M. Xavier Fournier

Horizons d’un Européen convaincu.

Chers Lecteurs,

Une fois de plus, je ne vais pas vous paraître créatif. Je continue avec vous, notre chemin des entretiens-portraits au cœur des Assemblées Parlementaires. Et pourtant ! La nouvelle personnalité a eu l’opportunité de fréquenter 3 Assemblées qui sont au cœur de nos Institutions et de notre Europe : le Sénat, l’Assemblée Nationale et le Parlement européen.

UMP. Dès sa création en 2002, notre interrogé rejoint les rangs du parti en prenant des responsabilités locales au sein des Jeunes du mouvement. C’est ainsi qu’il rejoindra l’équipe nationale des Jeunes UMP sous la direction de Marie Guévenoux.

Michel Barnier. Fort de son expérience de stagiaire Livre Bleu à la Commission européenne, notre interrogé rejoindra le Cabinet du ministre de l’Agriculture. C’est ainsi que son premier patron en politique le prend sous son aile et que sa vocation prend son envol.

Christophe Béchu. Une collaboration forte de 10 ans va se nouer avec l’édile angevin en passant du Parlement européen au Sénat.

Bruno Le Maire. L’expérience parlementaire se fera également à l’Assemblée Nationale auprès du député de l’Eure pour notre interrogé.

Nantes. Notre interrogé aura exercé un mandat de conseiller municipal et communautaire au sein de le Ville de Nantes. Tout comme son père le fut dans les années ’80.

Agir. Suite à la présidentielle 2017, notre interrogé ayant démissionné de ses responsabilités au Groupe LR du Sénat et rendu sa carte, une nouvelle période politique s’ouvre à lui. C’est ainsi qu’il rejoint le mouvement dirigé par Franck Riester.

Les Indépendants. Bien qu’il n’eût pas de plan B à la sortie de son travail précédent, l’aventure au Sénat se poursuit pour notre interrogé. Notre interrogé devient le Secrétaire général d’un nouveau Groupe présidé par Claude Malhuret : Les Indépendants – République et Territoires.

Guérande. Une nouvelle aventure locale commence pour notre interrogé qui a été élu lors des municipales de 2020, Adjoint au Maire de la Ville, Nicolas Criaud. Dans cette continuité il est également conseiller communautaire Cap Atlantique.

Horizons. Suite au lancement au Havre en octobre dernier par son président-fondateur, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, notre interrogé rejoint le parti. C’est dans cette continuité que notre nouvelle personnalité se voit confier la responsabilité locale du mouvement pour la Presqu’île de Guérande.

 

Je vous laisse découvrir le portrait de Monsieur Xavier Fournier, Secrétaire général du Groupe Les Indépendants – République et Territoires au Sénat.

M. Xavier Fournier, Secrétaire général du Groupe Les Indépendants – République et Territoires au Sénat – ©d.r.

Dans le contexte pandémique que nous connaissons, ce portrait a été réalisé, dans les conditions sanitaires requises, au sein du Sénat, le 28 mars 2022.

 

Bonne lecture !

@romainbgb – 05/04/22

 

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Biographie Express de M. Xavier Fournier :

*1982 : naissance à Nantes (Loire-Atlantique).

*2000 : Titulaire du Baccalauréat série ES option mathématique.

*2001-2006 : Master d’Économie et Gestion à l’Université de Nantes.

*2002 : adhésion à l’UMP.

*2005-2006 : Master 1 Sciences politiques à Tromsø, Norvège (échange Erasmus) : Économie et Relations internationales.

*2006-2007 : Master en Gouvernance et administration européenne à l’UPMF / IEP de Grenoble.

*2003 : auditeur du séminaire jeune de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (39ème session – Angers, ancien Responsable régional).

*2007-2008 : stagiaire Livre Bleu à la Commission européenne au sein de la Direction générale des Relations extérieures, Direction de la Stratégie, coordination et analyses, Cellule énergie.

*2008-2009 : collaborateur au Cabinet du ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Cellule diplomatique, chargé de mission en charge du suivi de la Présidence française de l’Union européenne.

-chargé de mission à la Direction de campagne des européennes de la Majorité présidentielle.

*2009-2011 : collaborateur parlementaire des députés européens M. Béchu puis Mme Le Brun.

*2011-2017 : collaborateur parlementaire de M. Béchu, Sénateur de Maine-et-Loire.

*2013–2015 : collaborateur parlementaire du député de la 1ère circonscription de l’Eure.

*janv.2015 – sept.2017 : conseiller technique au sein du Groupe LR au Sénat.

*mars 2014-déc.2019 : Conseiller municipal et métropolitain de Nantes.

*2017 : responsable des élus locaux – campagne de M. Juppé, primaire de la Droite et du Centre.

-adhésion à Agir – la droite constructive.

