon engagement pour les autres mais dans une autre façon de faire. Cela reste un fabuleux souvenir.

« En arrivant en 1ère année de médecine, j’ai vite découvert les prépas privées préparant aux Concours de médecine. Je n’avais pas les moyens de m’inscrire dans l’une d’elles. J’ai donc suivi les cours du tutorat. C’est-à-dire qu’un étudiant de 2ème année de médecine était bénévole pour donner des cours du soir à un étudiant de 1ère année. J’ai eu ma 1ère année de médecine du premier coup. La première chose qui m’est venue en tête c’est de rendre ce que l’on m’avait donné. J’ai poussé la porte de l’Association des étudiants en médecine de l’Université de Poitiers en septembre de la rentrée de 2ème année, en disant que je souhaitais participer au tutorat.

« On m’a même proposé de m’en occuper. C’est comme cela que je suis devenu vice-président de l’association. Je m’en suis occupé. L’année d’après, j’ai été élu président de cette association, de la Corpo de médicine de Poitiers. Lors de ma 4ème année de médecine, j’étais Secrétaire Général au niveau national de l’Association des étudiants en médecine de France, l’Anemf. C’est comme cela que j’ai continué mon parcours associatif. »

Quelle expérience gardez-vous de votre Doctorat en médecine ?

« C’est un moment très fort puisque c’est le moment d’abord qui conclut les études de médecine. C’est un aboutissement, aussi bien personnel que familial. Il y a un engagement familial, mine de rien, pour accompagner un jeune qui est dans ces études-là.

« Ce qui permets de nous retrouver avec la famille, avec les amis, avec les maîtres en médecine pour présenter son travail. On se retrouve à présenter la thèse, à prêter serment devant l’effigie d’Hippocrate et puis c’est parti ! »

Vous avez été Médecin Hospitalier au Centre Hospitalier d’Angoulême. Comment avez-vous vécu cette expérience au sein du milieu hospitalier ?

« Initialement j’avais arrêté mon choix sur la médecine générale pour mon Internat. Cela collait bien avec ce que j’avais vu enfant. C’est-à-dire le médecin généraliste, médecin de famille, avec le suivi des gens au long cours.

« Finalement, c’est pendant mon Internat en médecine que la révélation a eu lieu. Au 2ème semestre, lorsque je passe aux Urgences d’Angoulême. Ceci à la fois avec l’équipe, médicale ou soignante, à la fois avec la pratique quotidienne, à la fois le travail de jour, comme de nuit. Cette envie d’aider les gens lorsqu’ils en ont le plus besoin, que ce soit de l’urgence vitale et/ou de l’urgence sociale. C’est cela qui m’a motivé à la médecine d’urgence.

« J’ai vécu mes premières années d’exercice de façon intense, sans compter mes heures, de jour comme de nuits. J’ai gravi les échelons petit-à-petit en étant assistant spécialiste, c’est-à-dire dans le statut de base du jeune qui commence à l’Hôpital, pour passer mon Concours de PH, praticien hospitalier, tôt. Je l’ai eu. C’était passionnant ! Ce qui a permis aussi de forger ma connaissance de l’intérieur, comme mes études du reste. D’abord du système de Santé mais aussi de mon bassin de vie.

« Parce que, finalement, lorsque l’on est médecin-urgentiste à l’Hôpital dans un service comme celui d’Angoulême, on a un peu plus de 50’000 patients par an. Il y a toujours 1 ou 2 entourages avec eux. Ce qui amène à plus ou moins 150’000 personnes qui passent aux Urgences dans l’année. Ceci sur un département de 360’000 habitants.

« Vous voyez bien que l’on est au cœur du quotidien. Exercer plusieurs années au Service des Urgences cela permet de connaitre particulièrement bien cette population afin de se rendre compte de ce qui va, de ce qui ne va pas. De la même façon que l’on se rend compte, lorsque l’on est aux Urgences, qui est un peu le carrefour du système de Santé, de ce qui va ou ne vas pas dans le système de Santé. »

M. Thomas Mesnier, député de la 1ère circonscription de la Charente – Porte-parole d’Horizons – ©droits réservés

Comment avez-vous vécu vos années étudiantes à Bordeaux, puis Paris ?

« En plus de ma formation de médecin urgentiste, j’ai suivi plusieurs formations.

