Monsieur Aurélien Pradié

Un jeune loup Lotois.

Chers lecteurs,

Je me permets de vous proposer de continuer ensemble la série de portrait sur nos jeunes élus qui composent l’hémicycle national au Palais Bourbon. Partons en Occitanie, à la rencontre du plus jeune député que le Lot est connu.

Le parcours républicain le portera, dès le premier tour, au sein de l’hémicycle du conseil général du Lot, lors des élections de mars 2008. Terre de gauche par tradition, il se fera remarquer par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé de l’époque, Monsieur Xavier Bertrand, qui lui confiera une mission sur l’emploi des jeunes en zone rurale.

Il deviendra maire de Labastide-Murat en 2014, qui fusionnera en 2016 avec 4 autres communes pour devenir la commune nouvelle de Cœur de Causse. Son engagement local portera ses fruits car il fréquentera l’hémicycle occitan en 2015, avant de rejoindre celui national du Palais Bourbon en 2017.

Je vous laisse découvrir le portrait du député du Lot, membre de la commission des lois, Monsieur Aurélien Pradié !

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M. Aurélien Pradié ; député de la 1ère circonscription du Lot – ©droits réservés

Compte-tenu des règles sanitaires que nous connaissons, la réalisation de ce portrait a été réalisé par appel téléphonique avec Monsieur Aurélien Pradié.

Bonne lecture !

@romainbgb – 22/07/20

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Biographie de Monsieur Aurélien Pradié :

*1986 : naissance à Cahors (Lot).

*2004 : titulaire du Baccalauréat série Scientifique.

*2005-2007 : Prépa Sciences Po à Toulouse.

*2007-2009 : Études de droit à l’Université de Toulouse 1 – Capitole.

*2007 : président des Jeunes UMP du Lot.

*2008-2015 : conseiller général du Lot sur le canton de Labastide-Murat.

*2011 : mission sur l’emploi des jeunes confiée par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, Xavier Bertrand.

*2013-2017 : cadre auprès du groupe agroalimentaire Andros.

*2014-2018 : maire de Labastide-Murat (Lot) qui devient la commune nouvelle de Cœur de Causse en janvier 2016.

*2014-2018 : président de la Communauté de Communes du Causse de Labastide-Murat.

*2016-2018 : conseiller régional d’Occitanie.

*juin 2017 : élu député de la 1ère circonscription du Lot.

*2017-2020 : sapeur-pompier volontaire.

*5 janvier 2018 : conformément à la Loi sur le cumul des mandats, démissionne de ses mandats locaux. Il reste cependant Conseiller municipal et Conseiller communautaire.

*octobre 2019 : Secrétaire général du parti Les Républicains.

*février 2020 : reçoit la récompense de « député de l’année » de la part de l’annuaire professionnel Le Trombinoscope.

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A quoi rêvait le petit Aurélien lorsqu’il était enfant ?

« Je ne sais pas très bien. Les choses se sont faites progressivement. Il y a une part de mystère, de l’ordre de la passion. Les explications rationnelles n’ont pas forcément leur place.

« Tout ce que je peux vous dire c’est que la politique n’a jamais été très présente dans ma famille. Mes parents n’ont pas fait de politique. Ce n’est pas quelque chose qui m’est venu en héritage. C’est quelque chose que j’ai acquis au fur et à mesure du temps. Mon père était très respectueux de Jacques Chirac mais ça n’allait pas beaucoup plus loin. »

Quel souvenir gardez-vous de vos années d’études de sciences politiques et de droit ?

« Je n’ai jamais été un étudiant très brillant, ni très assidu. J’ai vaguement fait un peu de Fac mais je m’y ennuyai beaucoup. C’est déjà le moment où je commençai à être engagé en politique. J’en garde un souvenir heureux ; ce sont des années de jeunesse et un peu d’insouciance. Je n’ai jamais été très disposé pour les études.

« J’avais déjà plutôt un tempérament rebelle à l’époque. J’avais du mal avec une forme de pensée unique qui aurait pu m’être dispensé. »

Vous débutez votre parcours politique en devenant à dix-huit ans responsable départemental des jeunes de l’UMP. Comment s’est créé cette envie ?

« C’est arrivé assez jeune, dans un contexte familial assez particulier où j’avais besoin de prendre l’air, de me changer les idées, de prendre de nouvelles responsabilités. C’est ce moment-là que j’ai choisi pour m’engager en politique. »

Vous êtes élu, au 1er tour, conseiller général du canton de Labastide-Murat, dans le Lot, en 2008. Comment avez-vous vécu votre campagne et ce moment ?

« Elle a été un peu particulière parce que j’étais en campagne contre mon ancien instituteur. J’avais peu de chance d’être élu. C’est un canton difficile. J’étais encore un tout jeune candidat. Les choses se sont faites dès le premier tour. Ce qui a été plutôt une surprise.

« J’ai visité toutes les maisons du canton, une par une. Je suis allé voir tous les habitants, un par un. C’était ma première expérience. A l’époque j’étais en mobylette car je n’avais pas encore mon permis de conduire. J’ai pu rencontrer et convaincre, un à un, tous les habitants de me donner leur confiance. »

Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, vous confie en 2011 une mission de travail sur l’emploi des jeunes. Comment s’est produit la rencontre ?

« On s’est connu lorsque Xavier Bertrand était le patron de l’UMP, à l’époque. Il m’avait repéré car il était étonné qu’un jeune ait pu être élu dans un canton difficile, dans une terre de gauche, dans le Lot.