*depuis sept.2017 : Secrétaire général du Groupe Les Indépendants – République et Territoires au Sénat.

*mai 2019 : candidat sur la liste Renaissance pour les élections européennes.

-membre du Bureau politique national d’Agir – la droite constructive.

*depuis juin 2020 : Adjoint au Maire de Guérande (Loire-Atlantique), en charge de l’Attractivité, de la Communication et des Relations européennes.

-Conseiller communautaire Cap Atlantique.

-Vice-président de l’Office de tourisme intercommunal « La Baule – Presqu’île de Guérande ».

*juin 2021 : Candidat sur la liste de la Majorité présidentielle pour les élections régionales en Pays de la Loire.

*2022 : nommé Délégué pour la Presqu’île de Guérande du parti Horizons.

 

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À quoi rêvait Xavier lorsqu’il était enfant ?

« Je voulais être pilote de chasse dans l’aéronaval. J’ai toujours été intéressé par les questions de défense et de géopolitique. Cela dit, enfant, c’était vraisemblablement davantage dû au film « Top Gun » ! Dans tous les cas, mon attrait pour ces questions est né très tôt. »

Quelle expérience gardez-vous de votre année d’échange universitaire à Tromsø ?

« L’année Erasmus est toujours une année passionnante, étant livré à soi-même dans un pays où la langue parlée n’est pas la même, elle est pour beaucoup une étape importante, notamment parce qu’elle révèle des choses et impacte nos choix de vie.

« Tromsø est l’Université la plus au Nord du Monde. En hiver, il fait nuit noire pendant plusieurs semaines. A l’inverse en été il existe le phénomène du « soleil de minuit ». C’était une expérience très particulière.

« D’un point de vue culturel et quand bien même mon engagement européen était déjà très fort, cette année à incontestablement concouru à le renforcer. L’Université de Tromsø est très internationale et le mélange des cultures est de fait omniprésent. Dans un tel environnement, on ressent toute la force de la devise européenne : « Unis dans la diversité » mais également l’importance de créer une identité européenne forte face aux puissances culturelles et économiques qui nous entourent.

« Cette année m’a également permis de découvrir d’autres modèles d’éducation mais aussi des projets sociétaux et des fonctionnements politiques différents. Les rapports au pouvoir public mais également la notion de citoyenneté, avec ses droits et ses devoirs, est très différemment perçue d’un pays à un autre. La Norvège est intéressante, c’est un pays membre de l’OTAN mais extérieur à l’Union Européenne, ses relations avec le Danemark ou la Suède en sont de fait impactées ».

Que retenez-vous de votre année étudiante à l’UPMF / IEP de Grenoble ?

« Ce n’était pas une année complète à Grenoble parce qu’une grande partie des cours était proposée à distance ce qui était un avantage car cela me permettait en même temps de reprendre mes engagements politiques en Loire-Atlantique. Je les avais mis entre parenthèses pendant mon année Erasmus.

« Avant mon départ en Norvège, mon parcours universitaire était purement économique, ce qui, dans le milieu politique, différenciait mon profil de la grande majorité des juristes ou IEPiens. L’année Erasmus m’a permis de sortir des économies appliquées pour m’orienter davantage vers les Relations internationales et les sciences politiques. Grenoble proposait une formation intégrant « Économie et Gouvernance européenne ».  J’ai profité de ce Master pour me former davantage sur le fonctionnement de la gouvernance de l’Union.

« Cette orientation européenne qui est le fil conducteur de mon parcours politique et de mes engagements personnels a été importante pour mes choix de carrière et – cela peut paraître paradoxal – de mes implications locales ! J’ai toujours milité pour une plus grande considération de l’Union Européenne et j’ai rédigé mon rapport de stage sur les fonds structurels européens et leurs applications concrètes au sein des territoires. Beaucoup partent du principe que « Bruxelles » est une sorte d’entité froide, distante, lointaine… C’est tout l’inverse ! On ne peut d’ailleurs que constater son importance dans les temps actuels (emprunt commun en temps de Covid ; front communautaire et sanction face à la guerre en Ukraine…). L’Europe agit au quotidien sur d’innombrables sujets sans que les citoyens s’en rendent compte. Le lien avec les territoires est omniprésent mais malheureusement méconnu. On a un vrai besoin éducatif en France, il faut expliquer nos instances, expliquer leurs rôles et leurs compétences : que nos concitoyens se disent que oui, la rénovation de tel bâtiment ; les outils industriels de tels entreprises … c’est financé par l’Europe. »

Comment est née votre entrée en politique ?

« Mon père avait été élu conseiller municipal à Nantes, dans les années ’80. Il était engagé dans un centre droit moins européen que le mien. Il n’a souhaité faire qu’un mandat pour se dédier ensuite à ses engagements associatifs. De fait, on parlait beaucoup politique à la maison. Mes parents, qui mettaient un point d’honneur à ce que je me forge ma propre opinion, m’ont encouragé à lire les programmes et à suivre certains débats.