« À la fois, à Bordeaux, sur la médecine de catastrophe. Là, c’est pour être plus amène d’intervenir lorsque des évènements graves se produisent, aussi bien des catastrophes sanitaires, accidentelles, d’attentats ou que sais-je… Un autre, à Paris, sur l’organisation, le management et la qualité parce que déjà cette fibre de vouloir un peu améliorer tout cela dans mon service et dans l’Hôpital.

« Je les ai vécus comme des enrichissements à la formation que j’avais suivi à Poitiers. Comme des formidables moyens de rencontrer des gens qui étaient soit de la région Nouvelle-Aquitaine, quand ma formation était à Bordeaux, soit d’un petit peu partout en France, lorsque notre formation était parisienne.

« D’ailleurs, depuis c’est assez amusant car dans l’exercice de mon mandat national j’ai beaucoup travaillé les questions de santé. J’ai recroisé ainsi des gens que j’avais rencontré lors de ces formations, notamment lors du D.U parisien. Lors de mes déplacements à travers le pays, il m’est arrivé de rencontrer des personnes me disant : « J’avais suivi le D.U avec toi ! ». »

Comment est né cette envie d’entrée en politique ?

« Je vous le disais un peu tout à l’heure. J’ai toujours aimé la politique. J’ai toujours été intéressé par cela, par des discussions familiales, par l’actualité.

« Progressivement est né cette envie d’engagement. Ceci au moment même où, arrivé en 3ème année de médecine, lorsque j’étais Secrétaire National de l’Anemf, il m’arrivait même de représenter les étudiants en médecine au ministère de la Santé. C’est comme cela que je suis rentré pour la première fois dans ce ministère, qui me semblait à l’époque immense.

« À un moment dans mes études je me suis dit que peut-être j’aurai dû faire Sciences-Po plutôt que médecine. Ma vocation de médecine étant là ; j’ai continué ! En regardant s’il y avait des formations que j’aurai pu faire à côté.

« J’avais cet engagement associatif et syndical. J’ai eu envie de m’investir politiquement un peu plus mais j’ai toujours refusé de prendre une carte politique, tant que j’étais dans une association ou un syndicat étudiant, pour ne pas colorer l’association ou le syndicat en question. C’est à ce titre-là que je n’ai rien fait avant.

« Le 6 avril 2016, je suis de garde à l’Hôpital. J’entends à la télévision, et reçois des alertes sur mon téléphone, qu’Emmanuel Macron lance En Marche ! J’avais suivi Emmanuel Macron parce que je trouvais qu’il était un ministre qui détonnait un peu avec ce que l’on avait l’habitude de voir. À ce moment-là, je n’ai plus de mandat associatif ou syndical. Je suis dans ma vie à l’Hôpital d’Angoulême mais j’ai cette fibre de l’engagement qui a besoin de s’exprimer. Il est vrai que j’ai un côté hyperactif. Je m’engage dans toutes les commissions où je peux à l’Hôpital. J’ai ce truc qui me manque.

« Sur mon temps de repos, je vais sur le site d’En Marche ! Je lis la Charte des Valeurs. Je vois que l’on est sur un nouveau mouvement politique qui se veut citoyen, qui se veut transpartisant, qui se veut profondément européen. Voir avec presque un petit côté associatif dans l’organisation générale. Je me reconnais tout de suite dedans. Je clique. J’adhère. Je me retrouve à faire la grande marche, la grande opération de porte-à-porte du printemps 2016. Là, je peux vous assurer que lorsque vous avez 30 ans. Vous êtes jeune médecin à l’Hôpital public. Vous cassez votre plafond de verre quand vous allez enfiler un sweat En Marche !, faire du porte-à-porte, poser des questions aux gens.

« Le 12 juillet 2016, c’est le meeting de la Mutualité. Emmanuel Macron n’est pas encore candidat. Il est encore ministre. Je le croise à ce moment-là et l’on échange quelques mots. Je sors de là et je suis convaincu qu’il sera le prochain président de la République et que je suis prêt à me plier en 4 pour qu’il le devienne.