« Il m’a demandé si cela m’intéressait de travailler sur la question de l’emploi des jeunes dans le milieu rural. Cela s’est fait naturellement, c’est un sujet qui m’intéressait. Une manière aussi pour moi de m’investir sur des sujets nationaux. »

Comment avez-vous vécu votre élection de maire de Labastide-Murat en 2014 ?

« La campagne s’est passée comme celle de ma première campagne. Je suis allé convaincre les habitants de me faire confiance. C’est l’endroit où je suis né et où j’ai grandi. C’était sûrement plus facile.

« En 2016, elle fusionne avec quatre autres communes en prenant le nom, d’une commune nouvelle, de Cœur de Causse. »

Vous avez dû en démissionner, suite à la loi des non-cumuls, en 2018. Quel souvenir en gardez-vous ?

« C’est sûrement l’une des périodes les plus passionnantes pour moi. Le mandat de maire, c’est l’un des plus beaux mandats, l’un des plus concrets et des plus exigeants. Ce sont des années de grande formation où j’ai beaucoup appris. Ce sont des années d’humilité.

« Quand on est maire, on est au service des habitants. J’ai appris à me rendre disponible ; être à l’écoute. J’ai respecté toutes les opinions. »

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M. Aurélien Pradié ; député de la 1ère circonscription du Lot – ©droits réservés

Vous êtes élu en 2016 conseiller régional d’Occitanie. Vous avez dû en démissionner, suite à la loi des non-cumuls, en 2018. Comment avez-vous vécu ce passage dans l’hémicycle régional occitan ?

« J’en retiens que la région est un outil stratégique pour les territoires. J’y ai appris des choses différentes parce que ce que j’avais pu apprendre au conseil général et/ou à la mairie était à une autre échelle. Une collectivité très intéressante mais souvent éloigné des citoyens. »

Quel regard portez-vous sur le changement politique que la France a connu depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017 ?

« Je porte un regard négatif et assez dur. Je pense qu’Emmanuel Macron est une forme d’imposture. Il a beaucoup menti aux Français. Je pense que le nouveau monde qu’ils nous ont vendu est une hypocrisie considérable. Je pense que l’on a perdu aussi en compétence politique.

« On est dans une époque où l’on a des femmes et des hommes politiques qui n’ont plus de liberté de parole ; souvent répètent ce qu’on leur demande de dire. Je pense que cette période-là est très appauvrissante. »

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M. Aurélien Pradié ; député de la 1ère circonscription du Lot – ©droits réservés

Le chemin électoral continue pour vous. Vous êtes élu à trente ans député de la 1ère circonscription du Lot. Comment avez-vous vécu ce nouveau mandat ?

« C’est un moment très impressionnant pour moi car c’est une mission importante pour représenter nos concitoyens. J’ai mesuré tout le chemin que j’ai pu parcourir pour en arriver-là. Il n’y avait aucune raison que je réussisse ; politiquement en tous les cas. C’était un grand moment d’émotion. J’ai tâché d’être à la hauteur de la responsabilité. »

Comment appréhendez-vous votre expérience de député ?

« Je fais ce qu’un député doit faire. Je partage mon temps entre mon travail à l’Assemblée nationale et mon travail dans le Lot. Je reste très présent dans le département du Lot, ce qui pour moi est essentiel. Je veux garder cette proximité-là.

« Pour le reste j’essaye de garder une liberté de parole et une liberté de ton sur des combats auxquels je crois, tel que le handicap ou les violences conjugales. Tous les combats sont importants, souvent l’on a des combats plus personnels. Pour ma part cela a été le handicap, les violences conjugales, les injustices sociales de notre pays, comme les sans-abris etc… Je me suis engagé en politique très jeune pour combattre ces formes d’injustices-là. C’est très présent pour moi. »

Depuis 2017 vous êtes sapeur-pompier volontaire. Une complémentarité dans votre ouverture aux autres ?

« J’étais déjà engagé avant d’être député. J’ai continué à le faire après même si maintenant j’ai beaucoup moins de temps pour le faire. Cela fait partie de mes engagements anciens auxquels je tiens. »

Comment avez-vous organisé votre confinement ?

« Comme tout le monde, je me suis confiné. J’ai passé du temps avec ma famille. J’ai continué à faire du sport pour garder un peu de vitalité. Le travail avec l’Assemblée se faisait à distance. Je passais beaucoup de temps au téléphone ; en visio-conférence. On a continué à travailler. »

Quel regard portez-vous sur la pandémie mondiale qui nous touche ?

« Je pense qu’elle montre la grande fragilité de nos sociétés. On voit bien que ce virus a réussi, en l’espace de quelques semaines, à remettre profondément en cause nos modèles économiques, sociaux et budgétaires… Pour moi c’est l’illustration de la grande faiblesse dans laquelle nous avions organisé nos sociétés. »

Quel est votre rapport avec les réseaux sociaux ?

« Je pense qu’ils sont des outils utiles pour partager, pour communiquer, pour informer nos concitoyens. Pour le reste, je porterai le même regard que pour dans la vie de tous les jours. J’ai toujours du mal à dialoguer avec des gens que je ne vois pas. Je pense que ce qui vaut dans la vie publique, dans la vie quotidienne, devrait valoir sur les réseaux sociaux aussi. Cela peut être une source du meilleur, comme du pire ! »

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Un grand merci à Monsieur le député Aurélien Pradié pour sa bienveillance et sa participation à ce portrait.

Un grand merci à Monsieur Julien Ibos pour son aide et sa bienveillance à la conception de ce portrait.

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