 « A 18 ans, l’année de mon Bac, j’ai toqué à la porte d’une permanence municipale d’union du centre et de la droite dans laquelle je ne connaissais personne. Je voulais commencer seul et de la base, créer ma propre histoire. Ça a été le départ de mon engagement et d’une certaine manière, d’une transformation personnelle. A cette époque-là je ne parlais pas à un mur… J’étais timide et réservé. En un sens, j’ai frappé à cette porte pour me faire force et m’obliger à m’ouvrir. Je combinais ainsi une volonté de mûrir et une appétence naturelle pour l’engagement local. J’ai toujours cru en la force du local.

« À la création de l’UMP j’ai décidé d’adhérer et me suis pleinement investi, notamment comme responsable départemental des jeunes en Loire-Atlantique sous l’autorité de Marie Guévenoux, qui présidait au niveau national ce mouvement et soutenait avec force et fidélité ses équipes. J’y ai beaucoup appris. La découverte de convictions et de valeurs, l’importance du débat, la force du plaidoyer, la possibilité de changer d’avis ou d’évoluer, l’importance de se rester fidèle et l’importance de son indépendance.

« C’est compliqué lorsque l’on est jeune dans un parti politique. Même d’être jeune, d’une manière générale, quand on s’engage (sachant qu’en politique on est jeune jusqu’à facilement 45 ans ! [Rires]). Il y a par exemple un difficile équilibre à trouver entre assumer et défendre ses convictions et ne pas s’opposer frontalement aux ainés. Il y a aussi toutes ces fameuses phrases d’usages : « Il est jeune. Il peut attendre son tour ! » Comme s’il y avait un tour. On me le dit encore aujourd’hui. Je ne sais pas trop quoi répondre à cela.

« Après une année de césure norvégienne qui m’a permis de prendre de la hauteur et d’affirmer certains traits de personnalités ou certaines convictions, j’ai décidé d’en faire mon métier ».

Que retenez-vous de votre passage au Cabinet ministériel de M. Barnier ?

« Michel Barnier a été mon premier patron en politique et c’est lui qui m’a donné l’envie d’en faire mon métier malgré ma formation d’économiste qui aurait dû me mener plus logiquement vers une carrière en conseil, en assurance ou en banque.

« J’ai sympathisé avec Michel Barnier en marge de diverses réunions de partis. Il a rapidement noté mon engagement sincère et fort en faveur de l’Union Européenne. A la sortie du cursus « stagiaire de la Commission européenne » dans lequel j’avais été admis et qui a marqué mon virage professionnel, Michel Barnier alors ministre de l’Agriculture m’a proposé de rejoindre la cellule diplomatique de son Cabinet. Je lui en serai éternellement reconnaissant.

« En 2009, j’ai rejoint la direction de campagne des élections européennes pour la Majorité Présidentielle. Michel Barnier était l’animateur principal avec notamment Franck Riester, l’actuel président d’Agir. Politiquement, nous n’avons pas toujours fait les mêmes choix mais je garde une immense estime pour l’homme, son humanisme, sa vision et son travail ».

M. Xavier Fournier, Secrétaire général du Groupe Les Indépendants – République et Territoires au Sénat – ©droits réservés

Comment s’est passé votre expérience au Cabinet parlementaire de M. Béchu ?

« J’ai travaillé presque 10 ans pour Christophe Béchu. D’abord au Parlement Européen puis au Sénat. Collaborateur parlementaire est un métier particulier mais surtout très différent en fonction du parlementaire pour lequel on travaille. J’en ai accompagné au Parlement européen, à l’Assemblée Nationale et au Sénat, cela a été tout aussi enrichissant que différent ! Avec Christophe Béchu c’est particulier, en dix ans, des liens se créent, tant amicaux que professionnels. J’admire chez lui cette énergie à porter ses convictions, cette cohérence de l’engagement et la perpétuelle recherche de résultat. Il y a des discours et il y a l’action : il excelle dans les deux et c’est important. La parole est nécessaire pour débattre et expliquer puis vient le temps de l’action qu’il faut porter puis assumer.

« D’un point de vue purement technique, c’est un métier passionnant où l’on apprend comment fonctionne l’ensemble. On comprend l’élaboration d’une loi dans toutes ses subtilités mais on apprend aussi le travail de fond sur des sujets méconnus ou au sein de son territoire et enfin les équilibres d’influences. Au Parlement Français, j’ai travaillé pendant un temps en parallèle au Sénat avec Christophe Béchu et à l’Assemblée avec Bruno le Maire. Cette double expérience a été particulièrement intéressante car très complémentaire d’un point de vue législatif mais très différente quant au fond, les deux siégeant dans des commissions différentes. »

Vous avez été conseiller municipal et métropolitain de Nantes de 2014 à 2019. Quel souvenir en gardez-vous ?