« C’est comme cela que le jour d’après je créé le comité local d’En Marche ! Angoulême. Il fonctionne bien. C’est vrai que la 1ère réunion l’on est 12. La 2ème, on est 3. Là, on se dit qu’il va falloir avoir la niaque. Après cela repart. 12. 15. 20. Puis cela montera progressivement. Cela marche tellement bien qu’en octobre 2016, En Marche ! me propose d’être le référent pour le département. Je réfléchis un petit peu, puis je dis « oui ». C’est comme cela que progressivement je vais être amené à mailler tout le département en comités et à faire la campagne. »

Comment avez-vous vécu la campagne présidentielle de 2017 ?

« Je pense que c’est une campagne qui sera forcément à part. C’est la première campagne que j’ai menée vraiment activement. J’avais des responsabilités départementales. J’étais le porte-parole de campagne en Charente.

« Il y avait cet aspect nouveauté, aussi bien du candidat que des militants d’ailleurs. On était quand même nombreux à n’avoir jamais milité, à n’avoir jamais fait campagne. Il y avait une exaltation très forte. Il y avait un entrain pour cette campagne.

« Après j’en ai connu d’autres parce que juste après il y a eu la législative. Ensuite, il y a eu les européennes et les départementales l’année dernière.

« Les élections présidentielles antérieur je n’avais pas fait de campagne. C’est la campagne présidentielle de 2017 qui m’a lancé, clairement. En 2007 et en 2012, je suis allé voter. J’ai suivi les campagnes. Il m’est arrivé de prendre des tracts sur les marchés mais ce n’est pas moi qui les distribuais. J’étais de l’autre côté. »

Vous êtes élu en juin 2017 député de la 1ère circonscription de la Charente. Qu’avez-vous ressenti à ce moment-là ?

« Le soir de l’élection ? C’est quelque chose d’assez progressif.

« Je reviens en janvier 2017. Stéphane Séjourné me propose d’être candidat. Je me pose la question pendant longtemps, sur tout un tas de sujet, aussi bien professionnel, personnel, familial… Financier, parce que c’est un engagement d’être candidat, mine de rien. On ne s’en rend pas trop compte avant de l’être. J’anticipe, qu’en cas d’élection, cela va changer plein de choses dans ma vie. D’abord, je suis sur la campagne présidentielle. Je me lance dans la législative, une fois que les investitures sont données et que la présidentielle est déjà gagnée.

« En réalité c’est lors de mon premier porte-à-porte, que la première porte s’ouvre. Je tombe sur une personne que j’avais soigné aux Urgences et qui m’explique qu’il votera pour moi. C’est là que j’ai compris que potentiellement je pourrais être élu.

« Il y a aussi ce matin où je me lève et où les militants ont voulu me faire une surprise et que je vois mon affiche de campagne collé pour la première fois. Je ne l’ai pas anticipé. Cela surprend un peu. Il fait beau. Il y a une maman qui passe avec sa fille. Sa fille dit : « Regardes Maman, le Monsieur il a sa tête sur une affiche ! » [Rires] Cela fait des souvenirs. C’est assez nouveau. Tout ça pour dire qu’il y a cette campagne et que c’est un moment particulier.

« Le soir de l’élection, tout change. Parce que finalement, au moment où les résultats tombent, on ne vous regarde plus comme le jeune de 31 ans. On ne vous regarde plus comme le candidat. On ne vous regarde plus comme le médecin. En fait, on vous regarde comme le député. En l’espace de quelques minutes, tout change. Vous ressentez un peu le poids de la fonction. D’ailleurs, alors même que vous êtes dans votre soirée électorale et que vous avez prévu de quoi payer un coup à boire à vos militants. Il y a aussi des personnes qui arrivent devant le QG de campagne, qui viennent voir leur député et qui donnent des dossiers de travail, des choses à soutenir, des demandes… Je suis encore en chemise et en baskets, que des dossiers arrivent au député.

« Se dire qu’il y a autant de personnes qui ont mis un bulletin avec mon nom dans une enveloppe et qui ont voté pour moi. Cela fait quelque chose. C’est vrai que dans le regard des gens, ce dimanche à 20 heures, les choses avaient vraiment changé. Pour la famille, les amis aussi. Ce n’est pas neutre.