 « Au moment de l’élection j’ai été très heureux de siéger au sein du conseil municipal de la 6ème Ville de France. Sans doute aussi par atavisme familial. Mon père est décédé en 2007. Il n’a pas vu la transformation d’un simple intérêt politique à un engagement professionnel complet. J’espère qu’il en serait fier, non pas du parcours mais de la manière dont je m’efforce de rester fidèle à ce qu’il m’a inculqué et qui lui tenait à cœur.

« Siéger dans l’opposition n’est pas une tâche facile, notamment en France et surtout dans les grandes villes ou les Conseils municipaux sont souvent extrêmement politisés. Cette politisation à outrance engendre malheureusement des guerres de chapelles davantage qu’un travail constructif. Je l’ai vécu à Nantes dans l’opposition ou la majorité ne tenait pas compte de nos idées ; le risque alors pour l’opposition est de n’avoir pour seul but que la contradiction partisane. Les clivages peuvent parfois être surjoués et de fait perdre de l’intérêt pour les concitoyens ».

Comment avez-vous vécu la campagne présidentielle de 2017 ?

« 2017 a marqué un tournant, tant de politique nationale que pour mon propre positionnement. Pour la primaire, j’ai soutenu de manière naturelle et évidente Alain Juppé avec l’espoir de voir naître dans un futur proche un duo Alain Juppé – Bruno Le Maire parce qu’idéologiquement ils étaient très proches. Ce sont deux hommes de grandes qualités.

« La primaire a été une période très compliquée comme toutes les primaires quant de fait, un groupe uni et aux valeurs a priori proches, doit s’opposer. J’étais, au sein de la Direction de campagne pour Alain Juppé, chargé des élus locaux. Nombreux sont ceux qui le soutenaient, c’est notamment à cette époque que j’ai côtoyé Édouard Philippe.

« Durant cette période, j’ai été marqué par la violence des attaques portées non pas aux idées mais aux hommes et notamment de la part de membres d’une même « famille politique ». Les FakeNews et la stratégie autophonique visant à rabâcher une info fausse pour qu’elle paraisse vraie, sont, d’un point de vue démocratique, délétères.

« Dès les premiers jours de campagne post victoire de François Fillon, il était évident que je ne pouvais pas rester au sein des LR. Non seulement je n’avais aucun doute quant au fait que la ligne de François Fillon ou de Laurent Wauquiez – qui allait arriver – n’était pas la mienne, j’ai également été largement conforté dans mon choix par le comportement de cadres et militants pendant cette période. J’y ai retrouvé tous les aspects que je combats. J’ai donc décidé, comme une majorité des soutiens d’Alain Juppé, de quitter les LR.

« J’entends encore aujourd’hui certains adhérents me reprocher ce choix en parlant de trahison, ce sont les mêmes qui me reprochaient à l’époque ma divergence d’opinion avec leurs convictions conservatrices et eurosceptiques. Dans les faits, la cohérence politique vous la voyez également par les personnes qui vous entourent. C’est le cas aujourd’hui chez Agir et plus récemment chez Horizons. La proximité des idées est réelle même si les choix partisans sont parfois différents parce que ce n’est jamais anodin de quitter un parti politique, ce n’est pas un choix facile. On espère voir changer la tendance, élire une nouvelle tête, le changer de l’intérieur. Bref ce n’est pas chose évidente et cela ne se fait certainement pas – du moins pour ceux qui n’en font pas qu’un choix opportuniste – en un claquement de doigts.

« Ceci explique aussi la prise de risque d’Emmanuel Macron en choisissant Édouard Philippe, qui n’était pas de son parti pour Matignon. Ce courage qu’il a eu de le faire, ce dépassement pour l’intérêt commun, on le vit en tant qu’élus notamment de villes de tailles intermédiaires. Cette nécessité de compromis et d’ouverture.

« Enfin, en quittant Les Républicains et par souci de cohérence, j’ai également choisi de quitter le mi-temps que j’occupais comme conseiller technique au Groupe LR au Sénat en parallèle de celui pour Christophe Béchu. Le mandat de Christophe Béchu prenait fin et je ne souhaitais pas rester conseiller d’un groupe politique dont je n’étais plus en accord. On ne savait pas encore que le Groupe Les Indépendants allait se créer, j’ai démissionné sans plan B. »

Vous êtes Adjoint au maire de Guérande depuis juin 2020. Comment vivez-vous votre mandat local ?

« Guérande a été un choix de vie. J’étais jeune marié. Avec mon épouse qui m’accompagnait fréquemment à Nantes, nous passions nos week-ends en presqu’île qu’elle préférait à Nantes et que je connaissais bien pour y avoir passé toutes mes vacances scolaires chez mes grands-parents. Comme une évidence, on a rapidement fait le choix de s’y installer plutôt que de se partager entre Paris et Nantes. En quittant Nantes, il m’a paru normal de quitter mon mandat municipal avant la fin de celui-ci.

« À Guérande, j’ai proposé mon aide au maire, Nicolas Criaud, que j’avais eu l’occasion de rencontrer et dont j’appréciais les qualités humaines et l’engagement. Nous avons eu beaucoup d’échanges, il m’a finalement proposé de devenir l’un de ses Adjoints. C’est une marque de confiance dont je lui suis extrêmement reconnaissant et cela montre sa volonté de s’entourer de personnes aux compétences et aux parcours différents, c’est une grande richesse. Il impulse une dynamique nouvelle pour notre ville et c’est un plaisir de participer à un projet aussi palpitant, sous le leadership d’un élu droit, pleinement et sincèrement engagé pour l’intérêt général de son territoire.

« Le mandat d’Adjoint est passionnant. On est dans l’action permanente et surtout dans la proximité et donc dans la responsabilité immédiate. On voit l’impact de certaines décisions en temps réel et on travaille à la construction du Guérande de demain. Ce double objectif n’est pas évident à construire d’un point de vue politique car cela nécessite de prendre des décisions que l’on estime bonnes pour l’avenir mais qui, au moment précis, représentent des contraintes pour nos administrés. Nicolas Criaud est exemplaire. Il assume les décisions prises et les porte personnellement.

« De par ma délégation, je m’occupe tant des aspects pratico-pratique des évènements publics que de la gestion des sujets plus macro-économiques avec par exemple l’anticipation des conséquences que de nouvelles lois auraient sur notre territoire ou la recherche de programmes transposables à Guérande. On profite en ce moment de la présidence française de l’Union Européenne pour amorcer quelques projets en ce sens.

« Je vis pleinement cette mission d’équilibre entre les actions immédiates et la construction future. En tous les cas, c’est comme cela que je le vois.  Le fait de travailler au Sénat et d’avoir un mandat local contribue à cela. L’un s’enrichit de l’autre ».

MM. Nicolas Criaud, maire de Guérande et Xavier Fournier, Secrétaire général du Groupe Les Indépendants – République et Territoires au Sénat – ©d.r.

Vous êtes également élu conseiller communautaire à Cap Atlantique. Comment percevez-vous ce mandat ?

« C’est un mandat passionnant parce que c’est une Agglomération qui est basée sur l’échange constructif entre les élus. Bien sûr, tout le monde ne partage pas toujours la même volonté et la même priorité sur les projets proposés mais on sent toujours que nous avons tous à cœur de défendre l’intérêt commun de notre territoire, de jouer collectif. La force de notre territoire c’est sa diversité entre mer et terre, entre marais salants et la Brière… c’est une richesse déterminante. »

MM. Claude Malhuret et Xavier Fournier, président et Secrétaire général du Groupe Les Indépendants – République et Territoires au Sénat – ©droits réservés

Comment vivez-vous votre rôle de Secrétaire général du Groupe Les Indépendants – République et Territoires au Sénat ?

« C’est un travail passionnant. J’ai eu la chance de participer à la création de ce Groupe né après l’élection présidentielle de 2017. Cela fait maintenant cinq ans qu’il existe et qu’il participe pleinement à notre vie démocratique. La création d’un groupe parlementaire équivaut à la création d’une association, avec de nombreuses démarches administratives et avec un besoin d’asseoir sa position dans le paysage. Il a notamment fallu s’assurer que le Groupe prenne rapidement et pleinement sa place dans les instances du Sénat afin de pouvoir participer aux débats parlementaires : le groupe a été créé courant Octobre, début novembre nous devions être prêts pour le Projet de loi de finance de la Sécurité sociale qui n’est vraiment pas un texte léger !

« Tout comme le changement de parti, l’adhésion à un groupe est un acte fort de la part d’un élu et je suis très heureux de collaborer avec des Sénateurs qui ont fait le choix courageux de le rejoindre dès 2017 ou plus tard en cours de mandat, pour incarner pleinement ce positionnement qui nous est chers : être constructif, c’est à dire souhaiter la réussite du Gouvernement pour l’intérêt collectif mais en ayant la capacité de s’opposer ou de proposer d’autres modèles. Les Sénateurs du groupe sont pleinement libres de leurs votes et les cinq années passées en sont la preuve parfaite.