« Il y a un autre moment très fort. C’est le lendemain, lorsque je passe à l’Hôpital pour dire que je me mets en disponibilité parlementaire. Je prends le premier train, une fois que j’ai fait cela, pour arriver à Paris, à l’Assemblée Nationale. C’est la découverte. Il y a une grande émotion en rentrant dans l’Hémicycle. »

M. Thomas Mesnier, député de la 1ère circonscription de la Charente – Porte-parole d’Horizons – ©droits réservés

Comment vivez-vous votre expérience de député au sein de l’hémicycle national ? Cela change de votre activité de médecin.

« C’est sûr ! Heureusement, j’ai pu encore exercer un peu, pas autant que j’aurai voulu. Pendant le 1er confinement, j’ai pu renfiler la blouse pendant 3 mois quasiment à temps plein. Je souhaitais y retourner en janvier mais le pass vaccinal en a décidé autrement. J’ai toujours en tête d’y retourner.

« Je vis cette expérience avec enthousiasme, avec l’envie de bien faire. Ceci avec chaque jour la question de savoir comment l’on peut être utile et bien faire. C’est plus l’idée de faire qui m’intéresse qu’autre chose. Une règle que je me suis fixé, c’est de toujours avoir en tête le fait d’essayer d’être à la hauteur des attentes que j’avais moi-même envers les élus avant de le devenir. Ce qui donne beaucoup de travail. »

Quel bilan tirez-vous de votre mandat eu sein de l’hémicycle national ?

« Oui, à résumer, ce n’est pas facile. Il y a des choses très forte.

« S’il y a un mot que j’ai, c’est travail. Parce qu’au court de ce mandat-là, le gouvernement m’a confié 3 missions à son service, à chaque fois en lien avec la Santé. J’ai été rapporteur d’un certain nombre de projet de loi. En 2017, j’ai été rapporteur sur un petit texte de loi concernant les ordres de santé. En 2019, j’ai été rapporteur de la loi santé. En 2020, j’ai été rapporteur de la loi dite de l’aide sociale et de l’autonomie. En 2020 et en 2021, j’ai été le rapporteur général du PLFSS, les deux années. Beaucoup de travail, vous l’aurez compris. Ce ne sont que les choses dont j’ai été en mission auprès du gouvernement ou rapporteur.

« J’ai eu d’autres fonctions soit comme responsable politique ou comme porte-parole pour la majorité, soit encore plus récemment comme porte-parole d’Horizons. Je pense que l’on va y revenir. C’est plutôt cela, les images que j’en ait. Toujours essentiellement sur les sujets de Santé, mais pas que.

« Si je dois résumer, je dois mentionner mes missions auprès d’Agnès Buzyn. Cela a été un plaisir et un honneur de travailler avec elle. Le travail avec Édouard Philippe. Puis il y a toujours quelques mesures dont on est toujours plus fier que d’autres. Dans les mesures que moi j’ai porté, il est vrai que l’amendement qui créé la 5ème Branche de la Sécurité Sociale, après en avoir bien évidemment discuté avec Édouard Philippe, Premier ministre à l’époque, est une vraie fierté ! Il reste du travail sur cette 5ème Branche, m’enfin elle est créée. Cela faisait 15 ans que c’était promis. »

Lors des élections départementales de 2021, vous avez été élu conseiller départemental de la Charente. Comment percevez-vous ce mandat local ?

« Je le vois vraiment comme un mandat complémentaire que celui que j’avais depuis 2017 en tant que député. En 2017, j’avais dit que je serais député et que député. D’ailleurs, certains, et ils ont eu raison, me l’ont rappelé en 2021.

« Il y a un réel besoin d’ancrage local. Quand on est un élu national, il y a un réel besoin d’ancrage sur son territoire. Je suis de cette première génération de député qui n’a pas connu le double mandat. Qui plus est, pour beaucoup, est un peu issue de la génération Macron. C’est-à-dire que l’on arrive tous, ou pour l’immense majorité, de la société civile. On n’a pas connu l’engagement électif précédemment.

« Il est vrai que depuis mon élection j’ai toujours été en prise avec ma circonscription, avec mon département, sur tout un tas de sujets, de dossiers, aussi bien nationaux, que locaux. Être conseiller départemental c’est le prolongement de cet engagement-là. Depuis les quelques mois qui me sépare de mon élection comme conseiller départemental, je me rends compte vraiment de la richesse des dossiers, des informations que je n’avais pas auparavant. Ce qui complète et améliore mon travail de député.