« Le président, Claude Malhuret, est un vrai personnage politique au sens noble. Il a eu une vie d’engagements extrêmement forts et a toujours eu la volonté et le courage de défendre ses convictions, fussent-elles ou non populaires. La retranscription de ses discours atteint des records d’audience à faire pâlir les influenceurs professionnels des réseaux sociaux qu’il aime à appeler « les réseaux anti-sociaux », contre la violence desquels il se bat sur le plan législatif. C’est un vrai plaisir et un grand honneur de travailler à ses côtés.

« Pour l’équipe de collaborateurs de groupe que j’anime, c’est un positionnement particulièrement intéressant. Cela nous oblige à prendre en compte les différences de positionnement mais aussi les spécificités des territoires de nos sénateurs. C’est extrêmement enrichissant et la taille de notre Groupe permet des échanges directs et approfondis.

« Enfin, les missions d’un Secrétaire général sont très variées et hormis le positionnement politique et le travail d’étude technique des lois avec l’équipe de collaborateurs, il y a tout un aspect relationnel notamment avec l’Assemblée Nationale et les ministères. Mes expériences passées avec Michel Barnier en cabinet ministériel, Bruno Le Maire à l’Assemblée ou bien-sûr Christophe Béchu au Parlement européen et au Sénat m’y ont préparé.

« C’est ce travail relationnel qui permet, or hémicycle, de faire bouger les lignes en faisant chacun preuve de bonne volonté, de souplesse et surtout de compromis pour avancer intelligemment. C’est pour moi la politique au sens noble du terme : confronter ses idées puis se mettre d’accord pour avancer. C’est comme cela que cela devrait toujours se passer et à tous les niveaux, national mais aussi local ».

MM. Edouard Philippe et Xavier Fournier au lancement du Comité Horizons de la Presqu’île de Guérande – ©d.r.

Vous venez d’être nommé Délégué local d’Horizons. « Voir loin pour faire bien » ?

« C’est effectivement ce que dit avec justesse Édouard Philippe. Mon engagement à Horizons est la suite logique de mon engagement politique.

« Lorsque j’ai quitté les LR et qu’Agir s’est créé, il était logique pour moi de rejoindre ce parti de centre droit, européen, à vocation constructive, présidé par Franck Riester que je connaissais depuis la campagne des européennes de 2009, dont je partage les valeurs et qui soutenait le gouvernement d’Édouard Philippe. J’ai été très honoré de pouvoir représenter Agir aux élections européennes de 2019 sur la liste Renaissance du président Emmanuel Macron.

« Plus récemment, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe a créé Horizons. Si les valeurs sont les mêmes, l’approche est un peu différente en raison notamment de la différence de temporalité dans laquelle ces deux initiatives se sont constituées. Agir est né d’une impossibilité pour de nombreux élus modérés de rester chez LR en 2017.

« Horizons s’est créé autour du besoin de tracer un cap et de s’appuyer sur les élus locaux pour appuyer les réformes à venir. Une fusion des deux partis était attendue. Celle-ci n’a finalement pas eu lieu mais la double adhésion est possible et je suis, pour les raisons suscitées, très à l’aise dans ce schéma.

« Horizons, dans lequel j’ai plaisir à retrouver évidemment Édouard Philippe mais aussi Christophe Béchu qui en est le numéro 2, est aussi la suite logique de la République des maires et des élus locaux dans laquelle je participais avec Nicolas Criaud et qui visait à remettre les territoires au cœur du débat public.

« Quand on m’a proposé d’organiser chez moi, dans la Presqu’île, ce mouvement, j’ai accepté avec la plus grande évidence. Les deux engagements s’entremêlent complètement parce que c’est la même idéologie et le même objectif : celui de voir Emmanuel Macron réélu pour cinq années de plus et de porter nos convictions pour l’aider à poursuivre les réformes. C’est primordial. L’avenir des démocraties, celui de l’idéal européen, la lutte contre le dérèglement climatique, contre les déficits… les défis actuels et à venir sont et seront lourds de conséquences sur notre vie à tous. Notre objectif est de s’ancrer fortement dans les territoires avec cette force de centre-droit et de participer aux actions à mener ».

Dans moins d’une semaine les Français sont appelés aux urnes pour la présidentielle. Quel regard portez-vous sur cette élection ?

« On le dit à chaque fois, mais à chaque fois avec plus de gravité : l’élection à venir va être déterminante pour l’avenir de notre pays. Bien entendu en raison des crises actuelles (Covid, Ukraine…) mais aussi en raison du profil et surtout des projets des candidats que les sondages mettent en tête.

« Face au candidat et président Macron qui a su tenir la barre, fédérer des personnalités diverses autour d’un projet et d’un engagement européen fort, se dressent trois autres profils.

« Marine Le Pen, l’héritière qui se dit populaire, dont les marottes et éternelles obsessions constituent, certes son fonds de commerce mais certainement pas un projet d’unité pour la France.