« Lorsque l’on est député, rapporteur général de la Commission des Affaires sociales. Que l’on travaille en premier plan des sujets de sécurité sociale et de solidarité. Être élu au département c’est formidable. Parce que, c’est aussi de voir comment la loi que je fais peut avoir un impact au niveau local. Par exemple comment la loi que je fais à l’automne, elle s’applique après sur le terrain, avec les départements. Je suis assez convaincu que cela permet de mieux faire la loi parce que l’on est plus en prise avec le terrain. Au-delà de cela, comme je vous le disais, cela me permet de voir la Charente autrement, d’avoir accès à des informations, de porter des dossiers, des sujets, que je n’avais pas avant. C’est vraiment complémentaire. »

Vous qui êtes Praticien Hospitalier, comment vivez-vous cette pandémie ?

« Je l’ai vécu comme médecin. Je l’ai vécu comme élu. Je l’ai aussi vécu comme papa. Il est vrai que cela n’a pas toujours été simple. Il a fallu concilier toutes les casquettes.

« J’ai vécu comme tout le monde les inquiétudes sur ma santé, la santé de ma famille, la santé de mes proches.

« Je l’ai vécu comme professionnel de santé parce qu’il a fallu renfiler la blouse et j’y suis allé. Ce qui donne une lecture enrichie des mesures sanitaires qui sont prises. D’ailleurs, cela m’a permis parfois d’éclairer la décision politique avec l’expérience de terrain.

« En tant qu’élu, cela fait à fois le côté citoyen, à la fois le côté professionnel de santé. Puis à la fois, le côté de l’élu qui est en prise avec son territoire. Par exemple lorsque je faisais ma journée à l’Hôpital, le soir après ma blouse, je reprenais mon écharpe tricolore. Je passais mon temps au téléphone avec des maires, avec des chefs d’entreprises, avec des associations etc… Ce n’est pas fini du reste. Cela a été une période particulière, parfois un peu complexe, mais enrichissante. Un vrai engagement.

« Il est vrai que ce qui est le plus difficiles ces dernières semaines c’est que l’on revient avec ce que l’on avait pu connaitre lors de la Crise des Gilets Jaunes avec les manifestations et les menaces, pour ne pas dire violences, anti-vax. Là, pour le coup, sont le plus mauvais côté de la vie de l’élu. Pas seulement de l’élu d’ailleurs, parce que c’est dit en général.

« J’ai reçu personnellement des menaces. Plusieurs fois. La première est de trop. Il y en a eu beaucoup de trop. »

En décembre 2021, vous êtes nommé porte-parole d’Horizons. Comment percevez-vous ce nouveau rôle au sein du parti créé par Édouard Philippe ?

« La rencontre avec Édouard Philippe s’est faite lorsqu’il était Premier ministre et moi député. On a tissé des liens amicaux et politiques au fil du temps, au fil des sujets que l’on a travaillé ensemble etc…

« J’ai choisi d’aller le voir et de le soutenir dans son projet Horizons. Il a été notre Premier ministre pendant 3 ans. Il a été le Chef de la majorité. Je suis convaincu qu’il a une place particulière à la fois dans et pour la majorité et à la fois pour le pays, aujourd’hui et pour les années à venir. C’est en cela que je veux l’accompagner du mieux que je peux. J’ai donc rejoint Horizons en complément de mon adhésion à LaREM.

« Quand Édouard Philippe m’a proposé d’être le porte-parole d’Horizons, j’avoue avoir beaucoup réfléchis. Il m’arrivait de sortir médiatiquement mais essentiellement sur mes sujets de travail. Là, c’est un rôle beaucoup plus politique. J’ai choisi de relever le challenge. »

Petit clin d’œil. Il a choisi 2 porte-paroles, en parité parfaite, issus tous les deux du monde médical.

« Effectivement nous sommes un binôme paritaire, tous les deux issus du monde de la Santé. C’est à lui qu’il faudrait poser la question mais au-delà de cela c’est un choix de confiance aussi parce que Agnès [N.B : Agnès Firmin Le Bodo] est sa députée au Havre. [Rires] Il est vrai que l’on est tous les deux issus du milieu de la Santé.