« Éric Zemmour qui croyait Marine Le Pen politiquement morte après la dernière présidentielle, a finalement essayé de la dépasser par sa droite ce qui n’est pas une mince affaire. Mono thématique, ils contribuent tous deux à l’appauvrissement des sujets de fonds et prennent grand soin d’attiser les haines puisque cela leur fait gagner des voix.

« Enfin, Jean-Luc Mélenchon, élu depuis … avant même ma naissance ! « La République c’est lui» Il hurle au despotisme qu’il endosse si parfaitement et fait siens les combats « pour le peuple » de ces grandes démocraties que sont la Chine et la Russie.

« Ces trois candidats populistes s’attaquent au fondement même de notre démocratie, soit par des propositions visant par exemple à la suppression du Conseil constitutionnel ou à un plus fort encadrement du pouvoir parlementaire (donc de nos représentants directs !), soit par le soutien qu’ils témoignent aux dictateurs actuels dans les pays dont les oppositions sont pourtant lourdement réprimandées. Que dire de leur ami Poutine ? Les images en provenance d’Ukraine ne peuvent pas mieux témoigner de la violence inouïe de ce dictateur.

« Pour contrer cela, il faut de l’efficacité publique, il faut que les citoyens puissent voir que la démocratie est le plus efficace et le plus juste des modèles.

 « Quand on évoque Christophe Béchu ou Claude Malhuret, qui sont, ou ont été, tous deux maires, on la voit l’efficacité. Idem à Guérande avec Nicolas Criaud. Quand on est élu localement, on peut venir vous voir directement et vous dire que vous avez bien ou mal fait le boulot et on peut s’expliquer. Au niveau national, il y a un problème de ressenti de cette efficacité politique. Les citoyens n’ont pas l’impression d’avoir leur mot à dire donc certains préfèrent ne pas voter ; c’est pourtant faux et il faut le leur prouver. C’est un point extrêmement important. Il est nécessaire d’informer, de recréer un lien, c’est notamment la mission des parlementaires qui sont des élus nationaux mais aussi les porte-paroles de leurs territoires. Il faudra également faire évoluer notre système démocratique sans fragiliser les équilibres de la Vème République. »

Comment vivez-vous cette pandémie ?

« Le lundi précédent le confinement, j’étais sur l’Autoroute dans le sens Guérande – Paris, parce qu’il fallait que je sois présent au Sénat pour préparer les textes qui allaient être votés dans le cadre de l’urgence sanitaire. Dans mon sens, j’étais quasi seul, dans le sens inverse, c’était à l’image d’un retour de vacances noir pour bison futé. C’est une première image qui m’a en un sens marqué.

« Ce que je n’ai pas encore eu l’occasion de vous dire à propos de Claude Malhuret mais qu’à ici son importance, c’est qu’il est épidémiologiste. Dans une première période d’inconnu total face à ce nouveau virus, d’un point de vue personnel c’était plus rassurant d’avoir quelqu’un qui avait déjà vécu et lutté contre d’autres épidémies dans d’autres pays.

« Dans cette pandémie malgré son lot de drames et de situations difficiles, nous pouvons dire que nous avons eu de la chance de vivre en France. Nos services de santé ont tenu grâce à la mobilisation des équipes médicales. Nous n’avons pas connu de pénurie parce que les magasins ont pu rester ouverts grâce aux caissières, aux salariés de première ligne, aux routiers.

 « La deuxième chose c’est que l’on a été extrêmement bien protégé, sanitairement dans un premier temps et ce malgré bien entendu les décès ou cas aggravés, mais aussi économiquement parlant. Il y a évidemment des personnes qui souffrent de l’impact économique mais de manière générale, la décision du « quoi qu’il en coûte » fût une solution indispensable pour sauver les entreprises, pour sauver les emplois et pour s’assurer que la sortie de crise ne ressemble pas à un champ de ruines où il fallait tout reconstruire.  Nous comprenons l’importance de cette décision face à la nouvelle crise que nous vivons avec la guerre en Ukraine dont l’impact sur le pouvoir d’achat est et sera absolument considérable.

« Ensuite, on a pu constater qu’une très large majorité des Français, en cas de crise, faisait corps et acceptait les règles – fussent-elles contraignantes ! – à la fois pour leur santé mais aussi pour la santé des autres. Il y a eu un réel élan de solidarité. Certains diront qu’il s’est vite estompé, pour moi l’important c’est qu’il ait existé au moment critique.

« On l’a également vu sur la question de la vaccination qui a été soutenue très largement par les Français. Il y a eu cependant un tropisme sur les « antivax » ce qui a ralenti la vaccination. Je peux comprendre la réelle crainte de certaines personnes, en revanche, il y a eu beaucoup d’actions visant à exciter ces peurs et à créer des frontières entre les personnes. J’en veux beaucoup aux pseudos responsables politiques qui ont joué dessus.

« La troisième chose c’est que l’Union Européenne a été au rendez-vous. Grâce à l’UE et à un travail de dialogue avec les États y étant initialement fermement opposés, nous avons mutualisé la dette exceptionnelle. Nous avons aussi pu obtenir des vaccins en nombre pour nos propres citoyens, mais aussi pour être en capacité d’aider des pays qui en avaient besoin !

« C’est une période particulière qui n’est pas encore terminée. Je ne suis pas sûr que l’on mesure toutes les conséquences réelles sur les personnes aujourd’hui. C’est ma seule inquiétude et il va falloir procéder à un suivi rigoureux. Certains ont vécu des situations très difficiles pendant cette période. On le voit ne serait-ce qu’avec le décrochage scolaire, les violences familiales…il faudra les accompagner sur le moyen et le long terme. Enfin, cette crise a permis de montrer que nous devions relocaliser de nombreuses productions importantes. C’est un axe sur lequel nous devons continuer à travailler.

« Dans tous les cas, que ce soit concernant la crise ukrainienne ou la Covid, nous savons nous unir lorsque la menace est réelle et immédiate. J’aimerais que de la même manière, nous puissions voir la montée des extrêmes comme menace réelle et immédiate pour notre démocratie et nous unir pour lutter contre. »

Quel rapport avez-vous avec les réseaux sociaux ?

« Je suis présent sur Facebook, sur Twitter. J’ai un compte Instagram personnel que j’utilise très peu. L’utilisation des réseaux est un vrai sujet pour moi.

« Leur avantage évidemment pour tout à chacun c’est le lien avec des personnes à travers le monde, ils sont un excellent moyen de partager des informations et un peu du quotidien de nos amis à l’étranger, même si cela ne remplace pas le bonheur d’une bière ensemble !

« Ce que je condamne en revanche, c’est cette expression de haine qui s’exerce en partie via de faux comptes. Cette proportion à harceler depuis son canapé, caché derrière son écran. Il faut lutter contre cette dérive avec énergie et détermination. Cela mine la démocratie et exacerbe les tensions. C’est d’ailleurs le but recherché et cela ne doit plus durer.

 « En politique, si l’on n’utilise pas les réseaux sociaux, une partie de la population pense qu’on ne travaille pas. Alors oui, cela peut permettre de rendre des comptes, de partager son actualité même si à titre personnel, j’ai choisi de ne pas mettre sur les réseaux sociaux toutes mes rencontres, visites et déplacements…. Je pars du principe qu’il y a certaines choses qu’il faut mettre en avant, parce que cela peut apporter un débat, démontrer une conviction et un engagement mais d’autres appartiennent exclusivement à la sphère privée.

« Ensuite, l’autre vrai problème des réseaux c’est l’espace qu’ils offrent : avant, une pensée politique pouvait être complexe. C’était un livre, des échanges, un débat. Maintenant, c’est 280 caractères parce qu’il faut rentrer dans un Tweet. Je suis ahuri de voir parfois des élus ou candidats se satisfaire de tweets sans jamais avancer une seule idée. Je crains que cela ne participe à l’abaissement de l’attrait des Français pour la démocratie.

« Il y a une schizophrénie assez folle qui consiste à devoir intéresser les français en menant des débats de fonds mais en communiquant via les réseaux sociaux qu’ils consultent le plus.  Les attaques y sont violentes, puériles et dépourvues de tout fond, ce qui, lorsqu’on souhaite débattre sur des idées, est assez navrant !

« Enfin, je suis favorable à ce qu’il y ait un contrôle beaucoup plus fort des réseaux sociaux ; ils doivent être responsables de ce qui se passe chez eux. Claude Malhuret soulignait d’ailleurs le fait qu’ils utilisent un algorithme pour choisir quelle information mettre en avant. Ils deviennent de fait éditeurs et doivent dès lors être soumis aux mêmes règles et endosser la responsabilité de ce qui se passe sur leur plate-forme.

« Les réseaux sociaux peuvent permettre de toucher plus de monde, d’informer sur des réalités, d’alerter et même d’organiser de belles actions. Cela peut être intéressant. On l’a notamment vu de manière puissante avec la guerre en Ukraine sur la capacité des réseaux sociaux à être un espace de liberté. Pour que les propagandes ne prennent pas la main sur cette dernière, il faudra éduquer et former. Car s’ils ne sont pas contrôlés, on va droit dans le mur. La puissance publique doit être fortement mobilisée sur ce sujet qui touche au cœur même de notre démocratie. »

***

Merci à M. Xavier Fournier pour son écoute et sa bienveillance lors de la participation à ce portrait.

Publié par RomainBGB

Franco-sicilien né en Helvetie. Co-auteur de l'ouvrage "Dans l'ombre des Présidents" paru en mars 2016 aux éditions Fayard.

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