« D’ailleurs, Agnès exerce toujours dans sa pharmacie. J’aimerai aussi être plus souvent en blouse. Olivier Véran, neurologue, arrivait à garder une matinée par semaine, toutes les 3 semaines, lorsqu’il était à ma place, député. La difficulté c’est qu’aux Urgences, ce n’est pas possible une simple matinée par semaine. C’est au moins la journée, voir les 24 heures. Pour l’instant je n’ai pas réussi à le caler. »

Quel regard portez-vous sur l’année présidentielle dans laquelle on est entré ?

« Au moment où l’on se parle, j’ai envoyé ce matin mon parrainage au Président Macron pour sa candidature pour la présidentielle.

« C’est une campagne qui va être, je pense, assez courte ; qu’aujourd’hui, elle n’a pas réellement décollé. Je pense qu’elle décollera réellement que lorsque tous les candidats seront déclarés. L’on sera alors à proximité du scrutin et que l’on aura une situation sanitaire qui nous permettra de nous y pencher. Aujourd’hui on ne peut pas dire que les Français aient vraiment la tête à cela.

« Après, je vais être franc, je pense que les candidats actuellement déclarés ne les aident pas à s’y intéresser. Il faudrait qu’il y ait des candidats qui fassent des vraies propositions, des projets de sociétés, qui apportent des visions de la France. En ce moment, leurs slogans c’est : « battre Macron ! » Ce n’est pas comme cela que l’on ne fait ni un projet pour la France, ni une élection, ni un président de la République.

« J’espère surtout que l’on va pouvoir parler, porter et débattre d’idées, de fond. C’est à la fois ma façon de voir les choses puis c’est à la fois celle d’Horizons. J’espère vraiment que durant les prochaines semaines l’on va pouvoir parler de fond, de débats, d’idées et de visions pour la France. C’est là-dessus que se jouera l’élection.

« Il faut garder en tête qu’une élection n’est jamais joué d’avance. J’avais encore un rendez-vous ce matin qui me parlait du printemps, de l’été et de l’automne. Je lui disais : « attendez, il y a une élection avant ! Il y a même des élections. Il faut les gagner. » Tant qu’elle n’est pas faite, une élection n’est jamais gagnée. Pas d’excès de confiance. »

Quel rapport avez-vous avec les réseaux sociaux ?

« Je suis beaucoup plus rédacteur que lecteur. C’est-à-dire que pour moi, les réseaux sociaux, je pense que cela peut apporter du plus. Je pense que depuis l’arrivée de Facebook en France, il y a 15 ans, à peu près, l’on s’est éloigné des petits groupes d’amis. J’ai découvert cela lors de mes premières années de médecine.

« Aujourd’hui cela a beaucoup évolué. Cela a beaucoup mondialisé. C’est beaucoup plus large. C’est beaucoup plus dans l’immédiateté. C’est un peu la difficulté. Maintenant que j’ai une vie publique, je fais très attention à ce que je poste sur les réseaux sociaux. En revanche, cela me permet aussi d’informer, de rendre compte de mon activité et de mon action au quotidien. J’ai une gestion mixte de mes comptes. Là, par exemple, c’est moi-même qui ait mis sur les réseaux sociaux la photographie de mon parrainage. Cela dépend des fois.

« Après, je m’en méfie beaucoup parce que cela nous embarque souvent dans l’immédiateté et l’on s’ampute parfois, un peu, nous-même de prendre le temps, le temps de la réflexion. Ce dont on a redoutablement besoin.

« Ce que je vous dis là, c’est un peu ce que je pourrai vous dire sur les chaînes d’informations en continue. Personnellement, j’adore l’information. Je la regarde. Je la lis. Mais n’empêche que la chaîne d’information en continue il faut nourrir le flux en permanence. C’est vrai qu’il y a de temps en temps beaucoup de débats d’opinions que d’informations et de nouvelles informations. Il faut être très vigilant sur cette tyrannie de l’immédiateté. »

 

***

Merci à M. Mesnier pour sa participation à ce portrait.

Merci à M. Hindson pour son aide et sa bienveillance.

Publié par RomainBGB

Franco-sicilien né en Helvetie. Co-auteur de l'ouvrage "Dans l'ombre des Présidents" paru en mars 2016 aux éditions Fayard.

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